Raymond Polin

Raymond POLIN

(né le 7 juillet 1910 à Briançon, Hautes-Alpes,
décédé le 8 février 2001)

O.    C.

Élu le 15 décembre 1980, dans la section Philosophie,
au fauteuil laissé vacant par le décès d’Etienne Souriau

Fauteuil n°8

 


En quelques mots          Carrière          Œuvres          Travaux Académiques


 

 

En quelques mots

 

Vivement intéressé par la philosophie morale et politique, j’avais envisagé, à mes débuts, une recherche sur le concept de civilisation et sur ses réalisations. Inspiré par la phénoménologie ambiante, dans les années 1935-1940, j’avais travaillé à une phénoménologie des valeurs, qui a abouti à mes deux thèses de doctorat sur la Création des valeurs et la Compréhension des valeurs.

Mais, en míme temps, j’avais été fortement influencé par les problèmes de philosophie de l’Histoire à travers Rousseau, Kant et Hegel et, en particulier, par l’étude accomplie par Alexandre Kojève dans son séminaire célèbre sur la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel. ¿ l’invitation de Raymond Aron, je m’étais aussi livré à une étude approfondie de la philosophie politique de Hobbes. Cela ne m’empíchait pas d’ailleurs, en dépit des disparates, de me laisser captiver par les fulgurances de Nietzsche.

Après la guerre, j’ai poursuivi mon œuvre dans deux directions différentes. D’une part, en histoire de la philosophie politique, j’ai contribué à remettre à l’honneur la politique de Thomas Hobbes et celle de John Locke. Je leur ai consacré des livres, ainsi qu’à la politique de Rousseau. D’autre part, j’ai publié plusieurs essais de doctrine politique, tels La Liberté de notre Temps, la défense du Libéralisme politique, la République, de la démocratie sociale à la démocratie aristocratique.

En développant ma philosophie des valeurs en une philosophie des cultures dans un livre intitulé La Création des Cultures, je pense avoir été guidé par la mise en évidence d’une philosophie de la liberté. Celle-ci, conçue comme une philosophie de la création essentielle à l’existence humaine et à la défense de l’individu libre. Celle-ci n’est pas moins une interprétation morale de la liberté, d’une liberté qui, pour s’accomplir, se crée des devoirs.

Il me reste à défendre, face aux dogmatismes de groupes de pression variés, à des « politiques correctes », la liberté d’expression dans tous les domaines de la pensée et de l’action.

(Raymond Polin)

 

 

Carrière

 

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie et docteur ès lettres, Raymond Polin a tout d’abord été assistant au Centre de documentation sociale de l’Ecole Normale Supérieure (1935-1938) puis professeur de philosophie aux lycées de Laon (1938-1939), Chartres (1939-1942) et aux lycées Marcelin Berthelot (1942-1943), Rollin (1943-1945) et Condorcet (1945) de Paris.

Maître de conférences, puis professeur de philosophie morale et politique à la faculté des lettres de Lille (1945-1961), Raymond Polin devient successivement maître de conférences, puis professeur de philosophie générale à la faculté des lettres de l’Université de Paris (1961-1970), puis professeur de philosophie morale et politique à l’Université de Paris-Sorbonne (1970-1978).

Il fut secrétaire général de l’Institut international de philosophie politique, depuis sa fondation en 1953, puis vice-président exécutif et président, avant d’en devenir, en 1986, président d’honneur.

Raymond Polin a été président de l’Université de Paris IV-Sorbonne de 1976 à 1981.

Il a été en outre, de 1980 à 2001, directeur de la Fondation Thiers.

 

 

Œuvres

 

  • 1935 – Les Coopératives rurales et l’Etat en Tchécoslovaquie.
  • 1944 – La Création des valeurs.
  • 1945 – La Compréhension des valeurs.
  • 1948 – Du laid, du mal, du faux.
  • 1953 – Philosophie et politique chez Thomas Hobbes.
  • 1960 – La Politique morale de John Locke.
  • 1965 – Le Bonheur considéré comme l’un des beaux-arts.
  • 1968 – Ethique et politique.
  • 1971 – La Politique de la solitude. Essai sur la philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau.
  • 1972 – L’Obligation politique.
  • 1977 – La Liberté de notre temps.
  • 1981 – Hobbes, Dieu et les hommes.
  • 1984 – Le Libéralisme, espoir ou péril.
  • 1993 – La Création des cultures.
  • 1997 – La République (entre démocratie sociale et démocratie aristocratique).
  • 2000 – Vérités et liberté. Essai sur la liberté d’expression

 

 

Travaux académiques

  • Le libéralisme aujourd’hui, séance du 28 février 1983.
  • Notice sur la vie et les travaux d’Etienne Souriau, séance du 21 février 1984.
  • Peut-il exister un ordre politique mondial ?, séance du 15 décembre 1986.
  • Le concept philosophique des droits de l’homme, séance du 7 mars 1989.
  • Comment va-t-on former nos enfants dans les dix ans qui viennent ?, séance du 7 novembre 1990.
  • « Jean-Jacques Rousseau, philosophe de la culture », Revue des sciences morales et politiques, 1991/1.
  • « Essai sur une philosophie du contrat social », Revue des sciences morales et politiques, 1995/1.
  • Direction du colloque L’ordre public, Paris (PUF), 1995.
  • « La culture est-elle un patrimoine ? », dans Le patrimoine culturel, sous la direction d’Alain Plantey, Paris, 1996.
  • « Le concept de souveraineté et ses conséquences internationales », dans Souveraineté de l’Etat et interventions internationales, sous la direction de Roland Drago, Paris, 1995.