Roger Arnaldez

Roger ARNALDEZ

(né Paris, le 13 septembre 1911 ; Paris, le 7 avril 2006)

   O.

Élu le 10 février 1986, dans la section Philosophie,
au fauteuil laissÉ vacant par le décès de Pierre-Maxime Schuhl.

Fauteuil n°1

Président de l’Académie pour l’année 1997

 


En quelques mots     Carrière     Œuvres     Travaux Académiques


 

 

En quelques mots

 

Marcel Bernès, Professeur au lycée Louis le Grand, me donna le goût de la philosophie. J’ai par la suite fréquenté Gabriel Marcel et un dominicain, le Père Dehaut, qui m’initia au thomisme et à l’hébreu. J’ai connu également Mgr Diès, correspondant de l’Institut, qui m’engagea à étudier Philon d’Alexandrie, ce qui orienta mon intérêt vers les questions religieuses. Comme étudiant, j’ai fait partie d’un groupe oecuménique avec le Père Congar et le Pasteur Boegner.

Après mon agrégation de Philosophie, je fus présenté à Louis Massignon qui fut pour moi un guide précieux. J’obtins d’être nommé au lycée français du Caire, et là, après la guerre et ma captivité en Prusse Orientale, je pus faire de l’arabe avec de bons maótres et travailler la langue avec Gaston Wiet, Directeur du Musée d’art arabe. C’est alors que le grand écrivain égyptien Taha Hussein sêintéressa à mes projets et me conseilla d’étudier Ibn Hazm de Cordoue. Devenu ministre de l’éducation, il me nomma à l’université de Ayn Shams (Héliopolis), ce qui me permit de terminer ma thèse. Rentré en France, Lévi-Provençal me fit élire à la Faculté des Lettres de Bordeaux, puis Henri Laoust, nommé au Collège de France, proposa que je le remplace à Lyon. C’est là que je collaborai avec le Père Mondésert et Jean Pouilloux à l’édition de la traduction des oeuvres complètes de Philon d’Alexandrie.

Pendant mon séjour à Lyon, je fus en relation avec l’Université Saint Joseph de Beyrouth, les pays arabes, le Sénégal, l’Iran et le Pakistan. Je fus élu président de l’Amitié judéo-chrétienne de Lyon et nommé consulteur au Secrétariat pour les Non-chrétiens (Islam) à Rome.

J’ai terminé ma carrière universitaire à Paris-Sorbonne, où j’ai eu de nombreux étudiants turcs, d’où plusieurs missions en Turquie.

(Roger Arnaldez)

 

 

Carrière

 

Agrégé de philosophie et docteur ès-lettres, M. Roger Arnaldez a tout d’abord été professeur de philosophie au lycée de Mont-de-Marsan (1937-1938), puis au lycée français du Caire (1938-1939). Sous-directeur de ce dernier établissement (1945-1946) après avoir enduré une longue captivité en Allemagne, il devient ensuite attaché culturel près l’ambassade de France au Caire (1948-1950), puis professeur de philosophie à l’Université d’Héliopolis (1950- 1955).

Professeur de langue et de littérature arabes à la Faculté des Lettres de Bordeaux (1955-1957), puis professeur de philosophie et de civilisation musulmanes à la Faculté des Lettres de Lyon (1956-1968), il termine sa carrière universitaire comme professeur de philosophie musulmane et d’islamologie (1969-1978) et directeur de l’ERA de lexicologie arabe à l’université de Paris-IV Sorbonne, dont il a été nommé Professeur émérite.

Au cours de sa carrière, il a accompli de nombreuses missions à l’étranger et participé à de nombreux congrès internationaux : Afghanistan, Algérie, Canada, Chili, Egypte, Espagne, Etats-Unis, Inde, Iran, Iraq, Italie, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Sénégal, Syrie, Tunisie, U.R.S.S.

 

 

Œuvres

 

  • 1956 – Grammaire et théologie chez Ibn Hazm de Cordoue. Essai sur la structure et les conditions de la pensée musulmane (thèse principale).
  • 1957 – La Science antique et médiévale (en collaboration).
  • 1960 – La médecine arabe.
  • 1961 – Edition (introduction, traduction et notes) de Philon d’Alexandrie. De Opificio Mundi (thèse complémentaire).
  • 1962 – Edition (introduction et notes) de Philon d’Alexandrie. De Virtutibus.
  • 1964 – Edition (introduction, traduction et notes) de Philon d’Alexandrie. De Mutatione Nominum (thèse complémentaire).
  • 1964 – Hall‚j, ou la Religion de la Croix.
  • 1967 – Edition (introduction, traduction et notes) de Philon d’Alexandrie. De Vita Mosis.
  • 1969 – Edition (introduction) de Philon d’Alexandrie. De Aeternitate Mundi.
  • 1970 – Mahomet.
  • 1972 – Edition (introduction, traduction et notes) de Philon d’Alexandrie. De Posteritate Caini.
  • 1980 – Jésus fils de Marie, prophète de l’islam.
  • 1981 – Edition de Miskawayh, LePetit Livre du salut (Kit‚b al-fawz al-asghar), traité de philosophie du IVe-Xe siècle.
  • 1983 – Trois Messagers pour un seul Dieu.
  • 1987 – Aspects de la pensée musulmane.
  • 1988 – L’Islam.
  • 1988 – Jésus et la pensée musulmane.
  • 1989 – Réflexions chrétiennes sur les mystiques musulmans.
  • 1989 – Edition (introduction et traduction) de Ghaz‚ló, Le Livre du pèlerinage.
  • 1993 – A la croisée des trois monothéismes : une communauté de pensée au Moyen Age.
  • 1997 – Averroès, un rationaliste en Islam.
  • 2002 – Fakhr al-Din Al Razi, Commentateur du Coran et Philosophe
  • 2002 – L’homme selon le Coran
  • 2002 – Le Coran
  • 2003 – Les religions face à l’oecuménisme
  • 2005 – Les sciences coraniques : Grammaire, droit, thélogie et mystique.

 

 

Travaux académiques

 

Notice
  • Notice sur la vie et les travaux de Pierre-Maxime Schuhl, séance du 4 octobre 1988

 

Séances solennelles
  • La vie est-elle un jeu et l’homme un comédien ?, séance du 17 novembre 1997

 

Communications en séances hebdomadaires
  • « Aspects historiques de la pédagogie », dans Une éducation pour le XXIe siècle, séance du 27 mai 1997.
  • « L’idée d’alliance dans le Coran », Revue des sciences morales et politiques, 1995/1.
  • « L’Islam : religion conquérante ?« , séance du lundi 31 janvier 1994, Revue des sciences morales et politiques, 1994/1.
  • « Le temps de l’Islam sunnite », Revue des sciences morales et politiques, 1993/2