Raymond Triboulet

Raymond TRIBOULET

(Paris le 3 octobre 1906 ; Sèvres, le 26 mai 2006)

G. O.      

Élu le 17 décembre 1979, dans la section générale,
au fauteuil laissé vacant par le décès de Wilfrid Baumgartner.

Fauteuil n°3

Président de l’Académie et de l’Institut pour l’année 1991

 


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En quelques mots

 

« Certes »! c’est d’un renouveau qu’a besoin le monde. Jeunes gens, de quel cachet marquerez-vous votre temps ? Oh! nous sommes d’avance convaincus que, grâce à vous, l’on ira dans quelques années encore plus vite qu’aujourd’hui, qu’on s’élèvera plus haut, qu’on pourra se parler et sans doute se voir de plus loin, que les intérêts seront plus mêlés, le travail plus complexe, la réclame plus tapageuse; qu’on fera plus de bruit, qu’on luttera plus âprement. Mais ce ne sont là que des conditions matérielles, et le sens et le caractère d’une époque procèdent d’abord de ses tendances morales. L’hellénisme, la force romaine, la diffusion du christianisme, l’ordre classique, la Révolution française, l’impérialisme récent, l’évolution sociale d’aujourd’hui, n’ont pas tenu seulement aux circonstances. Ces grands mouvements n’eussent pas été possibles sans une flamme partout répandue : la passion pour un idéal » (Charles de Gaulle, 1930).

Pour moi, la beauté de la vie, le succès, le bonheur ne sont pas dans l’appétit dévorant du pouvoir. Ils sont dans la foi, selon cette devise que je donnais, prisonnier de guerre à trente-cinq ans, pour règle de vie à ma famille : Fide tribulatio levis. Seule la foi allège les inévitables tribulations de l’existence. C’est la flamme qui, pour un chrétien comme De Gaulle, s’élève de la France jusqu’à l’éternité. C’est la passion pour un idéal qui nous a illuminés si nous ne l’avons pas atteint. C’est la tâche assignée, l’honneur et la joie de la bien remplir. C’est toute la beauté bouleversante du monde créé. C’est la consolation des plus beaux vers de la langue française, chantés au seuil de l’au-delà :

« Quel charme vainqueur du monde
Vers Dieu m’élève aujourd’hui.
Malheureux l’homme qui fonde
Sur les hommes son appui,
Leur gloire fuit et s’efface
En moins de temps que la trace
Du vaisseau qui fend les mers
Ou de la flèche rapide
Qui, loin de l’úil qui la guide,
Cherche l’oiseau dans les airs »
(Racine, Cantiques spirituels)

(Raymond Triboulet, Un ministre du Général, 1985)

 

 

Carrière

 

Licencié en droit et licencié ès lettres, Raymond Triboulet choisit de devenir agriculteur en 1928 et s’installe pour cela en Normandie. Il exerce cette activité jusqu’en 1944. Mais, dès cette époque, il collabore à plusieurs journaux : il est rédacteur à Pour et contre (1932), rédacteur puis rédacteur en chef du Cri du sol (1936-1939), l’un des fleurons de la presse paysanne.

Lorsque la guerre éclate, Raymond Triboulet devient lieutenant au 208e R.I. Après l’armistice, il entre dans le mouvement de résistance CDLR (Ceux de la Résistance) et devient secrétaire clandestin de l’organisation dans le Calvados (1939-1944). A ce titre, il contribue grandement à la réussite des opérations liées au Débarquement.

A la Libération, il est nommé sous-préfet des communes libérées, puis de Bayeux et, enfin, inspecteur régional de Rhénanie Platinat (1946). En 1946, il est élu député du Calvados. Il reste député de Bayeux jusqu’en 1973. Il est très implanté dans son département : conseiller général du Calvados (1954-1976) et, membre du comité économique et social de Basse-Normandie (1976-1980).

De 1954 à 1958, M. Raymond Triboulet est président du groupe des républicains sociaux, puis UNR, à l’Assemblée nationale. Il est nommé ministre des Anciens combattants dans le cabinet formé par Edgar Faure en 1955.

Gaulliste de longue date, Raymond Triboulet est membre du Comité consultatif constitutionnel en 1958. Dès l’année suivante, il retrouve le ministère des Anciens combattants puis devient ministre délégué chargé de la Coopération dans les cabinets de Michel Debré puis Georges Pompidou (1959-1966).

En 1973, il est Président du groupe UDR à l’Assemblée Nationale.

Raymond Triboulet, qui a fondé par ailleurs le groupe fédéraliste européen au Parlement en 1947, a également été membre du Conseil de l’Europe, de l’Assemblée commune puis de l’Assemblée européenne de la CEE (1949-1958 et 1967-1973). Il a exercé la fonction de président du Comité franáais de l’Union paneuropéenne de 1973 à 1987.

Raymond Triboulet est resté fidèle au gaullisme (Président fondateur de l’Union des anciens députés gaullistes), à la résistance (Président fondateur du Comité du débarquement et Président honoraire de l’Association nationale des combattants volontaires de la Résistance) ainsi qu’au journalisme : il dirige, depuis 1974, le bulletin de presse Résistance nouvelle.

 

 

Œuvres

 

  • 1939 – Les Billets de Négus.
  • 1951 – Sens dessus dessous.
  • 1958 – Des vessies pour des lanternes.
  • 1964 – Pourquoi la coopération ?.
  • 1966 – Halte au massacre.
  • 1966 – Grandeur et servitudes de la majorité.
  • 1971 – L’Europe véritable de la Grande-Bretagne.
  • 1978 – Edition de Gaston, Jean-Baptiste de Renty (1611-1649), Correspondance.
  • 1981 – A tous ceux qui sont mal dans leur peau.
  • 1985 – Un gaulliste de la IVe.
  • 1986 – Un ministre du général.
  • 1992 – Gaston de Renty, un homme de ce monde, un homme de Dieu.

 

 

Travaux académiques

 

Notice
  • Notice sur la vie et les travaux de Wilfrid Baumgartner, séance du 10 février 1981.

 

Séances ordinaires
  • L’esprit communautaire européen, séance du 14 juin 1971.
  • Enseigner l’homme d’abord à l’exemple du Grand Siècle, séance publique annuelle des cinq académies, 25 octobre 1988.
  • « De l’usage de la publicité médiatique dans la campagne européenne », Revue des sciences morales et politiques, 1992/4.
  • « Une éthique de la vieillesse », dans Aspects du vieillissement : des effets socio-économiques à la biologie moléculaire, Paris, 1996.
  • « De la poésie pure à la musique intérieure », Revue des sciences morales et politiques, 1998/3.

 

Divers