Wolfgang Schäuble

Wolfgang SCHÄUBLE

(né le 18 septembre 1942 à Fribourg-en-Brisgau)

C.    G. O.

Élu associé étranger le 10 octobre 2016
au fauteuil laissé vacant par le décès de Roland Mortier

Fauteuil n°6

 


Carrière          Œuvres          Travaux Académiques


 

 

Carrière

 

Né en 1942 à Fribourg-en-Brisgau, Wolfgang Schäuble a grandi dans le Bade-Wurtemberg, plus particulièrement dans la région de l’Ortenau, en face de l’Alsace. Il a baigné, dès son enfance, dans la politique, à laquelle il a été initié par son père, militant démocrate-chrétien et député au Parlement régional de Bade. Son frère cadet, Thomas, a également embrassé une carrière politique, en devenant ministre des Transports, puis de la Justice et enfin de l’Intérieur du Landde Bade-Wurtemberg.

À l’issue de sa scolarité, Wolfgang Schäuble a entrepris des études juridiques auprès des facultés de droit et de sciences économiques des universités de Fribourg-en-Brisgau puis de Hambourg. Il a, entre autres, travaillé comme avocat auprès de la cour régionale d’Offenburg (Bade-Wurtemberg) de 1978 à 1984.

Entre temps, il est entré en politique, en adhérant en 1965 à l’Union démocrate-chrétienne (CDU). Il est élu en 1972 député au Bundestag pour la circonscription d’Offenburg, mandat dans lequel il a été reconduit sans discontinuer depuis cette date. Après avoir été coordinateur du groupe parlementaire CDU/CSU, il accède en 1984 à ses premières responsabilités gouvernementales en tant que directeur de la Chancellerie fédérale, avec le titre de ministre. Il est alors l’un des plus proches collaborateurs du chancelier Helmut Kohl. Promu en 1989 ministre de l’Intérieur, il est en première ligne face à l’effondrement du bloc de l’Est. Il joue alors un rôle crucial dans le processus de réunification, dont il a été, pour la RFA, l’un des principaux négociateurs. Il a tiré de cette expérience un ouvrage, Der Vertrag. Wie ich über die deutsche Einheit verhandelte (Le contrat. Comment j’ai négocié l’unité allemande), témoignage de premier plan sur ce moment historique, paru en 1991. C’est à cette même époque, quelques jours à peine après la réunification, qu’il est la cible d’un attentat qui le laisse paraplégique. Sa détermination lui a permis de surmonter cette épreuve et de poursuivre sa carrière politique, en reprenant ses activités après quelques semaines d’hospitalisation.

Il retourne en 1991 au Parlement pour prendre la présidence du groupe parlementaire formé par la CDU et la CSU. Il préside en parallèle, à compter de 1998, aux destinées de la CDU. Il cesse l’une et l’autre de ces fonctions en 2000, tout en demeurant membre de la présidence fédérale du parti.

Après les élections législatives de 2005 et la formation du premier gouvernement de grande coalition de la chancelière Angela Merkel, il retrouve le ministère de l’Intérieur, où il est très actif sur le dossier de la lutte contre le terrorisme. Il obtient, en 2009, puis de nouveau en 2013, le portefeuille fédéral des Finances. À ce poste, il est un des acteurs clés de la crise des dettes souveraines dans la zone euro. Il prône une politique financière rigoureuse, dans la tradition de l’ordo-libéralisme allemand, fondée sur la maîtrise des dépenses publiques, la lutte contre la fraude fiscale et la responsabilité des acteurs économiques privés (banques, investisseurs). Après avoir atteint, en 2014, l’équilibre budgétaire, il engage le désendettement de son pays. Depuis le 24 octobre 2017, il préside le Bundestag. Il est une des personnalités politiques les plus respectées et les plus populaires dans l’opinion publique allemande.

Originaire d’une région frontalière de l’Alsace, Wolfgang Schäuble connaît bien la France, dont il pratique la langue. Marqué, comme tous les Allemands de sa génération, par les convulsions historiques de la première moitié du XXe siècle, il est aussi un partisan convaincu de la construction européenne, dont il défend la poursuite. Cet engagement en faveur d’une Europe unie a été consacré, en 2012, par la remise du Prix Charlemagne.

Wolfgang Schäuble est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, écrits seuls ou en collaboration. De nombreux prix et distinctions, en Allemagne et à l’étranger, ont récompensé son action. Il est notamment docteur honoris causa de l’université Friedrich-Alexander d’Erlangen-Nuremberg, de l’université de Fribourg (Suisse), de l’université de Varmie et de Mazurie d’Olsztyn (Pologne), de l’université Eberhard Karl de Tübingen et de l’université Corvin de Budapest (Hongrie).

 

 

Œuvres

 

  • Der Vertrag. Wie ich über die deutsche Einheit verhandelte, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1991, 317 p.
  • Und der Zukunft zugewandt, Berlin, Siedler, 1994, 253 p.
  • (en codirection avec Rudolf Seiters) Aussenpolitik im 21. Jahrhundert : die Thesen der Jungen Aussenpolitiker, Bonn, Bouvier, 1996, 296 p.
  • (avec Emilio Colombo, Valéry Giscard d’Estaing et Karl Lamers) Réflexions sur les institutions européennes, Paris, Economica, 1997, 59 p.
  • Und sie bewegt sich doch, Berlin, Siedler, 1998, 252 p.
  • Mitten im Leben, München, Bertelsmann, 2000, 347 p.
  • Scheitert der Westen ? Deutschland und die neue Weltordnung, München, Bertelsmann, 2003, 271 p.
  • Braucht unsere Gesellschaft Religion ? Vom Wert des Glaubens, Berlin, Berlin University Press, 2009, 75 p.
  • Zukunft mit Maß. Was wir aus der Krise lernen können, Lahr, Johannis, 2009, 144 p.
  • (avec Michel Sapin) Jamais sans l’Europe ! Entretiens croisés de deux Européens convaincus, propos recueillis par Dominique Seux et Ulrich Wickert, Paris, Débats publics, 2016, 239 p.
  • Protestantismus und Politik, München, Claudius, 2017, 56 p.

 

 

Travaux académiques

 

Séance solennelle