André Damien

André DAMIEN

(né le 10 juillet 1930 à Paris)

G.O.   C. C. C.

Élu correspondant le 30 avril 1974 en remplacement de Gabriel Marty.

Élu membre titulaire, le 12 décembre 1994,
dans la section Législation, Droit public et Jurisprudence,
au fauteuil laissé vacant par le décès d’Henri Mazeaud

Président de l’Académie pour l’année 2006

Fauteuil n°5

 


En quelques mots     Carrière     Œuvres     Travaux Académiques
Discours et conférences     Liens     Son épée d’académicien

 

 

En quelques mots

 

La profession d’avocat est la profession des contradictions, et par là même, elle aboutit à créer des hommes déchirés entre des choix contradictoires. Elle donne, certes, des satisfactions intellectuelles de liberté totale, la joie de la controverse, les triomphes du théâtre, un contact cœur à cœur avec des hommes, contact que connaissent, seuls, encore avec l’avocat, le prêtre et le médecin, et pour combien de temps encore pour ces deux dernières catégories ? Mais elle est une profession qui laisse insatisfait et en déséquilibre permanent ; elle entretient chez celui qui l’embrasse une inquiétude qui est, à la fois, l’inquiétude de l’acteur, l’inquiétude d’Antigone, faible et menacée par le pouvoir, l’inquiétude du lendemain, car une profession libérale n’assure jamais la sécurité nécessaire pour obtenir la paix du cœur.

C’est une profession instable, difficile, dans laquelle les défaites sont ressenties plus cruellement que dans d’autres, car elles s’abattent sur des hommes sur la défense desquels l’avocat s’est voué corps et âme.

L’échec, la punition excessive sont ressentis par l’avocat, comme la mort par le médecin. C’est le doute permanent sur notre action et sur notre raison d’être.

(André Damien)

 

 

Carrière

 

Diplômé de l’Institut de criminologie de Paris, il a été successivement avocat au barreau de Versailles (1953), avocat honoraire (depuis 1981) et bâtonnier de l’ordre des avocats de Versailles (1969-1970 et 1973-1976), président (1979-1981) puis président d’honneur de la Conférence des bâtonniers (1981), enfin conseiller d’Etat (1981-1997).

Parallèlement, M. André Damien a exercé des fonctions politiques : maire de Versailles (1977-1995), conseiller général des Yvelines (1979-1998), conseiller, chargé des cultes auprès de Charles Pasqua, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire (1993-1995), puis de Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur (1995-1997). Suppléant de M. Franck Borotra, il a été proclamé député des Yvelines en 1996 et a siégé à l’Assemblée nationale jusqu’en 1997.

M. André Damien est membre du Conseil de l’Ordre de la Légion d’Honneur depuis 1997 et du conseil des Arts et Lettres depuis 2000.

Il est également lieutenant général de l’Ordre du Saint-Sépulcre pour la France, depuis 1998.

 

 

Œuvres

 

  • 1971 – Versailles méconnu
  • 1971 – Le barreau quotidien
  • 1973 – Les avocats du temps passé
  • 1974 – Memento de l’avocat stagiaire
  • 1975 – La Vie spirituelle de l’avocat au XVIIe siècle
  • 1976 – Être avocat aujourd’hui
  • 1977 – Les règles de la profession d’avocat
  • 1980 – Versailles, deux siècles de vie municipale
  • 1988 – Les Versaillais et leur château
  • 1989 – Versailles et la révolution royale
  • 1990 – Le secret nécessaire
  • 1990 – Histoire religieuse du diocèse de Versailles
  • 1991 – Les grands arts de la profession d’avocat
  • 1991 – Le Grand Livre des ordres de chevalerie et des décorations
  • 1995 – L’art et la manière de porter les décorations
  • 1999 – L’Institut de France
  • 2000 – Histoire d’un fauteuil
  • 2000 – Une tentative de naissance du laïcat dans l’Eglise : Les Tiers-Ordres

 

 

Travaux académiques

 

Notice
  • Notice sur la vie et les travaux de Henri Mazeaud, séance du 12 mars 1996.

 

Séance solennelle
  • « Le témoignage, caution ou alibi du juge ? », Le témoignage, séance publique annuelle des Cinq académies, 22 octobre 1996.

 

Communications en séances hebdomadaires
  • « Jean-Paul II« , communication lue devant l’Académie le lundi 2 juin 2003.
  • « L’humour dans le sérieux » (avec Jean Cazeneuve, Yvon Gattaz et Jean Tulard), Revue des Sciences morales et politiques, 1999, n°3.
  • « Le statut juridique des Eglises reconnues en France », Revue des Sciences morales et politiques, 1994, n°3.
  • « Versailles, capitale royale face au présent », séance du 27 juin 1988, Revue des Sciences morales et politiques, 1988, n°3.
  • « Evolution et révolution dans la famille », Revue des Sciences morales et politiques, 1988, n°3.
  • « Versailles, ville nouvelle », séance du 15 juin 1981, Revue de l’Académie des Sciences morales et politiques.
  • « L’avenir de la profession d’avocat », séance du 10 janvier 1977, Revue de l’Académie des Sciences morales et politiques.
  • « La fusion des auxiliaires de justice », séance du 28 juin 1971, Revue de l’Académie des Sciences morales et politiques.

 

Discours et allocutions diverses
  • Discours prononcé en introduction de la séance consacrée à la lecture de la Notice sur la vie et les travaux de Jacques Leprette par Renaud Denoix de Saint-Marc. (séance du lundi 22 mai 2006)
  • « Dans quelle mesure l’Etat peut-il maîtriser les flux migratoires ? » ; colloque Morales et politiques de l’immigration, 15 octobre 1997, PUF.
  • « Versailles Capitale ? », Revue des sciences morales et politiques, 1996, hors-série.
  • « La vieillesse et le droit » ; colloque Aspects du vieillissement : des effets socio-économiques de la biologie moléculaire, Fondation Singer-Polignac, 21-22 juin 1996.
  • « Le secret de l’instruction », colloque La justice pénale en France sous la direction de Jean Foyer, Fondation Singer-Polignac, 1995.

 

 

Discours et conférences

 

 

 

Liens

 

 

 

Son épée d’académicien

 

Réalisée par Raymond Corbin, membre de l’Académie des Beaux-Arts, l’épée d’André Damien rassemble les symboles suivants :

  • Sur la fusée, le faisceau de licteurs, symbole de l’autorité civile et de l’imperium car André Damien a été pendant vingt ans maire de Versailles. Les faisceaux de licteurs rappellent également le cardinal Mazarin qui les portait dans ses armes.

  • Sous la fusée, un chapiteau à quatre pans portent sur ses différentes faces la représentation de livres, symboles de culture et de bibliophilie ; Marianne, symbole de la République française, rappelant la carrière d’André Damien au Conseil d’état ; la façade du Palais Bourbon, qui rappelle la présence d’André Damien à l’Assemblée Nationale, en particulier à la commission des lois ; les initiales d’André Damien (A.D.) et la date de son élection à l’Académie (1994).

  • Sur la garde, les armes de la ville de Versailles, où habite André Damien, dont il fut bâtonnier, maire et député ; l’Ancre de Miséricorde, qui rassemble les pécheurs pour les porter vers les valeurs éternelles, rappelant la rigueur doctrinale du catholicisme d’André Damien ; une roue dentée, symbole de l’arme du Train, dans laquelle André Damien a terminé sa carrière militaire comme colonel.

  • Le bouton de chape est constituée par une toque d’avocat, rappel de la carrière d’avocat d’André Damien, profession dont il est le déontologue.