Comte Emmanuel Siéyès

Comte Emmanuel SIEYES

(Fréjus, le 3 mai 1748 ; Paris, le 20 juin 1836)

G. O.

Nommé par l’arrêté du 20 novembre 1795, membre de la Classe des Sciences morales et politiques (section d’Économie politique)
et, par l’arrêté du 28 janvier 1803, membre de la classe de la Langue de la Littérature françaises.

Exclu de l’Institut par l’ordonnance royale du 21mars 1816.

Nommé, par l’ordonnance royale du 26 octobre 1832, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques (section d’Économie politique)

Fauteuil n°1

 


Carrière          Principales publications          Biographie et bibliographie


 

 

Carrière

 

  • 1770. Ordonné prêtre.
  • 1775. Chanoine de Tréguier.
  • 1780. Vicaire général de Chartres. 1
  • 1787. Conseiller-Commissaire à la Chambre du clergé de France.
  • 1789. Député de Paris aux États généraux. Rédacteur du serment du Jeu de Paume.
  • 1790 Président de l’Assemblée Nationale.
  • 1791. Administrateur et membre du Directoire du Département de la Seine.
  • 1792. Député de la Sarthe à la Convention Nationale.
  • 1793. Dépose ses lettres de prêtrise.
  • 1795. Membre du Comité de Salut public.
  • 1795. Président de la Convention.
  • 1796. Membre du Conseil des Cinq-Cents.
  • 1797. Président du Conseil des Cinq-Cents.
  • 1798. Ambassadeur à Berlin.
  • 1799. Directeur et président du Directoire de la République.
  • 1799. Consul de la République.
  • 1799 à 1814. Sénateur.
  • 1814. Pair de France.
  • 1815 à 1830. Exilé de France.
  • Mort à Paris , le 20 juin 1836.

Le comte Emmanuel Siéyès a été rendu célèbre en janvier 1789, lorsqu »il lança le fameux libellé de la Révolution commençante : « Qu’ est-ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été ? Rien. » Il était alors vicaire général de Chartres.

Né à Fréjus, le 3 mai 1748, d’une famille bourgeoise, Emmanuel Sieyès est poussé par ses parents vers la prêtrise, sans vocation véritable. D’abord secrétaire de l’évêque de Tréguier, il le suit à Chartres, puis part pour Paris, où sa brochure incendiaire obtient un succès inouï. Elu député du tiers, il acquiert, aux états généraux, la réputation d’un penseur. Après avoir réclamé la réunion des trois ordres, il propose que les représentants du peuple vérifient les pouvoirs de tous les députés et que ceux-ci se constituent en Assemblée nationale.

Entré au comité de constitution, il travaille à la Déclaration des droits de l’homme et suggère sans cesse de nouvelles réformes, mais vote à regret la Constitution civile du clergé et accepte la suppression de la dîme à condition que celle-ci soit rachetable – ce qui est refusé: « Ils veulent être libres et ne savent pas être justes » , murmure-t-il avec humeur. Il est toujours respecté à l’Assemblée mais le nuage métaphysique qui enveloppe sa pensée la rend parfois obscure et il n’obtient pas le succès qu’il croit mériter. Elu à la Convention en 1792, l’ex-abbé siège au centre, refusant de se lier à aucun parti. Bien qu’ayant voté la mort du roi, il est tenu en suspicion par la gauche. Au conseil de constitution, où il est entré, il rédige un plan d’instruction publique, que rejette l’Assemblée. La Terreur survenue, il tente de se faire oublier: le courage n’est pas sa vertu première. Il est du reste toujours détesté par la Montagne, qui craint un travail de sape. Sieyès est la « taupe de la Révolution » déclare Robespierre.

Après Thermidor, la taupe sort de son trou. Bien qu’hostile aux thermidoriens, Sieyès accepte de diriger les Affaires étrangères mais se montre adversaire de la constitution de l’An III et refuse de siéger au Directoire, ce qui ne l’empêche pas de devenir président des Cinq-Cents. Mais on le trouve gênant à Paris et il est envoyé en mission à Berlin.(1798)

Revenu l’année suivante, Sieyès entre au Directoire, préalablement épuré, et voit la nécessité d’un changement de régime. Il s’entend alors avec Bonaparte pour préparer le coup d’Etat de Brumaire. En récompense, il est nommé consul provisoire et commence à rédiger une constitution nouvelle, que le nouveau César s’empresse de transformer ! Aigri, désabusé, Sieyès comprend qu’il doit s’effacer. Il accepte cependant le titre de sénateur avec le beau domaine de Crosne et devient comte d’Empire. Exilé sous la Restauration comme régicide, il revient en 1830 et meurt à Paris le 20 juin 1836.

 

 

 

Principales publications

 

  • 1789. Vues sur les moyens d’exécution dont les représentants de la France pourront disposer.
  • 1789. Essai sur les privilèges.
  • 1789. Observations sur le rapport du comité de constitution.
  • 1789. Observations sur les biens ecclésiastiques.
  • 1789. Qu’est-ce que le Tiers État ?
  • 1789. Dire sur la question du veto royal.
  • 1789. Reconnaissance et exposition des droits de l’homme et du citoyen.
  • 1789. Quelques idées de constitutions applicables à la ville de Paris.
  • 1789. Préliminaires de la Constitution.
  • 1790. Projet de loi contre les délits qui peuvent se commettre par la voie de l’impression.
  • 1790. Projet d’un décret provisoire sur le clergé.
  • 1790. Aperçu d’une nouvelle organisation de la police et de la justice en France.
  • 1795. Opinion sur la Constitution de 1795.
  • 1795. Opinion sur le jury constitutionnaire.
  • 1796. Collection des écrits de Siéyès publiés par Cramer.
  • S.d. Renonciation à la dignité cléricale.
  • Œuvre posthume : Mémoires inédits publiés par Boulay de la Meurthe, 1836.

 

 

 

 

Biographie et bibliographie

 

  • « Notice sur la vie et les travaux du comte Emmnuel Sieyès » , par M. Mignet, séance du 28 décembre 1836.
  • Institut de France. Le premier siècle. 25 octobre 1795 – 25 octobre 1895, t. I, par le Comte de Franqueville, Paris, Académie des Sciences morales et politiques, p. 80