Pellegrino Rossi

Pellegrino ROSSI

(Carrare, Italie, le 3 juillet 1787 ; naturalisé Français, le 13 août 1834 ; Rome, Italie, le 15 novembre 1848)

G. O.

Élu, le 17 décembre 1836, dans la section d’économie politique,
au fauteuil de Léon Faucher

Fauteuil n°1

Président de l’Académie en 1840

 


Carrière          Principales publications          Biographie et bibliographie


 

 

Carrière

 

Contraint à l’exil en 1815, il vécut d’abord à Genève, où il prit part aux affaires publiques et présenta en 1832 un projet de réforme de la Constitution suisse. Il vint en France en 1833, se fit naturaliser français et fut nommé ambassadeur à Rome (1845). Privé de son poste à la suite de la révolution de février 1848, il redevint italien et présida un gouvernement constitutionnel pontifical. Il périt peu après, assassiné par un républicain.

 

Genève

 

Il se réfugia à Genève, dont il acquit la bourgeoisie en 1820 ; l’année précédente, il était devenu le premier professeur catholique à l’Académie. Il y enseigna le droit civil, le droit constitutionnel et l’économie politique ; il donna aussi un cours d’histoire romaine et (1831) d’histoire suisse. Membre du Conseil représentatif ds 1820 – le premier dont le français n’était pas la langue maternelle -, il fut désigné en 1832 comme l’un des deux députés du canton à la Diète fédérale ; il fit partie de la Commission chargée de la révision du Pacte fédéral ; nommé rapporteur le 22 novembre, il déposa son rapport, qui fut d’emblée appelé le pacte Rossi, le 15 décembre déjà. Son auteur le défendit devant la Diète de Zurich au printemps 1833 ; lors de la discussion, le projet se heurta à une opposition provenant de tous les azimuts : trop centralisateur pour les uns (les ultra-conservateurs, soit Neuchâtel, Bâle-Ville et les Waldstätten), trop timide pour les radicaux, qualifié d’oeuvre des doctrinaires des cantons romands È ou de tremplin pour les ambitions personnelles de Rossi, il succomba définitivement en juillet après le vote négatif du canton directeur de Lucerne.

 

Paris

 

Envoyé à Paris pour une mission diplomatique, Rossi quitte alors le territoire et le service de la Suisse pour une nouvelle carrière en France : professeur d’économie politique au Collège de France (1833), titulaire de la nouvelle chaire de droit constitutionnel en 1834 – son cours connaît des débuts tumultueux et se voit suspendu au bout de trois jours -, membre de l’Institut en 1836, il reçoit la nationalité française en 1838 ; l’année suivante, le roi Louis-Philippe le nomme Pair de France – il sera mme comte en 1846 ; il devient ambassadeur auprès du Saint-Siège. Privé de sa chaire et de son poste par la révolution de février 1848, il reste dans la Ville éternelle et, après un premier refus en juillet, accepte le 15 septembre de constituer le gouvernement de Pie IX, o il dirige les ministres de l’Intérieur et des Finances. Deux mois plus tard très exactement, il est assassiné d’un coup de poignard ; sa mort ouvre la voie à l’émeute, à la fuite du pape, à la proclamation de la République romaine.

Revenu l’année suivante, Sieyès entre au Directoire, préalablement épuré, et voit la nécessité d’un changement de régime. Il s’entend alors avec Bonaparte pour préparer le coup d’Etat de Brumaire. En récompense, il est nommé consul provisoire et commence à rédiger une constitution nouvelle, que le nouveau César s’empresse de transformer ! Aigri, désabusé, Sieyès comprend qu’il doit s’effacer. Il accepte cependant le titre de sénateur avec le beau domaine de Crosne et devient comte d’Empire. Exilé sous la Restauration comme régicide, il revient en 1830 et meurt à Paris le 20 juin 1836.

 

 

Principales publications

 

  • 1825. Traité de droit pénal, 3 vol.
  • 1839. Cours d’économie politique, 2 vol.
  • 1845. Préface au traité de Malthus sur la population.
  • 1857. Mélanges d’économie politique, d’histoire et de philosophie, 2 vol.
  • 1859. Traité du droit constitutionnel français, 2 vol
  • 1866-1867. Cours de droit constitutionnel publié par A. Porée, 4 vol.
  • – S.d. Annales de législation et de jurisprudence, 5 vol., Genève.
  • Collaboration au Journal des économistes, à l’Encyclopédie du droit et à la Revue des Deux Mondes.

 

 

Biographie et bibliographie

 

  • « Notice sur la vie et les travaux de M. Pellegrino Rossi « , par M. Mignet, séance de l’Académie des Sciences morales et politiques du 24 novembre 1849.
  • Institut de France. Le premier siècle. 25 octobre 1795 – 25 octobre 1895, t. I, par le Comte de Franqueville, Paris, Académie des Sciences morales et politiques, p. 249.