Le président Bruno Cotte a ouvert la séance du 16 décembre 2024 par un discours d’hommage à Yvon Gattaz, décédé le 12 décembre dernier.
Notre compagnie a aujourd’hui toute raison d’être triste car Yvon Gattaz, son doyen d’âge et d’élection, l’a quittée dans la nuit du 11 au 12 décembre 2024.
Yvon GATTAZ
Yvon Gattaz était né le 17 juin 1925 à Bourgoin dans l’Isère. Nous avions, au mois de juin dernier, fêté ses 99 ans : il y tenait … tout en ayant très envie de fêter avec nous ses 100 ans en juin prochain. Nous ne pourrons malheureusement lui rendre cet hommage !
Cette Académie comptait pour lui et il était encore présent à nos séances il y a trois semaines, tonique et joyeux, alors qu’il se déplaçait bien difficilement. Splendide exemple de courage, de constance, de fidélité à nos travaux, de disponibilité.
Il avait été élu le 29 mai 1989 et il a présidé l’Académie en 1999. Lors de la remise de son épée, Alain Peyrefitte avait déclaré : « Vous êtes le premier créateur d’entreprise industrielle à entrer sous la coupole depuis la création des académies en 1635. »
Centralien, Yvon Gattaz avait en effet créé avec son frère Lucien la société RADIALL, groupe industriel et technologique de rayonnement mondial, aux destinées de laquelle il a présidé durant des années. Il nous en a si souvent parlé et, à juste titre, il en était très fier.
Mais il ne s’est pas borné à développer son entreprise, il s’est très vite engagé dans de multiples activités car il avait le sens de l’intérêt général, un tempérament généreux, le souci de transmettre, de former, le désir, ardent, d’aider. Prendre des risques, se dépasser, avancer : c’est ce qu’il prêchait mais c’est aussi et surtout ce qu’il mettait en pratique.
Souvenons-nous qu’il présida le CNPF de 1981 à 1986, lors d’une alternance politique particulièrement complexe, qu’il fut membre du Conseil économique et social de 1979 à 1989, qu’il créa l’association « Jeunesse et Entreprise » pour favoriser la formation et l’insertion des jeunes dans la vie professionnelle, qu’il fut aussi à l’origine de « l’Association des moyennes entreprises patrimoniales » (ASMEP), afin de défendre les entreprises patrimoniales ou encore du mouvement ETHIC car la morale de l’entreprise avait pour lui du sens. On ne compte pas les mouvements, comités, associations qu’il a créés notamment pour favoriser le développement et la transmission des entreprises grandes, moyennes ou petites.
Grand-croix de la légion d’honneur, il a été légitimement reconnu car c’était un homme de bien. En dépit des honneurs, qui lui furets décernés, il n’avait toutefois pas perdu cette simplicité qui caractérise les grands hommes.
Dans Le journal d’un curé de campagne, Georges Bernanos écrivait : « Je crois, je suis sûr que beaucoup d’hommes n’engagent jamais leur être, leur sincérité profonde. Ils vivent à la surface d’eux-mêmes. » Tel n’était certes pas le cas d’Yvon Gattaz qui, mes chères consœurs, mes chers confrères, vous serez d’accord avec moi, était un « fonceur », un créateur, un bâtisseur !
Sa bienveillance qu’accentuaient son sourire, son œil brillant, son rire, sa manière de vous serrer la main : chaleureusement, pas petitement, pas de manière étriquée, mais largement, pas de manière impersonnelle, non on le sentait concerné, son interlocuteur comptait pour lui … Il va nous manquer !
Nous avons eu la chance, ici, de croiser sa route et de cheminer à ses côtés : il nous appartient de suivre son exemple.
En le saluant, nous saluons aussi sa famille et ses proches qui sont dans la peine.
Le président invite l’assistance à observer une minute de silence.
Bruno Cotte, Président de l’Académie
Réécoutez le discours d’hommage du président
Les académiciens ont observé une minute de silence en hommage à Yvon Gattaz
Ce prix biennal créé en 1977 est décerné « à l’auteur d’un ouvrage juridique de valeur ou à l’auteur d’une action ou d’une œuvre civique méritoire ».
Le jury
Le jury est composé des membres de la section Législation, Droit public et Jurisprudence.
Les lauréats
2019 – Benjamin Lloret pour sa thèse, La protection internationale des minorités. Le regard de la doctrine française de l’entre-deux-guerres, soutenue le 18 mai 2018 à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas.
2017 – Olivier Jouanjan pour son ouvrage Justifier l’injustifiable. L’ordre du discours juridique nazi, Paris (PUF), 2017.
2015 – Athanasia Petropoulou pour son ouvrage Liberté et sécurité. Les mesures antiterroristes et la Cour européenne des Droits de l’Homme, Paris (Pedone), 2014.
2013 – Michel Troper et Dominique Chagnollaud (sous la direction de), Traité international de droit constitutionnel. Théorie de la Constitution, Paris (Dalloz), 2012, 3 tomes.
2011 – Brunessen Bertrand, pour sa thèse de doctorat Le juge de l’Union européenne, juge administratif, soutenue le 19 juin 2010 (Paris II).
2009 – prix non attribué.
2007 – François Givord, Claude Giverdon et Pierre Capoulade pour leur ouvrage La copropriété, Paris (Dalloz), 2006.
2005 – Béhibro K. Guy Claude Kouakou pour sa thèse de doctorat en droit Le contentieux de la fonction publique internationale. Contribution à l’étude du régime juridique des commissions de recours et d’appel de l’agence intergouvernementale de la francophonie, soutenue le 15 juin 2004 à l’Université René Descartes-Paris V.
2003 – Claire Bouglé – Le Roux, pour sa thèse de doctorat La cour de cassation et le code pénal de 1810. Le principe de légalité à l’épreuve de la jurisprudence (1811 – 1863), soutenue le 5 janvier 2002 à l’Université de Rennes-I
2001 – Roger -A. Lhombreaud, Mémoires et destin , fin d’une adolescence en temps de guerre, Paris (XXIe siècle – Gutenberg), 2000.
1999 – Matthieu Reeb pour l’édition du Recueil des sentences du Tribunal arbitral du sport, Berne (Stæmpfli), 1998.
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