Colloque consacré au 80ème anniversaire du Plan

Le 3 janvier 1946, le général de Gaulle créait le Commissariat général du Plan et nommait Jean Monnet à sa tête pour répondre à l’immense défi de la reconstruction de la France. A l’occasion du 80e anniversaire du Plan, Bernard STIRN, secrétaire perpétuel et Clément BEAUNE, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, ont organisé une matinée à l’Académie pour célébrer et retracer l’action d’une institution qui a contribué à façonner la France d’aujourd’hui et à penser son avenir.

Revivre la matinée

Déroulé

⇒ Discours introductifs

Xavier DARCOS, Chancelier de l’Institut de France

⇒ Discours de Philippe AGHION, académicien, Prix Nobel d’économie, professeur au Collège de France

⇒ Discours d’Élisabeth BORNE, Ancienne Première ministre et députée

Table ronde n° 1 : Penser la planification : méthode, institutions et territoires

Modération Marie VISOT, Rédactrice en chef au Figaro économie

Participants : 

  • Pierre DELVOLVÉ, académicien et professeur émérite de l’Université de Paris II Panthéon-Assas ;
  • Jean-Robert PITTE, académicien et ancien président de Sorbonne Université ;
  • Eric ROUSSEL, académicien et historien.

⇒ Discours de Dominique DE VILLEPIN, Ancien Premier ministre

Table ronde n° 2 : Actualité de la prospective

Modération : Marie VISOT, Rédactrice en chef au Figaro économie

  • Christine LAVARDE, Sénatrice des Hauts-de-Seine, présidente de la délégation à la prospective du Sénat
  • Alain MINC, Auteur du rapport « La France de l’an 2000 » (1994).
  • Clément TONON, Coordinateur de l’exercice de prospective « France 2035, France 2050 ».

Carte blanche : « Mon Plan pour la France de demain » 

Participants : 

  • Delphine HORVILLEUR, Philosophe et rabbin
  • Gaspard KOENIG, Philosophe et écrivain
  • Catherine MACGREGOR, Directrice générale d’ENGIE
  • Arnaud MONTEBOURG, Ancien ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, fondateur des Équipes du Made in France

Clôture

  • Clément BEAUNE, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan

France Télévisions diffuse la déclamation de trois jeunes sous la coupole

Dans le cadre de l’émission « J’aime à dire » soutenue par la Fondation pour l’écriture de l’Académie et la Fondation Engagement Médias Jeunes et organisée par France Télévisions et Graine d’Orateurs, trois jeunes femmes origines des Landes, Nina, Angelina et Melina, ont déclamé sous la coupole.

Sur le thème des violences sexuelles faites aux femmes, elles ont exprimé leur témoignage après avoir été formée à l’éloquence au sein de la Maison familiale rurale de Castelnau-Chalosse. Leur déclamation a fait l’objet d’un enregistrement et d’une diffusion par France Télévisions.

Revoir l’émission

Accueil des étudiants du programme de formation continue « Emouna – L’amphi des religions » de Sciences Po

Le secrétaire perpétuel Bernard Stirn et le vice-président Haïm Korsia ont accueilli, ce lundi 4 mai à l’Académie, une quarantaine d’étudiants du programme de formation continue Emouna de Sciences Po.

Piloté par des représentants des grandes communautés religieuses présentes en France, il vise à « transmettre des savoirs objectifs sur les religions et la laïcité » et à « améliorer le dialogue interreligieux comme les relations entre les responsables des cultes et le reste de la société ».

« Du bon exercice du pouvoir : dans l’État, l’administration, l’entreprise » de Jean-Denis Combrexelle (2026)

Bernard STIRN

Bernard Stirn a déposé l’ouvrage suivant en séance du 23 mars 2026 :

Du bon exercice du pouvoir : dans l’État, l’administration, l’entreprise de Jean-Denis Combrexelle (Odile Jacob, 2026, 258 p.).

Présentation prononcée en séance

L’expérience professionnelle de Jean-Denis Combrexelle est d’une grande richesse, tant au Conseil d’Etat, où il a présidé la section sociale puis la section du contentieux qu’à l’extérieur de celui-ci : il a notamment occupé, pendant plus de dix ans, les fonctions de directeur général du travail et il a dirigé les cabinets du Garde des sceaux et de la Première ministre Elisabeth Borne. Ce parcours lui a inspiré un premier livre, Les normes à l’assaut de la démocratie, que notre académie a primé l’an passé. Il nous livre aujourd’hui un autre retour d’expérience, en publiant Du bon exercice du pouvoir, dans l’Etat, l’administration, l’entreprise.

            Avec simplicité, cet ouvrage décrit les difficultés que tout dirigeant, du public comme du privé, rencontre inévitablement sur son chemin. Il indique comment se prémunir de bien des embûches, dans le recrutement, la prise de poste, la communication, la négociation. Il montre comment exercer l’autorité de manière simple et bienveillante, insiste sur la nécessité d’inscrire l’action quotidienne dans des perspectives bien définies, souligne les écueils à éviter, tant en termes de jargon dans l’expression que de comportement au travail. Trop de mauvaises habitudes ont été prises, y compris pour s’enfermer dans le surmenage, qui peuvent avoir pour conséquence d’inciter certains à se détourner des responsabilités publiques.

Sans prétention mais plein de sagesse, le nouveau livre de Jean-Denis Combrexelle est à méditer pour tous les responsables d’aujourd’hui. Il transmet en définitive avec une teinte d’inquiétude mais aussi avec optimisme un message sur les rapports de l’Etat et de la démocratie, en relevant dans sa conclusion : « Non seulement l’Etat et la démocratie vont mal, mais les maux de l’un accroissent les maux de l’autre. L’Etat a besoin d’un pouvoir politique fort, exigeant et compétent, et la démocratie a besoin d’un Etat agile et efficace ». A ceux qui exercent le pouvoir dans l’Etat, l’administration et l’entreprise de savoir trouver et mettre en œuvre les moyens de répondre à ces objectifs. L’expérience de Jean-Denis Combrexelle peut les y aider et son livre m’a paru mériter de retenir l’attention de notre académie.

Colloque « Démocratie et désinformation scientifique »

Le colloque « Démocratie et désinformation scientifique » s’est tenu ce 11 mars. Il était co-organisé avec l’association des professeurs d’Histoire-Géographie, l’Académie des sciences et l’association Parlons démocratie.

Nos interventions auprès des jeunes, partout en France et dans des centaines de classes chaque année, nous en ont convaincus : les jeunes aspirent à devenir des citoyens à part entière et ils perçoivent l’importance de la démocratie. Mais ils en connaissent mal les rouages et, bousculés par les discours hostiles et la désinformation en ligne, beaucoup en viennent à douter de la démocratie.
Au point que, pour près d’un tiers des moins de 35 ans (CESE-Ipsos 2024), la démocratie ne serait plus forcément “le meilleur système”. Il se trouve que les assauts contre la démocratie se manifestent dans un domaine que l’on aurait pu croire préservé : celui de la santé et de la science. Or, s’attaquer à la science c’est contester l’obligation de la preuve, c’est affaiblir les experts, introduire le doute, ébranler les certitudes et faciliter l’attaque de la démocratie. Et de fait, nous le constatons au fil de nos rencontres, beaucoup de jeunes apparaissent perméables à des discours insolites ou irrationnels, non fondés scientifiquement mais attirants car simples, accessibles et viraux.
Les vérités scientifiques les plus solides apparaissent alors comme de simples opinions susceptibles de débat. Les grandes découvertes médicales, telles la vaccination, sont contestées et regardées comme de simples croyances. Au point qu’aujourd’hui, déroutés par ces attaques, il n’y a plus qu’un jeune sur trois (Ifop 2023) pour estimer que « la science apporte à l’homme plus de bien que de mal ». Nous espérons, par le débat d’aujourd’hui avec des experts et leurs enseignants, donner aux élèves les outils de la réflexion et les en convaincre : la science n’est pas une opinion.

Philippe Vigouroux, directeur honoraire de CHU et membre de l’association Parlons démocratie

Revoir le colloque

Déroulé :

  • 9h30-9h50 : ouverture
  • 9h30-9h40 Mots d’accueil : Antoine TRILLER, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences et Raphaël CULLIFORD, délégué général de Parlons démocratie,
  • 9h40 – 9h50 Introduction : Agnès BUZYN ancienne ministre des solidarités et de la santé (10 min)

9h50-10h35 : Table ronde « santé »

Participants :

  • Alain FISCHER, membre de l’Académie des sciences,
  • Mathieu MOLIMARD, chef de service pharmacologie au CHU de Bordeaux,
  • Agnès BUZYN ancienne ministre des solidarités et de la santé.
  • Modération : Cécile CHALMIN, secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie.

10h-50-11h35 : Table ronde « désinformation et société »

Participants :

  • Étienne KLEIN, physicien et philosophe des sciences,
  • Laurent CORDONIER, docteur en sciences sociales et directeur de la recherche de la Fondation Descartes.
  • Modération : Cécile CHALMIN, secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie.

11h35-11h50 : Conclusion :

  • Bernard STIRN, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, et Antoine STÉPHANY, Président de Parlons démocratie.

Aller au contenu PDF

« L’Eclipse de la vertu. Une histoire de l’exemplarité des gouvernants en démocratie » d’Éric Buge (2026)

Bernard Stirn

Bernard Stirn a déposé l’ouvrage suivant en séance du 9 mars 2026 :

L’Eclipse de la vertu. Une histoire de l’exemplarité des gouvernants en démocratie d’Éric Buge (Le Seuil, 2026, 444 p.).

 

Présentation prononcée en séance

Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé d’histoire, Eric Buge a été administrateur de l’Assemblée nationale avant de rejoindre le Conseil d’Etat comme maître des requêtes. Fondateur de la très active et utile association Parlons démocratie, il est aujourd’hui directeur des affaires juridiques du ministère de l’Education nationale.

Le livre qu’il vient de publier aux Editions du Seuil, L’Eclipse de la vertu, Une histoire de l’exemplarité des gouvernants en démocratie, est d’un grand intérêt à la fois par la richesse de sa documentation et par les réflexions qu’il présente.

Trois temps sont distingués dans l’histoire des règles qui visent à garantir l’exemplarité des gouvernants dans les régimes démocratiques.

Avec bien sûr des différences entre les trois cas, de fortes exigences ont été dans un premier temps imposées par la démocratie athénienne, la république romaine et les communes médiévales italiennes, Florence en particulier. Tant la sélection des dirigeants que le contrôle de leur activité et de leurs résultats étaient rigoureusement encadrés, des procédures sévères de sanction pouvaient être mises en œuvre. L’ostracisme à Athènes, le rôle des censeurs à Rome, l’institution du podestat à Florence en témoignent. Trois modèles d’exemplarité, démocratique à Athènes, aristocratique à Rome, populaire à Florence se sont ainsi fortement affirmés.

Puis le développent de la démocratie représentative s’est accompagné d’un net relâchement des contraintes, conduisant du XVIIIème siècle au milieu du XXème à « l’éclipse de la vertu », qui est analysée en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en France. L’onction de l’élection, l’affirmation de la séparation des pouvoirs et la généralisation des mécanismes de responsabilité politique ont progressivement effacé la recherche de la responsabilité individuelle. La protection des dirigeants l’a emporté sur leur responsabilité.

Dans un dernier temps enfin, singulièrement depuis le dernier quart du XXème siècle, les gouvernants ont de nouveau été soumis, dans les différentes démocraties, à un ensemble de règles, de contraintes, de contrôles qui font peser sur eux des obligations très supérieures à celles qui s’imposent aux autres citoyens, en matière de déclarations d’intérêts, de déclarations de patrimoine, de prévention des conflits d’intérêts et d’incompatibilités professionnelles. De nombreuses instances indépendantes de vérification ont été mises en place et les procédures pénales se sont multipliées. Notre époque recherche ainsi comme un retour à la vertu, sans nécessairement y parvenir et au risque parfois de paralyser l’action publique.

En nous faisant voyager dans le temps et dans l’espace avec une grande clarté et au travers de nombreux exemples, le livre d’Eric Buge apporte au total un très riche éclairage sur les tensions entre le devoir d’exemplarité et le bon exercice de la démocratie. Il fait ressortir des convergences entre les divers pays, met en lumière des temps successifs dans la longue histoire et contribue à bien poser les interrogations qui découlent des évolutions les plus récentes.   Aussi me paraît-il mériter de retenir l’attention de notre académie.

Bernard Stirn

Journée d’hommage à René Cassin (1887-1976)

L’Académie des sciences morales et politiques, le Conseil d’Etat, la Cour européenne des droits de l’homme et la Fondation René Cassin organisaient, ce vendredi 20 février 2026, une journée d’hommage pour commémorer les 50 ans de sa disparition.

Déroulé et discours prononcés

  • Nicole Questiaux, Présidente de section honoraire du Conseil d’Etat

14h30 – 15h30 René Cassin face à l’Histoire – sous la présidence de Xavier Darcos, Chancelier de l’Institut de France.

15h30 – 16h30 René Cassin dans son temps – sous la présidence de Philippe Etienne, Ambassadeur de France

  • Le progrès des droits de l’homme : Isabelle Rome, Ambassadrice aux droits de l’homme

16h30 – 17h00 Pause

17h00 – 17h45 René Cassin et l’État de Droit – sous la présidence de Laurence Burgorgue Larsen, Professeure à l’Université Panthéon-Sorbonne.

  • Intervention d’Éleonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger

  • René Cassin et les Archives, les chantiers à venir : Martine de Boisdeffre, Présidente de section honoraire au Conseil d’Etat

  • L’éducation aux droits de l’homme et la culture de la paix : Audrey Azoulay, Ancienne Directrice générale de l’UNESCO

Intervention liée

Aller au contenu PDF

Accueil de SAR le Prince El Hassan bin Talal de Jordanie

Le bureau de l’Académie ainsi que de nombreux académiciens ont accueilli SAR le Prince El Hassan bin Talal de Jordanie, membre associé étranger de l’Académie. Élu le 4 février 2008 au fauteuil précédemment occupé par Ronald Reagan, SAR le Prince El Hassan bin Talal a été reçu le 16 juin 2008 sous la coupole, par Thierry de Montbrial.

Dans son intervention, S.A.R. bin Talal de Jordanie alerte sur la dégradation du statu quo historique à Jérusalem, où l’instrumentalisation politique du religieux menace la coexistence des communautés et la liberté de culte. Il critique une conception transactionnelle de la paix, déconnectée de toute responsabilité morale, et appelle à un idéalisme constructif fondé sur la dignité humaine, le droit international et les droits des peuples. Évoquant la situation palestinienne, notamment à Gaza, il dénonce une destruction systémique des sociétés et des écosystèmes. Jérusalem devient ainsi le révélateur d’un désordre mondial marqué par le retour du rapport de force. Le Prince appelle à préserver l’esprit de Jérusalem comme pratique exigeante de coexistence, condition d’une paix juste et durable, s’inscrivant dans la solution des deux États.

Après son intervention, SAR le Prince El Hassan bin Talal de Jordanie a répondu aux questions et observations de A. Vacheron, L. Ravel, L. Bély, M. Bastid-Bruguière et B. Stirn.

Hommage à Ismaïl KADARÉ

Notre Académie, aux côtés de l’Académie française et de l’Ambassade d’Albanie en France, a commémoré l’écrivain d’exception albanais Ismaïl Kadaré le jeudi 29 janvier dernier en grande salle des séances. Jean-David Levitte, Bernard Stirn, Danièle Sallenave et l’ambassadeur d’Albanie à Paris Dritan Tola lui ont tour à tour rendu hommage.

Après des études littéraires à l’Institut Gorki de Moscou grâce à l’obtention d’une bourse universitaire, il a collaboré à la revue littéraire Drita de 1960 à 1965 puis a dirigé la revue Les Lettres albanaises, paraissant simultanément en albanais et en français. En 1970, il a été nommé député à l’Assemblée populaire albanaise. Prenant ses distances avec la dictature dont il devient un pourfendeur majeur, il a publié des écrits subversifs condamnés par le pouvoir et s’installe à Paris. Il a été élu correspondant au sein de notre compagnie dans la section Histoire et Géographie en 1989 en remplacement de Jean Marchand et a demandé l’asile en France en 1990 avant d’être élu, le 6 mai 1996, membre associé étranger au fauteuil n°7 laissé vacant par le décès de Karl Popper. Lauréat de nombreux prix prestigieux, dont le Man Booker International en 2005 et le prix Prince des Asturies en 2009, il a su capter l’âme de son pays à travers des romans teintés de critiques envers le régime totalitaire, tels que « Le Général de l’armée morte » et « Chronique de la ville de pierre » jusqu’à son décès le 1er juillet 2024.

 

Cérémonie de remise du prix Messe Frankfurt (7ème édition)

Le prix Messe-Frankfurt, délivré par l’Académie des sciences morales et politiques, a été remis lundi 8 décembre à l’entreprise Stikoïa et à son président Jean-Marc Barki. C’était la 7ème édition de ce prix récompensant « une personne physique ou morale qui s’est particulièrement illustrée dans la promotion des valeurs humanistes et de l’économie sociale de marché ».

Le prix Messe Frankfurt 2025 a été attribué par un jury composé du Secrétaire perpétuel de l’Académie, Bernard Stirn, du Président de Messe Frankfurt France, Frédéric Bougeard, de son directeur administratif et financier, Xavier Ottavi et de messieurs Jacques de Larosière et Georges-Henri Soutou.

Crédit photos : Candice Ferrier