
Jean-Robert PITTE a déposé l’ouvrage suivant en séance du 29 juin 2026 :
Géopolitique de comptoir. Comment répondre aux idées reçues, fantasmes et clichés sur le monde ? de Bruno Tertrais (Eyrolles, 2026, 158 p.).

Bruno COTTE a déposé l’ouvrage suivant en séance du 29 juin 2026 :
La Fraternité d’Amin Maalouf et Éric Fottorino (M. Lafon, 2026, 80 p.).
Dialogues Amin MAALOUF et Éric FOTTORINO – La Fraternité
Chères consœurs, chers confrères,
Nous vivons dans un monde tumultueux et de plus en plus guerrier.
Nous vivons dans une France anxieuse, vite parcourue de convulsions, une France frondeuse et facilement râleuse,
Nous échangeons moins qu’avant et vivons repliés tant nos interlocuteurs sont devenues des machines : ordinateurs, internet et aujourd’hui l’intelligence artificielle. La société s’est atomisée … le sens de la fraternité s’étiole.
Quelle chance nous avons de pouvoir nous retrouver ici le lundi pour échanger et partager !
C’est dire si vient à point nommé, il est en librairie depuis le 18 juin 208, un tout petit livre rapportant le dialogue noué entre notre confrère de l’académie française, Amin MAALOUF et Éric FOTTORINO, ancien directeur du Monde et romancier. Il s’agit de propos tenus lors d’une rencontre de « L’association méditerranéennes Albert Camus » en 2024.
Un livre sur « La FRATERNITE » ! Un petit livre sans prétention, apaisant, sage, mais qui fait du bien, en tous cas qui m’a fait du bien !
Bâtir un pont entre des êtres , tendre la main …aux autres et pas seulement à ceux qui nous sont proches, à notre « entre soi » … en étant soi-même bien « affirmé dans son identité » ! se rappeler que ce qui manque le plus à notre société, c’est le sens du bien commun.
Des trois termes de notre devise républicaine, nous célébrons volontiers la LIBERTE : on meurt pour elle, on y tient et on la défend !
Nous savons que l’EGALITE est inatteignable : on s’efforce de la fa faire régner mais avec quelle difficulté !
La FRATERNITE fait figure de petite dernière … elle me fait penser à la petite ESPERANCE de Charles PEGUY, coincée entre la FOI et la CHARITE alors qu’elle est tellement essentielle.
La FRATERNITE conditionne pourtant elle aussi le plein épanouissement de la LIBERTE et de l’EGALITE
Je ne vous raconterai pas ce livre : c’est à vous de le découvrir si vous le souhaitez et de découvrir comment « se construit » la fraternité : 70 pages seulement ! 5 petits euros !
Je retiendrai seulement trois citations qui y figurent : à mon sens opportunément :
. Une bien connue d’Albert Camus mais qui demeure plus que jamais d’actualité :
« Chaque génération sans doute se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande . Elle consiste à empêcher que le monde se défasse ».
.Une autre de Charles Péguy , en 1902, dans Les Cahiers de la Quinzaine : «
La fraternité c’est un sentiment à la fois profondément conservateur et profondément révolutionnaire ; c’est un sentiment simple ; c’est un des principaux parmi les sentiments qui ont fait l’humanité, qui l’ont maintenue et sans doute l’affranchiront » ; »
. La dernière d’Antoine de Saint Exupéry : Une démocratie doit être une fraternité ; sinon c’est une imposture ».
Quand nous nous retrouverons en septembre s’ouvrira une longue et vraisemblablement difficile période de « campagne présidentielle » : on peut s’attendre à tout … ou presque … et nous en connaissons déjà certains thèmes …
Puisse la fraternité y occuper une place, petite sans doute, mais une place tout de même !


Haïm KORSIA a déposé la publication suivante en séance du 15 juin 2026 :
Index mondial de persécution des Chrétiens 2026 (Portes ouvertes).

Georges-Henri SOUTOU a déposé l’ouvrage suivant en séance du 18 mai 2026 :
Le KGB à Tchernobyl. Une plongée inédite dans les archives ukrainiennes de Galia Ackerman (Premier Parallèle, 2026).
Galia Ackerman, Le KGB à Tchernobyl. Une plongée inédite dans les archives ukrainiennes, 220 pages, Premier Parallèle, 2026.
Le très grand intérêt de cet ouvrage, fondé sur près de 500 documents du KGB publiés par l’Académie des Sciences ukrainiennes, est de montrer des aspects non-perçus jusqu’ici du rôle de cet organisme et ainsi de permettre de mieux comprendre l’enchaînement qui a accéléré la chute du système soviétique.
En effet, le KGB et son prédécesseur la Tchéka n’étaient pas simplement des services de renseignement intérieur et extérieur et des organes répressifs dans le domaine politique ou dans la recherche et l’élimination des opinions déviantes. Depuis les années 20 ils étaient également chargés de la lutte contre le « sabotage ». En effet, tout échec, y compris dans le domaine économique, industriel ou technique, éveillait immédiatement le soupçon de sabotage et conduisait à des enquêtes du KGB, à des arrestations, à des procès, à des condamnations.
Or cette recherche systématique du « sabotage » détournait de l’analyse des raisons économiques ou techniques des échecs subis et donc contribuait à générer la perte d’énergie et d’efficacité qui était une marque du système soviétique.
L’exemple de la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986 en fut l’exemple le plus dramatique et le plus grotesque. Alors que certains experts soviétiques avaient prévenu dès les années 60 que la conception même des centrales du type Tchernobyl était dangereuse, alors que l’accident fut directement provoqué par des tests menés par des responsables incompétents, on rechercha d’abord des « coupables », des saboteurs. Et ensuite on se préoccupa avant tout d’étouffer l’affaire et d’en occulter les conséquences, plutôt que de tenter de gérer et limiter celles-ci sur le plan pratique. Et là aussi parce que le KGB restait aux commandes et ne pouvait pas sortir de ses schémas de pensée.
Mais malgré tout la catastrophe fut devinée par la population (la moitié de la population de Kiev décida de fuir la ville !) et elle contribua à décrédibiliser le régime, malgré la « Pérestroïka » proclamée par Gorbatchev. Ce livre nous permet de mieux comprendre la nature concrète profonde du régime et les causes se son échec.
Georges-Henri Soutou

Jacques de Larosière a déposé l’ouvrage suivant en séance du 4 mai 2026 :
Gli ambasciatori italiani in Francia (1945-1988) sous la direction d‘Alessandro Giacone (Rubbettino, 2026, 406 p.).
GlI AMBASCIATORI ITALIANI IN FRANCIA (1945-1988)
par Alessandro Giacome, Professeur à l’Université de Bologne
369 pages-Edition Rubettino 2026
L’auteur, Alessandro Giacone, présente la série d’Ambassadeurs d’Italie qui se sont succédé en France de 1945 à 1988.
L’ idée de cet ouvrage est née d’un colloque d’historiens qui eut lieu à Paris en 2022.
Le livre, sous la direction de M. Giacone, est nourri des archives diplomatiques italiennes.
L’ouvrage m’a frappé par au moins trois caractéristiques qui en font, à mes yeux, un document exceptionnel.
1) La qualité des protagonistes
La France et l’Italie se jalousent parfois , mais se respectent ,se comprennent et s’admirent toujours.
C’est donc une tradition -jamais démentie- que de nommer, aussi bien à Rome qu’à Paris, des ambassadeurs de tout premier plan. De Gaulle fut fidèle à cette tradition en veillant à choisir Couve de Murville comme notre représentant en Italie.
La lecture des rapports, notes et télégrammes de la rue de Varenne confirme cette exigence de qualité de façon éloquente.
Je n’évoquerai pas, faute de temps, la personnalité de la douzaine d’ambassadeurs étudiés dans ce livre. Ils sont tous remarquables.
Un mot seulement sur Gardini dont les analyses au scalpel sont d’une lucidité et d’une intelligence hors du commun.
Et comment pourrais-je passer sous silence les noms de Vento qui fut le témoin de la crise de change de 1992, de Cavalchini et de Caracciolo ? Personnalités de premier plan avec lesquelles j’ai vécu, en toute confiance, les tensions monétaires et les crises aigues des années 2000- 2011 qui ont fini par conduire au choix de Mario Monti comme Premier Ministre.
2) Le deuxième apport de cet ouvrage est qu’il retrace l’histoire politique française pendant quarante ans… Nous croyons connaître cette histoire et en particulier les transformations opérées par le Général de Gaulle. Peut-être la connaissons nous?. Mais ce qui ressort de ce livre c’est que, rue de Varenne, se sont succédé des observateurs discrets des historiens précis et bien informés, au jugement sûr et objectif, qui ont écrit en quelque sorte une « deuxième version » des événements.
Avec cette histoire parallèle, nous disposons d’une source précieuse de faits collectés et d’une vision qui enrichit considérablement notre propre récit.
3) La troisième particularité de ce livre, à mes yeux, est que les hommes nommés à Paris étaient des êtres humains avec leur caractère propre, leurs préférences personnelles, leurs expériences de carrière remontant parfois à Mussolini…..
Mais quelle que soit leur diversité, ces hommes étaient animées de deux convictions fondamentales.
En premier lieu, ils participaient tous de la foi européenne: c’était leur facteur commun unificateur.
En second lieu, ils cultivaient l’objectivité comme un impératif absolu. Un seul exemple : Giovanni Fornari explique la décision de De Gaulle, en 1966, de quitter le commandement intégré l’OTAN. Mais l’ambassadeur se garde bien d’esquisser la moindre réserve à l’égard de cette décision qui était mal reçue à Rome. Fornari savait que son rôle n’était pas de plaire à son gouvernement mais de l’informer des raisons profondes de la décision en utilisant les informations recueillies dans l’entourage même du Général.
Bel exemple de probité intellectuelle et morale !
A lire absolument !
Jacques de Larosière25 avril 2026
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