Des Académiciens en Sorbonne…
avec Éric Karsenti

Vendredi 9 février 2024
Des Académiciens en Sorbonne
Grand Amphithéâtre de la Sorbonne

 

De l’origine de la vie à la complexité actuelle du vivant

Éric Karsenti
membre de l’Académie des sciences

Photographies : © Rectorat de Paris – Sylvain Lhermie

Télécharger la présentation de la conférence
Retrouver l’enregistrement de la séance et l’interview donnée par Éric Karsenti

 

Pour la quatrième conférence-débat de cette quatrième édition du programme « Des Académiciens en Sorbonne », l’Académie des sciences était à l’honneur et près de six cents lycéens et leurs professeurs étaient réunis dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne pour écouter Éric Karsenti évoquer les découvertes et les méthodes d’analyse de l’expédition Tara Océans, « une odyssée de trente ans » .

Ils étaient venus, pour l’académie de Versailles, du lycée Évariste Galois et, pour l’académie de Créteil, des lycées Germaine Tillon, Marcelin Berthelot, Camille Claudel, Marianne, Liberté, Uruguay-France, François Couperin, Cachan et du lycée d’Arsonval. L’académie de Paris était représentée par des délégations des lycées La Fontaine, Edgar Quinet, Saint-Thomas d’Aquin, Saint-Pierre de Fourier, Bergson, Victor Hugo et Pierre-Gilles de Gennes. Enfin, plusieurs classes  de la Maison de la Légion d’Honneur de Saint-Denis étaient présentes.

La séance a été introduite par Samuel Guibal, délégué régional à la recherche et à l’innovation pour la Région Île-de-France. Antoine Triller, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences (division Sciences chimiques, biologiques et médicales, et leurs applications), lui a succédé pour présenter les actions de cette académie en faveur de l’enseignement des sciences et de la diffusion des connaissances et de la culture scientifique.

Éric Karsenti a centré sa conférence, diaporama illustré à l’appui, sur l’expédition Tara Océans qu’il a lancée en 2009 pour comprendre comment la vie s’est diversifiée et complexifiée sur terre au cours des quatre milliards d’années depuis l’origine de la vie : durant trois ans, la goélette TARA a sillonné les océans et a prélevé des échantillons afin de caractériser les écosystèmes planctoniques de la plupart des océans de notre planète entre la surface et environ 600 m de profondeur. L’ambition et l’originalité de ce projet résidaient dans le fait qu’il s’agissait d’échantillonner tous les royaumes de la vie, des virus aux larves de poissons en passant par les protistes, tout en collectant les paramètres environnementaux cruciaux pour effectuer des analyses écologiques pertinentes par rapport à l’importance relative de l’environnement et des interactions entre organismes sur la structure de ces écosystèmes. Pour rendre techniquement faisable l’analyse de telles masses d’organismes, il était aussi nécessaire d’échantillonner ces organismes par classe de taille. Enfin, une des visées de l’expédition était aussi de communiquer vers le grand public et les hommes politiques sur l’importance de la vie océanique, sa richesse et la nécessité de la préserver. Les données analysées permettront de disposer d’un repère à un instant 0 pour comprendre et mesurer les évolutions ultérieures lors d’autres expéditions.

À l’issue de sa conférence, richement illustrée, Éric Karsenti a répondu aux très nombreuses questions des lycéens : Peut-on prévoir et mesurer l’impact du changement climatique (hausse des températures, diversité et composition génétique des espèces…) et celui de la pollution humaine sur l’évolution des écosystèmes ?  D’autres grandes expéditions ont-elles eu lieu depuis Tara ? Quelles expéditions seraient à mener dans les grands fonds marins ?  Les virus observés dans tous les océans, y compris dans les mers froides, sont-ils pathogènes ?  Par curiosité, un élève a souhaité savoir si la théorie de Darwin sur l’évolution des espèces était encore valide, ce à quoi Éric Karsenti a répondu qu’elle l’était – il y a bien eu une génération de diversité au cours du temps – mais que l’importance accordée, plutôt par le néo-darwinisme d’ailleurs que par Darwin, à la sélection naturelle et au concept de la prévalence donnée au plus apte, était contesté au nom du concept d’autodétermination biologique. D’autres questions ont porté sur le coût de l’expédition, les techniques d’échantillonnage, l’évolution de la génétique chez l’humain et les raisons pour lesquelles la régénération est plus efficace chez certaines espèces que chez d’autres.

Avant de quitter le Grand Amphithéâtre, Éric Karsenti a donné une courte interview, à retrouver avec l’enregistrement de la séance sur la chaîne de l’Académie et celle du Rectorat :

Brève conversation avec Éric Karsenti

Enregistrement de la séance

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