
Olivier GRENOUILLEAU a déposé l’ouvrage suivant en séance du lundi 29 septembre 2025 :
Graver pour l’éternité. La Grèce au fil des écritures, de Caroline Fourgeaud-Laville et François Lefèvre (Les Belles Lettres, 2025, 320 p.).
Discours prononcé en séance
Graver pour l’éternité. La Grèce au fil des écritures, de Caroline Fourgeaud-Laville (docteur) et François Lefèvre (professeur à Sorbonne Université), est paru en mai dernier, aux Belles Lettres. L’ouvrage nous emporte dans un merveilleux voyage : dans l’espace du monde grec et hellénistique, dans le temps d’hier qu’il nous fait comprendre et dans celui d’aujourd’hui qu’il interroge ici ou là en filigrane.
Une belle introduction nous dit ce qu’est l’épigraphie, comment elle se pratique et la place que revêt l’écriture dans un monde grec durablement dominé par l’oralité. Un monde où l’isègoria – l’égal droit de parole accordé à chacun dans l’Ecclesia, constitue l’un des socles de la démocratie ; un monde où l’écrit, à la fois craint et perçu comme trompeur, peine, avant Platon, à se faire une place dans l’histoire de la pensée.
Vingt-sept inscriptions nous sont ensuite présentées, abordant tous les sujets possibles, du quotidien à l’extraordinaire, les deux étant souvent mêlés. On y découvre ainsi un appel à la non professionnalisation du politique, avec la loi de Dréros, en Crète, imposant à un cosme – haut magistrat – de ne pas assurer sa charge au-delà de dix années. On y voit un ambassadeur voyager, une esclave être affranchie. On y lit la peur des pirates et la nécessité, à Milet et à Téos, de choisir « les meilleurs » pour remplir les fonctions d’entraineur et de « maître de lettres ». Chacune des vingt-sept inscriptions est présentée, avec le texte original et sa traduction, avant d’être finement commentée.
Tout est beau dans ce livre : la langue, le voyage, ainsi que le mariage, parfaitement réussi, entre érudition et accessibilité. Au-delà de son objet, ce livre nous rappelle ainsi les vertus civiques d’une culture générale plus nécessaire que jamais.

