Aspects de la mondialisation politique

Groupe de travail présidé par M. Jean Baechler, membre de l’Académie

Texte liminaire

On peut définir la mondialisation comme la confluence de toutes les histoires humaines, développées de manière autonome ou indépendante au long de nombreux millénaires sur les différentes aires culturelles, en la première histoire unifiée d’une humanité devenue actuellement une. Cet événement inédit devrait, il est permis de le postuler, poser aux acteurs humains des problèmes nouveaux et les pousser à inventer des solutions originales. Ce monde unifié, à la fois enraciné dans les passés les plus divers et ouvert sur un avenir imprévisible, commence à émerger déjà sous nos yeux, davantage par les problèmes posés que par les solutions trouvées. Les traces de la mondialisation en cours peuvent être repérées dans plusieurs domaines, depuis le plus banal, l’économie, jusqu’au plus ésotérique, la définition de la modernité comme mutation de la matrice des possibles culturels, en passant par la fusion des pools démographiques, l’esquisse d’un réseau cognitif intégré, l’universalisation et la confrontation des religions, l’émergence d’une transpolitie planétaire, la perception de la planète comme d’un système clos confié à une espèce ouverte, la globalisation des problèmes de santé physique et mentale… Des colloques périodiques consacrés à ces thèmes et à d’autres permettraient à l’Académie de revendiquer le rôle d’Observateur de l’Histoire en Cours.

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Le développement durable

La création par l’Académie des sciences et l’Académie des sciences morales et politiques d’un groupe d’étude sur le développement durable fait partie des initiatives prises pour faire avancer le rôle des sciences — de toutes les sciences, y compris les sciences humaines — dans nos sociétés. Ce groupe, interacadémique et interdisciplinaire, répond à la volonté d’éviter que le progrès des sciences ne soit une cause de détérioration des équilibres sociaux ainsi que de la qualité de la vie et de l’environnement. Il réfléchit non seulement sur des objectifs tels que la réduction des inégalités de développement et la lutte pour une sécurité alimentaire, mais aussi sur les politiques économiques et sociales à élaborer. Il a porté, jusqu’alors, son analyse sur l’Afrique intertropicale. Cette réflexion lui a permis de dégager quelques idées fortes, autour de deux thèmes principaux, qui ont chacun fait l’objet d’une publication dans la collection des « Cahiers des sciences morales et politiques » :

  • Les conditions d’une satisfaction durable des besoins alimentaires
  • L’éducation, fondement du développement durable en Afrique

 

Les conditions d’une satisfaction durable des besoins alimentaires (dir. Pierre Bauchet, Paris, Presses universitaires de France, « Cahiers des sciences morales et politiques » 5, 2001, 88 p.)

 

Texte liminaire

La globalisation de la planète entraîne une remise en cause des structures et, par la-même, de la durabilité des progrès réalisés: le développement se fragilise.

C’est particulièrement vrai de la continuité de la satisfaction des besoins alimentaires. Elle est aujourd’hui menacée par l’augmentation rapide de la population mondiale, sa concentration dans les villes, les migrations internationales, la dégradation de l’environnement et les épidémies.

Ce cinquième Cahier des sciences morales et politiques est consacré aux conditions d’une satisfaction durable des besions alimentaires dans le monde. Il comprend cinq études, présentées à la Fondation Singer-Polignac par ce groupe interacadémique.

Il est suivi d’un rapport, rédigé par M. Bertrand du Marais, sur la conférence mondiale des Académies des sciences qui s’est tenu à Tokyo entre les 15 et 18 mai 2000, au cours de laquelle ces rapports furent diffusés.

 

L’éducation, fondement du développement durable en Afrique (dir. Pierre Bauchet, Paul Germain, Paris, Presses universitaires de France, « Cahiers des sciences morales et politiques » 16, 169 p.)

 

Texte liminaire

En ce début du XXIe siècle, la Banque mondiale évalue à 110 milliions le nombre d’enfants non-scolarisés en âge d’aller à l’école primaire. Plus de 60 % d’entre eux sont des filles. Un enfant sur quatre ne termine pas le cycle primaire; un sur deux en Afrique. Près d’un milliard d’adultes sont analphabètes.

En Afrique, les taux d’alphabétisation et de scolarisation sont inférieurs à ceux de la plupart des pays du tiers-monde sur les autres continents. Ces chiffrent donnent la mesure du défi de l’Education pour tous, programme des Nations Unies visant à atteindre la scolarisation primaire universelle en 2015 et la parité garçons/filles dès 2005. Les conséquences de ce retard sur le sous-développement sont lourdes et appellent une réflexion d’ensemble sur ses causes et ses remèdes.

Le thème de  » L’éducation, fondement du développement durable en Afrique  » a fait l’objet d’un colloque tenu en novembre 2002 à la Fondation Singer-Polignac, à l’initiative d’un groupe de travail interacadémiqe placé sous l’égide de l’Académie des sciences morales et politiques et de l’Académie des sciences.

Ce sont les Actes de ce colloque qui sont réunis dans ce volume.

L’ambition n’est pas de définir ce que devrait être  » la bonne politique de l’éducation  » qui est de la responsabilité des gouvernements, mais de faire connaître les avancées de la pratique et de la recherche, en faisant appel à des responsables africains des politiques d’éducation qui ont fait part de leur expérience et de leurs suggestions, ainsi qu’à des chercheurs qui ont présenté la conclusion d’études menées en Afrique.