Jean Baechler et Gérald Bronner :
L’irrationnel aujourd’hui

 

En ce mois d’avril 2021 paraissent deux ouvrages dirigés par des membres de l’Académie dans le cadre de travaux ayant bénéficié du soutien de la Fondation Simone et Cino Del Duca : La vie de l’esprit en Europe centrale et orientale, par Chantal Delsol (voir article) et L’irrationnel aujourd’hui par Jean Baechler.

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Sous le titre L’irrationnel aujourd’hui, les éditions Hermann publient les actes du colloque que  Jean Baechler et Gérald Bronner, professeur de sociologie cognitive à l’Université Paris-Descartes, ont organisé, du 19 au 21 novembre 2019, à la Fondation Simone et Cino Del Duca.

Ce colloque avait réuni 25 spécialistes reconnus de l’irrationnel contemporain, dont neuf membres de l’Académie – Daniel Andler, Jean Baechler, Rémi Brague, Gabriel de Broglie, Xavier Darcos, Mireille Delmas-Marty, Chantal Delsol, Denis Kessler, Claudine Tiercelin –  pour tenter de dégager les racines profondes du phénomène et repérer ses principales excroissances, de manière à le comprendre et expliquer.

Quatrième de couverture

Les sophistes grecs déjà soutenaient que, l’homme étant la mesure de toutes choses, il n’existait aucun point de vue et d’appui permettant de distinguer le bien du mal, le vrai du faux, le juste de l’injuste. Socrate s’est dressé contre cette position et la philosophie grecque a pris son envol.

Notre temps pourrait tirer le plus grand profit d’une réaction même plus modeste, car l’irrationnel a fait son grand retour, comme si le balancement entre le rationnel et l’irrationnel devait fatalement aller de l’un à l’autre, sans jamais pouvoir s’arrêter sur la position rationnelle. Depuis un bon demi-siècle, le subjectivisme, le relativisme et le culturalisme partent sans répit à l’assaut de l’objectivité, de l’universalité et de la rationalité.

Aujourd’hui comme hier, ce constat soulève trois questions conjointes  : la première porte sur la propension humaine à l’irrationnel ; la deuxième concerne sa production, ses animateurs – qu’ils soient sincères ou rusés -, ses thèmes, ses campagnes, ses manœuvres ; la dernière s’occupe de sa réception , ses canaux, ses relais, ses séductions, ses victimes, ses conséquences.

Voir aussi
l’article relatif au colloque « Irrationalité »
la séance solennelle de rentrée des cinq académies : l’irrationnel