Hommage au correspondant Thomas DE KONINCK

L’Académie a rendu hommage à Thomas De Koninck, correspondant de la section Philosophie, décédé le 16 février 2026.

Rémi Brague, doyen de la section Philosophie, a rappelé, avant de retracer le parcours académique de Thomas De Koninck, que la légende voulait que Thomas De Koninck ait inspiré le personnage du « Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry, ami de son père, Charles De Koninck.

Élu correspondant de la section Philosophie le 30 septembre 2019, Thomas De Koninck était né en Belgique en 1934 avant de s’établir au Québec. Rhodes Scholar à Oxford et boursier Humboldt à Berlin, il a consacré l’essentiel de sa carrière à l’Université Laval, où il a enseigné à la Faculté de philosophie de 1964 à 2015, jusqu’à son éméritat en 2015.

Professeur dévoué, il laisse une œuvre riche de cent cinquante articles et de plusieurs essais notamment sur Aristote, la dignité humaine et la philosophie de l’éducation, traduits dans de nombreuses langues. Son parcours académique a été largement reconnu : président de l’Association canadienne de philosophie et membre de la Société Royale du Canada depuis 2002, il fut également honoré en France en 1996 par le prix La Bruyère de l’Académie française et le grade de chevalier des Palmes académiques.

Deux recueils de mélanges témoignent de l’empreinte qu’il laisse dans le monde intellectuel. L’Académie salue la mémoire d’un confrère dont les travaux et la carrière honorent notre compagnie.

Une minute de silence a été observée en sa mémoire.

Accueil de la correspondante Christine MANIGAND à l’Académie

Le président a accueilli en séance Christine Manigand, élue correspondante le 2 juin 2025, à la succession de Pierre Gény, décédé le 25 décembre 2023. Il a donné la parole à Georges-Henri Soutou pour sa présentation.

Christine MANIGAND
Georges-Henri SOUTOU

Née en 1955, Christine Manigand est Professeur des Universités de classe exceptionnelle à l’Université de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle. Agrégée d’histoire, elle est titulaire d’une thèse de doctorat sous la direction de Serge Berstein, soutenue à Sciences Po Paris en 1996 : La carrière politique d’Henry de Jouvenel. Elle a soutenu son Habilitation à diriger des recherches en 2000 : Les Genevois dans la France de l’entre-deux-guerres. Après avoir enseigné dans le secondaire, Christine Manigand a été, de 1993 à 2003, maître de conférences à l’Université du Maine, puis Professeur d’histoire contemporaine à Poitiers de 2003 à 2011, et ensuite Professeur à Sorbonne Nouvelle. Elle a exercé de très nombreuses fonctions universitaires et scientifiques, dans son université, au CNU, dans différents jurys (agrégation d’histoire, concours d’administrateur du Sénat…), dans de nombreuses Fondations, dont la Fondation Charles de Gaulle et l’Institut Georges Pompidou, dont elle préside avec autorité le conseil scientifique. Son enseignement et ses recherches portent sur l’histoire politique de l’Europe au XXe siècle (idée et construction européennes), sur la France et l’Europe dans les relations internationales (de l’entre-deux-guerres à nos jours), sur le rôle des opinions face à la construction européenne. Parmi ses nombreuses publications, on notera en particulier : Les Français au service de la Société des Nations (Peter Lang, 2003), ainsi que différents ouvrages sur l’Europe et la publication d’importants ouvrages collectifs sur Georges Pompidou notamment Le Dictionnaire Pompidou, (Robert Laffont, 2024).

Christine Manigand prend la parole pour remercier l’Académie de son élection et évoquer l’importance de l’Europe.

 

Accueil du correspondant François-Guillaume LORRAIN à l’Académie

Le président a accueilli en séance François-Guillaume Lorrain, élu correspondant de la section Histoire et Géographie le 2 juin 2025 à la succession de Anne Muratori-Philip, décédée le 8 novembre 2024. Il a donné la parole à Eric Roussel pour sa présentation.

Né en 1970, François-Guillaume Lorrain est normalien (ENS Ulm), agrégé de Lettres modernes. Il a d’abord enseigné à la Faculté de Dijon, puis travaillé pour le Quai d’Orsay à Londres puis à Florence avant de devenir journaliste au Point en 1999. Il y a tenu la rubrique Cinéma puis s’est vu confier le large domaine des idées et de l’Histoire.

Parallèlement François-Guillaume Lorrain a publié une quinzaine d’ouvrages, pour la plupart à teneur fortement historique, notamment une double enquête sur la mémoire des événements dans les lieux où ils se sont déroulés : Ces lieux qui ont fait la France (2015) puis Ces autres lieux qui ont fait l’Histoire (2021). En 2024, il a mené une enquête sur une quinzaine de Justes qui ont sauvé des Juifs en France : Il fallait bien les aider. Il est aussi l’auteur de romans historiques sur le XVIIè siècle. Par ailleurs, il a dirigé avec Patrice Gueniffey deux ouvrages collectifs : Les grandes décisions de l’Histoire de France (Perrin/Le Point, 2018) et Révolutions françaises, (Perrin/Le Point, 2020).

François-Guillaume Lorrain prend ensuite la parole pour remercier l’Académie pour cette élection. Il évoque la richesse du mot « correspondant » et rend hommage à la figure de Pierre Nora. Il termine en évoquant la mémoire de Anne Murtori-Philipp.

 

Accueil du correspondant Frédéric ENCEL à l’Académie

Le président accueille en séance Frédéric Encel, correspondant de la section Histoire et Géographie élu le 2 juin 2025 à la succession de Jean Vitaux, décédé le 19 mai 2024. Il donne la parole à Lucien Bély pour sa présentation.

Né en 1969, Frédéric Encel est docteur en géopolitique de l’Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis et diplômé de l’IEP de Grenoble. Il a obtenu une habilitation à diriger des recherches en 2007. Il a enseigné à Paris VIII (1995-1998) puis à l’IEP de Rennes (2000-2008). Il est directeur de recherches associé à l’Institut français de géopolitique de Paris VIII depuis 2007 et professeur à l’École supérieure de Gestion, devenue Paris School of Business.

Frédéric Encel a donné une vigueur nouvelle à la géopolitique en s’attachant à celle du Proche-Orient. Il est membre du Comité des revues géopolitiques Hérodote et Défense Nationale, ainsi que directeur de la collection « Géopolitiques » aux Presses universitaires de France, Frédéric Encel a créé les Rencontres géopolitiques de Trouville-sur-Mer. Parmi les prix qu’il a obtenus, notons le Grand Prix de la Société de Géographie (2015), le Prix du Livre géopolitique (2022), le Prix Edouard-Bonnefous (Histoire-Géographie) de l’Académie des Sciences morales et politiques (2023). Son ouvrage Géopolitique de Jérusalem de 1998 a été réédité, et prolongé par une Géopolitique d’Israël en 2006, une Géopolitique du sionisme : Stratégies d’Israël la même année, et par un Atlas géopolitique d’Israël en 2008, ainsi que par sa Géopolitique du Printemps Arabe en 2014.

Frédéric Encel a publié des ouvrages plus généraux : Horizons géopolitiques (2009), De quelques idées reçues sur le monde contemporain : Précis de géopolitique à l’usage de tous (2013), Petites leçons de diplomatie (2015) et Mon Dictionnaire géopolitique en 2017. En 2025, il a publié La guerre mondiale n’aura pas lieu.

Frédéric Encel remercie l’Académie pour son élection et rend hommage à son père, à Yves Lacoste et à quatre figures de la géopolitique disparus récemment.

 

Accueil de Constantin SIGOV à l’Académie

Chantal Delsol a présenté ce lundi 30 juin en séance Constantin Sigov, correspondant de la section Philosophie, élu le 1er juillet 2024, au poste laissé vacant par le décès de Roger Scruton.

Chantal DELSOL

Constantin Sigov est directeur du Centre Européen à l’université de Kiev et directeur des éditions « L’esprit et la lettre ». Né en 1962, Constantin Sigov a fait des études de Philosophie à Kiev. Il soutient son doctorat en 1990 à l’Institut Skodorova de Philosophie de Kiev sur le sujet « Le jeu comme problème d’anthropologie politique ». Il est alors secrétaire scientifique de la Société philosophique de Kiev. Francophone, il travaille pendant plusieurs années en France, où il est maitre de conférences à l’EHESS. Il dirige la création et devient directeur d’un département France-Ukraine à l’Académie Mohyla de Kiev, qui a été rétablie après la chute du mur de Berlin, en 1992. Ce département devient en 1996 le Centre européen des humanités. En même temps, il crée en 1992 la maison d’Édition en sciences humaines Duch i Litera (Esprit et Lettre), et le magazine du même nom en 1997. Cette maison d’édition devient la plus importante d’Ukraine avec Krytyka. Il y publie de nombreux textes de philosophie, théologie, sociologie, sciences politiques ou littérature, faisant la part belle aux traductions des diverses langues occidentales.

Constantin SIGOV

Chrétien orthodoxe, Constantin Sigov entretient des relations constantes avec les différentes églises européennes. Il a joué un rôle important pendant les événements de Maïdan en permettant aux diverses forces en présence de continuer à se parler.

Constantin Sigov a écrit et publié un grand nombre d’ouvrages et d’articles sur des thèmes aussi différents que « Philosophie du jeu », « Tabula rasa et thesaurus » dans Correspondance d’un coin à l’autre, « Vérité et histoire » ou « Le mythe européen ». Il a publié en philosophie et littérature sur des écrivains comme Dostoïevsky et Soloviev. Il écrit dans diverses revues ou périodiques, sur Poutine, sur Tchernobyl, sur l’orthodoxie etc. Il reste en contact permanent avec la France. Réfugié dans une cave pendant la première partie de la guerre en Ukraine, il a envoyé à ses correspondants français son journal qui a été publié à chaud par les Éditions du Cerf.

Il s’agit là d’un grand intellectuel, très actif au service du développement de son pays et grand ami de la France et de l’Europe. Il est complètement francophone.

Discours d’accueil de Constantin Sigov prononcé par Chantal Delsol

 

Discours prononcé par Constantin Sigov