Réflexions autour du rapport annuel du Conseil d’État en cours d’élaboration sur « la souveraineté »

Afin d’alimenter la réflexion en cours de la section des études, de la prospective et de la coopération (ancienne section du rapport et des études) du Conseil d’État, sa présidente Martine de Boisdeffre et son président-adjoint Fabien Raynaud sont venus entendre des académiciens sur le sujet de la souveraineté.

Serge Sur a tout d’abord évoqué le cadre juridique de la souveraineté internationale, en soulignant que la souveraineté est un concept juridique et qu’il ne doit pas être confondu avec le concept de puissance.

Jean-David Levitte a évoqué l’évolution des différents présidents de la République quant à l’arme nucléaire et à la participation de la France au commandement intégré de l’OTAN, et l’évolution du concept de souveraineté nationale dans le contexte actuel marqué par le retour de la guerre sur le sol européen, la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine et l’émergence de ce que l’on appelle le Sud global.

Les académiciens échangent avec Martine de Boisdeffre et Fabien Raynaud (à droite de la photo)

Jean-Claude Casanova a retracé l’évolution historique du concept de souveraineté depuis les Grecs et les Romains jusqu’à J.J Rousseau en passant par Jean Bodin et Althusius. Face aux deux problèmes politiques toujours présents (à savoir le rapport de l’individu à la collectivité et celui des collectivités entre elles) il interroge la notion de souveraineté en se demandant si elle est indispensable et ne serait pas comme le jugement de Pascal à propos de Descartes, inutile et incertaine ?

Jean-Claude Trichet a indiqué qu’il semblait difficile d’éviter d’être fédéraliste, soulignant que l’euro – qui est une monnaie solide et qui inspire confiance – pâtit de l’absence d’une fédération européenne et d’une signature unique. Il regrette qu’il n’existe pas de marché unique des capitaux et des banques commerciales et indique qu’à l’horizon 2100, s’il n’existe pas de fédération politique européenne, les Européens ne figureront pas dans les 20 premiers pays, au sommet desquels seront la Chine et l’Inde et loin derrière les États-Unis.

À l’issue de ces prises de parole, un échange s’en est suivi avec Gilbert Guillaume, Yves Gaudemet, Michel Pébereau, Bernard Stirn et Jean-Robert Pitte.

Colloque sur les libéralités philanthropiques et les fondations

Ce lundi 25 mars 2024, l’Académie des sciences morales et politiques a organisé un colloque, à l’initiative de l’Association du Master 2 Gestion du Patrimoine Privé et Professionnel de l’Université Paris Panthéon-Assas, consacré aux libéralités philanthropiques et aux fondations.

Le colloque s’est tenu en présence d’Yves Gaudemet, membre de l’Académie et Professeur émérite de Droit public à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas.

Propos introductifs par Xavier Darcos, Chancelier de l’Institut de France et président de fondations

Premier temps : LE CADRE JURIDIQUE : L’ŒUVRE PHILANTHROPIQUE, sous la présidence de Bernard Stirn, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques

  • Propos introductifs par Bernard Stirn, secrétaire perpétuel et président de fondations
  • Quelles libéralités ? par Sophie Gaudemet, Professeur à l’Université Paris-Panthéon-Assas

  • Pour quelles fondations ? par Gilles Dumont, Professeur à l’Université Paris Cité

Deuxième temps : LES RÉALISATIONS PRATIQUES, sous la présidence de Sophie Gaudemet, Professeur à l’Université Paris-Panthéon-Assas

  • Les rôles du notaire par Laurent Mazeyrie, Notaire à Paris
  • L’expérience des fondations de l’Institut de France par Diane Margerit, Chef des affaires juridiques de l’Institut de France

Questions-Réponses

Hommage de l’Académie à Georges POMPIDOU

Un hommage a été rendu par l’Académie à Georges Pompidou à l’occasion des 50 ans de sa disparition. Le président Bruno Cotte a tout d’abord rappelé l’importance d’un tel hommage tant est grand le rôle qu’a joué Georges Pompidou pour notre pays et a souligné combien le Nœud gordien, paru peu de temps avant la mort de G. Pompidou, restait d’une brûlante actualité.

Éric Roussel est ensuite intervenu pour dresser le portrait de cet homme d’État qui fut tour à tour directeur de cabinet du général de Gaulle lors de son retour au pouvoir, son Premier ministre, avant de devenir le Président de la République au mandat dramatiquement écourté.

Édouard Balladur, ancien premier ministre, a ensuite pris la parole pour évoquer celui dont il fut l’un des plus proches et fidèles collaborateurs jusqu’à ce 2 avril 1974.

Enfin, Jean-Claude Trichet est intervenu pour un témoignage plus personnel, compte-tenu des liens familiaux entretenus par son père, Jean Trichet, avec Georges Pompidou.

Le Secrétaire perpétuel, Bernard Stirn, a conclu cet hommage en évoquant encore une fois cette figure et en remerciant les orateurs et la nombreuse assemblée présente dans la grande salle des séances.

Verbatims des intervenants

Discours prononcé par Édouard Balladur

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Discours de clôture prononcé par Bernard Stirn

« Avant de clore cet hommage que notre Académie souhaitait rendre au président Georges Pompidou à l’occasion du 50-ème anniversaire de sa disparition, je voudrais adresser quelques mots de remerciement à vous tous, qui nous avez, par votre présence ou votre participation, permis d’organiser et de partager ce moment.

Je me permets d’y ajouter un souvenir personnel. En avril 1974, j’accomplissais, comme élève de l’Ecole nationale d’administration, mon stage à la préfecture de l’Aube. La nouvelle, dans la soirée du 2 avril, du décès du Président de la République a provoqué une véritable sidération -car les nouvelles sur la gravité de l’état de santé de Georges Pompidou n’étaient pas connues des préfectures. Cinquante ans après, je me revois en cette fin de journée dans le bureau du préfet, M. Michel Barbier, suivant avec stupéfaction et tristesse les évènements dont la télévision nous informait.

Merci donc à vous tous pour votre présence ce soir. Merci à mes confrères Eric Roussel pour sa riche introduction et Jean-Claude Trichet pour les émouvants souvenirs familiaux qu’il a évoqués, au travers de l’amitié qui, depuis la khâgne et l’Ecole normale supérieure, liait Georges Pompidou à son père, Jean Trichet. Et un très grand merci, Monsieur le Premier Ministre, pour le magnifique témoignage que nous avez délivré. Vos propos ont prolongé le beau livre La tragédie du pouvoir, dans lequel vous avez montré le courage de Georges Pompidou. Vous nous avez fait revivre des moments de notre histoire et nul n’était plus autorisé que vous pour honorer la mémoire du grand homme d’Etat qu’était le président Pompidou. Vous nous avez permis de mieux comprendre sa riche et forte personnalité, de mieux connaître son action, de mieux mesurer la place qu’il a occupée dans notre histoire politique. Souvent émouvant lui aussi, votre propos conduit à constater combien son inspiration demeure présente et précieuse dans le monde d’aujourd’hui, dont il avait anticipé, de manière parfois prophétique, les évolutions, les promesses et les incertitudes.

Un dernier mot pour rappeler que la semaine prochaine, jeudi 14 mars, l’Institut Georges Pompidou et le Centre Georges Pompidou organisent une journée de colloque, qui se terminera par la diffusion en avant-première d’un film intitulé Georges Pompidou, la cruauté du pouvoir, écrit pour France Télévision par Eric Roussel, Patrice Duhamel et Jean-Pierre Cottet. »

Les verbatims des discours d’Eric Roussel et de Jean-Claude Trichet seront publiés prochainement.

Réécoutez l’ensemble des interventions

Cycle d’études sur « La culture générale aujourd‘hui » dirigé par Olivier Houdé : dernière séance du GT1 autour du rôle de la langue française avec Barbara Cassin

Lundi 26 février matin, dans le cadre du cycle d’études « La culture générale aujourd’hui – une question d’éducation et de pédagogie » (2023-2025), dirigé par Olivier Houdé pour l’Académie avec le soutien de la Fondation Simone et Cino Del Duca-Institut de France, le Groupe de travail 1, « La culture générale sous toutes ses facettes », a tenu sa dernière réunion avant la rédaction de son rapport de synthèse, fort d’une soixantaine de contributions écrites reçues au fil des séances depuis le 5 juin dernier.

La séance, qui a réuni une quarantaine de personnes parmi lesquels plusieurs membres de l’Académie, s’est déroulée en présence de Bernard Stirn, Secrétaire perpétuel de l’Académie, et de Pascal Ory, membre de l’Académie française et directeur scientifique de France Mémoire.

Par un geste symbolique fort, Olivier Houdé a tenu à ce qu’elle soit intégralement consacrée à la langue française à l’occasion de l’ouverture du parcours pédagogique de la Cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts : il a rappelé que la journée de lancement du cycle d’études, le 7 mars 2023, s’était ouverte sur la présentation, par la regrettée Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française, du nouveau portail numérique interactif du Dictionnaire de l’Académie française. Parce qu’il ne peut y avoir de culture – et de culture générale – que pour des êtres ayant en partage une même langue, en l’occurrence la langue française, « entre autres », la réflexion sur la langue s’est articulée autour de l’audition de Barbara Cassin, membre de l’Académie française, dont la devise d’académicienne est « plus d’une langue ».

Elle s’est centrée sur la conscience réflexive de la langue, sous le signe de la joie, autour de la conception du parcours pédagogique de la Cité internationale auquel l’Académicienne a collaboré aux côtés de Xavier North (aussi présent), son commissaire scientifique. Cette séance s’est terminée par la formulation de premières propositions concrètes relatives à l’apprentissage de la grammaire, de la logique et de la traduction comme pédagogie, ainsi qu’au rôle appelé à jouer par la Cité internationale auprès de toutes les élèves de France, au profit de la langue française et de la culture générale.

Bilan de TESaCo dans la grande salle des séances

Daniel Andler a dressé, ce lundi 5 février devant l’Académie, le bilan des travaux du cycle d’étude TESaCo qui a pour objet d’évaluer l’impact des technologies émergentes sur la société et de réfléchir aux moyens d’en tirer le meilleur en limitant le pire. Les travaux sont menés par une équipe pluridisciplinaire présidée par Daniel Andler et composée de Stefana Broadbent, Serena Ciranna, Sonia Desmoulin-Canselier, Florian Forestier, Mehdi Khamassi et Célia Zolynski.

3 tables rondes structurent le colloque ouvert par le secrétaire perpétuel Bernard Stirn :

  • 1ère table ronde : La personne – L’individu et ses données, entre encapacitation et vulnérabilité avec Philippe Huneman, Pascal Guitton et Hubert Guillaud
  • 2ème table ronde : La cité – Les technologies émergentes dans la cité : politique, droit, éthique et intelligence avec l’académicien Jean-Claude Trichet, présidée par Stefana Broadbent à laquelle interviennent l’académicien Jean-Claude Trichet, Dominique Boullier et Florian Forestier
  • 3ème table ronde : Le cerveau – Les promesses neurotechnologiques et la question de “l’amélioration” présidée par Mehdi Khamassi, modérée par sonia desmoulin-canselier, à laquelle interviennent l’académicien Jean-François Mattei, Yves Agid et Denis Forest