Colloque « Démocratie et désinformation scientifique »

Le colloque « Démocratie et désinformation scientifique » s’est tenu ce 11 mars. Il était co-organisé avec l’association des professeurs d’Histoire-Géographie, l’Académie des sciences et l’association Parlons démocratie.

Nos interventions auprès des jeunes, partout en France et dans des centaines de classes chaque année, nous en ont convaincus : les jeunes aspirent à devenir des citoyens à part entière et ils perçoivent l’importance de la démocratie. Mais ils en connaissent mal les rouages et, bousculés par les discours hostiles et la désinformation en ligne, beaucoup en viennent à douter de la démocratie.
Au point que, pour près d’un tiers des moins de 35 ans (CESE-Ipsos 2024), la démocratie ne serait plus forcément “le meilleur système”. Il se trouve que les assauts contre la démocratie se manifestent dans un domaine que l’on aurait pu croire préservé : celui de la santé et de la science. Or, s’attaquer à la science c’est contester l’obligation de la preuve, c’est affaiblir les experts, introduire le doute, ébranler les certitudes et faciliter l’attaque de la démocratie. Et de fait, nous le constatons au fil de nos rencontres, beaucoup de jeunes apparaissent perméables à des discours insolites ou irrationnels, non fondés scientifiquement mais attirants car simples, accessibles et viraux.
Les vérités scientifiques les plus solides apparaissent alors comme de simples opinions susceptibles de débat. Les grandes découvertes médicales, telles la vaccination, sont contestées et regardées comme de simples croyances. Au point qu’aujourd’hui, déroutés par ces attaques, il n’y a plus qu’un jeune sur trois (Ifop 2023) pour estimer que « la science apporte à l’homme plus de bien que de mal ». Nous espérons, par le débat d’aujourd’hui avec des experts et leurs enseignants, donner aux élèves les outils de la réflexion et les en convaincre : la science n’est pas une opinion.

Philippe Vigouroux, directeur honoraire de CHU et membre de l’association Parlons démocratie

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Déroulé :

  • 9h30-9h50 : ouverture
  • 9h30-9h40 Mots d’accueil : Antoine TRILLER, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences et Raphaël CULLIFORD, délégué général de Parlons démocratie,
  • 9h40 – 9h50 Introduction : Agnès BUZYN ancienne ministre des solidarités et de la santé (10 min)

9h50-10h35 : Table ronde « santé »

Participants :

  • Alain FISCHER, membre de l’Académie des sciences,
  • Mathieu MOLIMARD, chef de service pharmacologie au CHU de Bordeaux,
  • Agnès BUZYN ancienne ministre des solidarités et de la santé.
  • Modération : Cécile CHALMIN, secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie.

10h-50-11h35 : Table ronde « désinformation et société »

Participants :

  • Étienne KLEIN, physicien et philosophe des sciences,
  • Laurent CORDONIER, docteur en sciences sociales et directeur de la recherche de la Fondation Descartes.
  • Modération : Cécile CHALMIN, secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie.

11h35-11h50 : Conclusion :

  • Bernard STIRN, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, et Antoine STÉPHANY, Président de Parlons démocratie.

Hommage au correspondant Thomas DE KONINCK

L’Académie a rendu hommage à Thomas De Koninck, correspondant de la section Philosophie, décédé le 16 février 2026.

Rémi Brague, doyen de la section Philosophie, a rappelé, avant de retracer le parcours académique de Thomas De Koninck, que la légende voulait que Thomas De Koninck ait inspiré le personnage du « Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry, ami de son père, Charles De Koninck.

Élu correspondant de la section Philosophie le 30 septembre 2019, Thomas De Koninck était né en Belgique en 1934 avant de s’établir au Québec. Rhodes Scholar à Oxford et boursier Humboldt à Berlin, il a consacré l’essentiel de sa carrière à l’Université Laval, où il a enseigné à la Faculté de philosophie de 1964 à 2015, jusqu’à son éméritat en 2015.

Professeur dévoué, il laisse une œuvre riche de cent cinquante articles et de plusieurs essais notamment sur Aristote, la dignité humaine et la philosophie de l’éducation, traduits dans de nombreuses langues. Son parcours académique a été largement reconnu : président de l’Association canadienne de philosophie et membre de la Société Royale du Canada depuis 2002, il fut également honoré en France en 1996 par le prix La Bruyère de l’Académie française et le grade de chevalier des Palmes académiques.

Deux recueils de mélanges témoignent de l’empreinte qu’il laisse dans le monde intellectuel. L’Académie salue la mémoire d’un confrère dont les travaux et la carrière honorent notre compagnie.

Une minute de silence a été observée en sa mémoire.

Journée d’hommage à René Cassin (1887-1976)

L’Académie des sciences morales et politiques, le Conseil d’Etat, la Cour européenne des droits de l’homme et la Fondation René Cassin organisaient, ce vendredi 20 février 2026, une journée d’hommage pour commémorer les 50 ans de sa disparition.

Déroulé et discours prononcés

  • Nicole Questiaux, Présidente de section honoraire du Conseil d’Etat

14h30 – 15h30 René Cassin face à l’Histoire – sous la présidence de Xavier Darcos, Chancelier de l’Institut de France.

15h30 – 16h30 René Cassin dans son temps – sous la présidence de Philippe Etienne, Ambassadeur de France

  • Le progrès des droits de l’homme : Isabelle Rome, Ambassadrice aux droits de l’homme

16h30 – 17h00 Pause

17h00 – 17h45 René Cassin et l’État de Droit – sous la présidence de Laurence Burgorgue Larsen, Professeure à l’Université Panthéon-Sorbonne.

  • René Cassin, Vice-Président du Conseil d’Etat : Didier Tabuteau, Vice-Président du Conseil d’Etat

  • René Cassin, Président de la Cour européenne des droits de l’homme : Mattias Guyomar, Président de la Cour européenne des droits de l’homme

  • Intervention d’Éleonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger

  • René Cassin et les Archives, les chantiers à venir : Martine de Boisdeffre, Présidente de section honoraire au Conseil d’Etat

  • L’héritage intellectuel et moral : l’Institut international des droits de l’homme, Sébastien Touzé, Directeur de la Fondation René Cassin

  • L’éducation aux droits de l’homme et la culture de la paix : Audrey Azoulay, Ancienne Directrice générale de l’UNESCO

Intervention liée

Réunion du jury du concours Solon

Le jury du concours Solon s’est réuni ce lundi 16 février sous la présidence de l’académicien Yves GAUDEMET et le pilotage de Pierre TARRADE. Il était composé de :

  • Pierre DELVOLVE, membre de l’Académie,
  • Louis VOGEL, membre de l’Académie,
  • Jean GASTE, président du Congrès,
  • Stéphane DAVID, rapporteur général,
  • Etienne CASIMIR, rapporteur de synthèse,
  • Christophe VERNIERE, rapporteur de synthèse du prochain congrès,
  • Véronique DEJEAN de LA BATIE, corapporteur de la proposition objet de l’épreuve,
  • Bérengère CUNEY, corapporteur de la proposition objet de l’épreuve.

Les candidats ont travaillé cette année sur la proposition du 121e Congrès des Notaires de France intitulée « La déclaration de beau-parentalité ».

Le Congrès des Notaires a en effet proposé de « créer une déclaration de beau parentalité notariée, facultative, liant l’enfant et le conjoint marié ou partenaire pacsé de son père ou sa mère. Etablie pendant la minorité de l’enfant, elle prendrait la forme d’un acte unilatéral produisant des effets limités. Réitérée, ou signée à la majorité de l’enfant, elle prendrait la forme d’un acte bilatéral de déclaration produisant des effets plus étendus » et d’insérer ce nouveau dispositif dans un « titre IX bis à créer au sein du livre premier du Code civil intitulé « Des personnes ». »

Les candidats ont eu pour mission de « rédiger les dispositions relatives aux conséquences de la dissolution du lien entre le parent biologique et le beau-parent sur les effets de la déclaration de beau-parentalité ».

Rencontre avec Maurizio SERRA et Emmanuel MATTIATO, autour du Quarto Gallimard sur Malaparte

Maurizio Serra de l’Académie française et correspondant de l’Académie des Sciences morales et politiques et Emmanuel Mattiato échangeront, ce jeudi 19 février de 18h à 19h à l’Institut de France au salon Bonnefous autour d’une présentation du recueil d’œuvres choisies de Curzio Malaparte, Exils organisée par la Librairie de l’Institut.

Voix majeure de la littérature italienne du XXe siècle, Curzio Malaparte reste un écrivain difficilement saisissable. Son œuvre souffre trop souvent de l’image sulfureuse et non-conformiste de l’auteur, intellectuel opportuniste ou prophète de la chute de l’Europe. Pourtant, ses romans emblématiques (Kaputt, La Peau) ou ses récits de guerre marquent le lecteur par leur force et leur lucidité.
À l’occasion de la sortie du Quarto Gallimard rassemblant ses œuvres, Exils, Maurizio Serra, de l’Académie française, et Emmanuel Mattiato nous proposent un dialogue autour de l’œuvre et de la vie de l’écrivain.

Inscription gratuite et obligatoire ➡️ https://www.eventbrite.fr/e/curzio-malaparte-exils-uvres-choisies-tickets-1981926846550

Discussion avec Philippe ÉTIENNE autour de son dernier ouvrage « Le sherpa »

A l’initiative de l’Académie et de la Librairie de l’Institut, le président Jean-David Levitte et l’ambassadeur Philippe Etienne ont échangé autour de son livre Le Sherpa : Mémoires d’un diplomate aux avant-postes de l’Histoire (ed. Tallandier). De l’Europe centrale jusqu’à Washington, où il a fait l’expérience de l’Amérique de Trump, en passant par Berlin et Moscou, où il a assisté à l’effondrement de l’URSS, le diplomate a été durant quarante ans aux avant-postes de l’Histoire.

Les candidatures aux prix 2026 de la Fondation Ius & Politia sont ouvertures

La Fondation Ius & Politia souhaite encourager l’activité des facultés de droit et de science politique. Dans cette perspective, avec le soutien du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI), la Fondation décerne chaque année, depuis 2023, deux prix d’un montant de 5 000 € chacun.

Le Prix de l’Innovation vise à récompenser une initiative pédagogique ou institutionnelle remarquable. Toutes les dimensions de la vie pédagogique et institutionnelle des facultés de droit et de science politique sont susceptibles d’être récompensées. Cette « innovation » aura été constatée dans le courant de l’année civile précédant l’appel à candidature.

Le Prix de la Recherche est destiné à récompenser une œuvre écrite (article de doctrine, ouvrage ou tout autre type de travail scientifique) dans le domaine du droit ou de la science politique. L’œuvre aura été publiée dans le courant de l’année civile précédant l’appel à candidature.

Les deux Prix sont décernés par un jury émané du Conseil scientifique de la Fondation Ius & Politia et complété par un représentant du MESRI.

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 avril 2026 prochain.

Découvrez les lauréats des prix 2025

Accueil de SAR le Prince El Hassan bin Talal de Jordanie

Le bureau de l’Académie ainsi que de nombreux académiciens ont accueilli SAR le Prince El Hassan bin Talal de Jordanie, membre associé étranger de l’Académie. Élu le 4 février 2008 au fauteuil précédemment occupé par Ronald Reagan, SAR le Prince El Hassan bin Talal a été reçu le 16 juin 2008 sous la coupole, par Thierry de Montbrial.

Dans son intervention, S.A.R. bin Talal de Jordanie alerte sur la dégradation du statu quo historique à Jérusalem, où l’instrumentalisation politique du religieux menace la coexistence des communautés et la liberté de culte. Il critique une conception transactionnelle de la paix, déconnectée de toute responsabilité morale, et appelle à un idéalisme constructif fondé sur la dignité humaine, le droit international et les droits des peuples. Évoquant la situation palestinienne, notamment à Gaza, il dénonce une destruction systémique des sociétés et des écosystèmes. Jérusalem devient ainsi le révélateur d’un désordre mondial marqué par le retour du rapport de force. Le Prince appelle à préserver l’esprit de Jérusalem comme pratique exigeante de coexistence, condition d’une paix juste et durable, s’inscrivant dans la solution des deux États.

Après son intervention, SAR le Prince El Hassan bin Talal de Jordanie a répondu aux questions et observations de A. Vacheron, L. Ravel, L. Bély, M. Bastid-Bruguière et B. Stirn.

Hommage à Ismaïl KADARÉ

Notre Académie, aux côtés de l’Académie française et de l’Ambassade d’Albanie en France, a commémoré l’écrivain d’exception albanais Ismaïl Kadaré le jeudi 29 janvier dernier en grande salle des séances. Jean-David Levitte, Bernard Stirn, Danièle Sallenave et l’ambassadeur d’Albanie à Paris Dritan Tola lui ont tour à tour rendu hommage.

Après des études littéraires à l’Institut Gorki de Moscou grâce à l’obtention d’une bourse universitaire, il a collaboré à la revue littéraire Drita de 1960 à 1965 puis a dirigé la revue Les Lettres albanaises, paraissant simultanément en albanais et en français. En 1970, il a été nommé député à l’Assemblée populaire albanaise. Prenant ses distances avec la dictature dont il devient un pourfendeur majeur, il a publié des écrits subversifs condamnés par le pouvoir et s’installe à Paris. Il a été élu correspondant au sein de notre compagnie dans la section Histoire et Géographie en 1989 en remplacement de Jean Marchand et a demandé l’asile en France en 1990 avant d’être élu, le 6 mai 1996, membre associé étranger au fauteuil n°7 laissé vacant par le décès de Karl Popper. Lauréat de nombreux prix prestigieux, dont le Man Booker International en 2005 et le prix Prince des Asturies en 2009, il a su capter l’âme de son pays à travers des romans teintés de critiques envers le régime totalitaire, tels que « Le Général de l’armée morte » et « Chronique de la ville de pierre » jusqu’à son décès le 1er juillet 2024.

 

Présentation de l’ouvrage « Souvenirs du Quai d’Orsay : Hippolyte DESPREZ » d’Yves BRULEY

L’Académie, la Librairie de l’Institut et la Direction des Archives du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ont organisé, ce lundi 26 janvier au salon Bonnefous, une présentation de l’ouvrage Souvenirs du Quai d’Orsay : Hippolyte Desprez publié par le correspondant de l’Académie Yves Bruley en présence du président Jean-David Levitte, de l’académicien Georges-Henri Soutou, du directeur des archives diplomatiques Vincent Braconnay et du correspondant de l’Académie Laurent Stefanini.

La parution de ce livre est un événement longtemps attendu par tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la diplomatie française, en particulier à cette période controversée que fut le Second Empire. Au cours d’une carrière de près de trente ans au Quai d’Orsay (1852-1880), le diplomate Hippolyte Desprez a occupé le poste le plus élevé, celui de directeur politique, à une époque où il n’existe ni secrétaire général, ni directeur de cabinet.
Resté inédit, le manuscrit original de ses Souvenirs est aujourd’hui édité par la Direction des archives diplomatiques en coédition avec le CTHS, et par l’historien Yves Bruley. Ce témoignage est d’un intérêt exceptionnel pour
l’histoire des relations internationales au XIXe siècle. Il couvre tout le règne de Napoléon III, la guerre de 1870 et l’avènement de la République, que ces Souvenirs du Quai d’Orsay éclairent d’un jour nouveau.