Matinée autour de Maurizio SERRA

Matinée autour de Maurizio Serra, de l’Académie française, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques

Les académiciens se sont réunis en petite salle des séances pour entendre Maurizio Serra évoquer son livre Munich 1938. La paix impossible (Perrin, 2024) et débattre avec lui de ce moment historique dont les échos sont forts avec l’actualité d’aujourd’hui, même si des différences de contexte doivent être soulignées. Après avoir présenté Maurizio Serra, correspondant de la section Générale depuis 2008, élu à l’Académie française en 2020, le président Jean-Robert Pitte lui donne la parole. Un débat s’ensuit avec les académiciens, d’abord sur les aspects historiques puis sur le rapport avec l’actualité. Maurizio Serra échange ainsi avec Th. de Montbrial, S. Sur, H. Gaymard, Pierre Buhler, ancien ambassadeur de France en Pologne, Robert Kopp, J.R. Pitte, P. Delvolvé, M. Bastid-Bruguière, J.D. Levitte.

Accueil de l’ambassadrice du Royaume de Jordanie à l’Académie

Le secrétaire perpétuel Bernard Stirn et le vice-président de l’Académie Jean-David Levitte ont accueilli à l’Académie l’ambassadrice de Jordanie en France, son excellence Leena Al Hadeed, à l’occasion du tournage de l’émission « Echoes of Jordan in the Heart of Paris » pour la télévision publique jordanienne.

Ils ont répondu aux questions des journalistes jordaniens Randa Karadsheh et Hazem Jameel Ali Rahahleh de la télévision publique du royaume hachémite à l’occasion de leur déplacement à Paris et ont pu leur faire découvrir l’Institut de France, son histoire et son fonctionnement, ainsi que notre Académie dont est membre associé depuis 2008 S.A.R. le prince El Hassan Bin Talal, oncle de S.A.R. le roi Abdallah II.

Reportage complet

Colloque en hommage au Général Michel Forget « La France face aux enjeux de l’aviation militaire »

Ce lundi 31 mars était organisé un colloque en hommage au général (2 S) de corps aérien Michel Forget, correspondant de l’Académie élu le 26 octobre 1998 dans la section générale, et décédé en 2020. La conférence s’est tenue, à l’initiative de Benoit Lopez, maître de conférence, et en présence du président Jean-Robert Pitte, du secrétaire perpétuel Bernard Stirn, des académiciens Jean-Claude Casanova, André Vacheron, Haïm Korsia, Yves Gaudemet et Lucien Bély, d’Emmanuel Maury, correspondant de l’Académie qui occupe la place laissée vacante par le décès du Général Forget, du Général Le Saint et d’une quinzaine d’élèves officiers à l’École de l’air et de l’espace de Salon de Provence.

Né le 4 mai 1927, il a fait une carrière complète d’officier pilote de chasse. Il a notamment commandé la première opération extérieure mettant en œuvre des avions de combat à réaction modernes et, de 1979 à 1983, a été à la tête de la Force aérienne tactique (FATac). Mis en congé du personnel navigant en 1986, il quitte le service actif pour se consacrer à des études sur la défense, la stratégie et le fait aérien. Il est l’auteur de 6 ouvrages, parmi lesquels on retiendra Puissance aérienne et stratégies (2001), Notre défense dans un monde en crise (2006), Nos forces aériennes en OPEX : un demi-siècle d’interventions extérieures (2013) et Nos armées au temps de la Ve République (2016). À l’Académie, il présidait depuis 2007 le jury du Prix Edmond Freville – Pierre Messmer, couronnant des ouvrages consacrés à la stratégie militaire.

La France face aux enjeux de l’aviation militaire
Hommage au général Michel Forget

Présentation de la Conférence: La pensée du général Forget s’est déployée dans de nombreux domaines et sa contribution offre un terreau remarquable pour concevoir l’avenir des forces armées en général et singulièrement celui des forces aérospatiales. À ce titre, plusieurs disciplines et champs de la recherche scientifique peuvent en tirer parti tant pour le rôle clé que le général a connu dans les débats sur la pensée stratégique française que pour la diversité des sujets qu’il a abordée. Dans cette logique trois disciplines au confluent de ses réflexions et despréoccupations de l’Académie ont été retenues : l’histoire, la science politique et le droit.

Le Général Michel Forget

Un itinéraire militaire et intellectuel

Afin d’expliciter l’originalité de la pensée et du positionnement pour l’armée de l’air et de l’espace des écrits du général Forget il convient de revenir sur quelques jalons de son parcours. Ce dernier prend la plume principalement à partir de 1983 avec ses premières contributions à la Revue Défense Nationale et à la suite d’une carrière d’active qu’il achèvera comme général de corps aérien. La richesse de son parcours ayant indéniablement joué un rôle dans la cristallisation de certaines de ses idées et largement irrigué les analyses qu’il produira il convient d’y revenir brièvement à travers quelques dates clés.
Il intègre l’École de l’air le 28 octobre 1946, comme élève-officier du corps des officiers de l’air (promotion Antoine de Saint-Exupéry), et sera un peu moins d’une décennie plus tard promu capitaine le 1er janvier 1955. Il est alors nommé commandant en second de l’Escadron II/4 La Fayette puis en décembre de la même année il prendra le commandement de !’Escadron 1/4 Dauphiné toujours à Bremgarten. En janvier 1958, il est affecté en Algérie comme second du poste de commandement Air 10/540 à Batna avant dès l’année suivante de rejoindre l’État major interarmées commandé par le général Challe à Alger. Pendant son séjour, il totalisera 673 heures de vol en 345 missions de maintien de l’ordre sur plusieurs types d’avions et obtiendra la croix de la Valeur militaire avec palme. Il a donc une expérience de première main de ces territoires et du rôle qu’y a joué l’armée française jusqu’à son départ en 1960 pour la BA 102 de Dijon où il devient chef des opérations de la 2e Escadre de chasse, volant sur le tout nouveau Mirage IIIC.

Les élèves-officiers de l’Ecole de l’Air et de l’Espace (qu’a fréquentée le Général Forget) étaient présents ce lundi. Au premier plan : Benoit LOPEZ et Jean-Patrice LE SAINT

Dans un autre registre, sa pensée stratégique se développera également à l’occasion de l’année qu’il passe de 1968 à 1969 comme chef du bureau « Prospective et études » de l ‘État-major de l’ Armée de l’air (1968-1969). Par la suite, son poste comme chef du cabinet militaire du ministre de la Défense, Yvon Bourges, durant un peu plus d’un an lui aura probablement donné un regard particulier sur les grands enjeux de la politique de défense française. Pour ne prendre qu’un exemple, le Président Valéry Giscard d’Estaing a voulu donner une impulsion nouvelle à la politique de défense à la faveur de la loi de programmation militaire 1977-1982. Celle-ci fut adoptée en juin 1976, et va aboutir à une augmentation des crédits d’équipement des armées. En tant que chef du cabinet militaire du Ministre il a ainsi été un témoin privilégié de la mécanique des arbitrages financiers et de la rédaction de l’exposé des motifs et la loi.

La fin de sa carrière sera marquée par plusieurs commandements aux enjeux stratégiques conséquents. De novembre 1977 à février 1978, il prend ainsi les fonctions de commandant interarmées des forces françaises engagées dans l’opération Lamantin en Mauritanie. Élevé ensuite au rang et à l’appellation de général de corps aérien en novembre 1978, il exercera le commandement de la FATAC 1ère RA de février 1979 à mai 1983.

Enfin en 1998 il est élu correspondant de l’Académie des Sciences morales et politiques, au sein de la section générale, au fauteuil de l’historien américain Nicholas Wahl.

Dans sa pensée, le général Forget traduit d’abord un attachement à décrire la dimension aérienne dans les conflits armés. Cependant on ne saurait le cantonner à un rôle de grand témoin. Au contraire, il n’hésitera pas à aborder la place de la France sur la scène internationale et sa politique de défense au fil de ses écrits. Quelques exemples permettent de souligner le rôle qu’il
a su jouer dans les grands débats des dernières décennies.
Ainsi, dans les années 1980, il dénoncera dans « Vaincre … les illusions » l’idée de sanctuarisation élargie pourtant initialement reprise par Valéry Giscard D’Estaing. L’idée était alors d’étendre la garantie nucléaire stratégique française à tout ou partie de l’Europe occidentale. Si le Président finira par revenir sur sa position au profit d’une approche nationale, ce débat refait surface aujourd’hui avec le potentiel renforcement d’une Europe de la Défense.

De même, à la fin du XXe siècle, la publication de deux documents de références : Le livre blanc sur la Défense en 1994 et le concept d’emploi des forces de 1997 vont traiter des enjeux militaires futurs pour le continent. À cette occasion ces productions officielles jugeaient peu vraisemblable le retour d’un conflit de haute intensité en Europe. Outre la résonnance toute particulière que trouve cette question aujourd’hui avec l’Ukraine on signalera surtout qu’en 1998, dans son article « Capacités de nos forces et sixième scénario », le Général Forget proposera un discours critique sur ce sujet. Ce dernier en partant du cas de 1938, alertera sur la difficulté et surtout la lenteur d’une remontée en puissance de l’outil militaire laquelle implique à la fois une augmentation de l’équipement, mais aussi la formation des soldats.

Dans la continuité, il exprimera dans son livre « Nos forces aériennes en Opex, un demi-siècle d’opérations extérieures» l’insuffisante prise en compte pour les opérations extérieures des expériences passées. Il fustigera notamment l’occultation imposée de l’expérience algérienne et du plan Challe, dont il a naturellement été l’un des artisans.

La conférence s’est tenue en plusieurs temps :

  • Ouverture par le Général de brigade aérienne Jean-Patrice Le Saint, directeur du Centre d’études stratégiques aérospatiales
  • Le général Forget et la Guerre d’Algérie (15 min)
    • Par le capitaine Guillaume Muller, enseignant-chercheur au Centre de recherche de l’École de l’Air
  • Le général Forget, les armées françaises et la Ve République (15 min)
    • Par le capitaine Yves Auffret, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’École Militaire
  • Le général Forget, la guerre électronique et l’ambition du législateur pour 2030 (15 min)
    • Par M. Benoît Lopez, maître de conférences détaché au Centre de recherche de l’École de l’Air

Bibliographie indicative autour des thématiques de la conférence :

Ouvrages:

  • Guerre froide et guerre d’Algérie (préface de Pierre Messmer), Économica, 2002.
  • Nos forces aériennes en Opex, un demi-siècle d’opérations extérieures, Économica, 2013 ; 195 pages
  • Nos Armées au temps de la Ve République, Économica, 2016.

Articles:

  • « Le changement dans la troisième dimension », Défense nationale n° 455, juin 1985, p. 31-40
  • « Vaincre … les illusions», Défense nationale n° 458, octobre 1985, p. 11-26.
  • « La dissuasion: un concept galvaudé», Défense nationale n° 570, décembre 1995, p. 7-13.
  • « Capacités de nos forces et sixième scénario», Défense Nationale, juillet 1998, p. 30-37.
  • «Laguerre électronique dans les unités de combat de l’Armée de l’air, 1950-1980 » in La Guerre électronique en France au XXe siècle (actes de colloque}, Comité pour l’histoire de l’armement,
  • Association Guerrelec, Centre d’études d’histoire de la Défense, 2000, p. 73-83.

Présentation du dernier numéro de la Revue des juristes de Sciences Po consacré à l’élection présidentielle américaine de 2024

Notre Académie a accueilli, ce lundi 3 mars 2025, les contributeurs du dernier numéro de la revue des Juristes de Sciences Po en grande salle des séances en présence du directeur de Sciences Po Luis Vassy et du doyen de son Ecole de droit Sébastien Pimont. Les contributions du numéro ont été réalisées par des étudiants de l’IEP et par des juristes professionnels (universitaires, avocats…).

Ce numéro était consacré à l’élection présidentielle américaine de 2024 et sa direction scientifique était assurée par le vice-président de l’Académie Jean-David Levitte, ancien sherpa des présidents Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy et ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis. Le comité scientifique de la revue est présidé par le secrétaire perpétuel Bernard Stirn.

Revivez la conférence

Introduction par Bernard STIRN et Jean-David LEVITTE

Intervention de Diva JAIN et Martha ROSENTAL, co-rédactrices en chef, sur le processus d’élaboration du numéro

Tables rondes

De gauche à droite : Maksens Djabali, Julien Boudon et Christophe Fabre

Intervention de Julien BOUDON, Professeur agrégé des Facultés de droit public à l’Université Paris Saclay et directeur délégué général de la Fondation Ius & Politia

Intervention de Christophe FABRE, Avocat au Barreau de Paris et conseil auprès de la Cour pénale internationale

Intervention de Maksens DJABALI, étudiant en master à l’école de droit de Sciences Po et membre du Comité de rédaction de la revue

Echanges avec le public

Les travaux académiques nourrissent la réflexion des étudiants

Le secrétaire perpétuel Bernard Stirn et le Grand-rabbin Haïm Korsia ont accueilli, ce lundi 10 février sous la coupole, une trentaine d’étudiants de l’Institut Supérieur du Management Public et Politique (ISMaPP). Entre septembre et décembre 2024, les étudiants de première année ont participé, chaque lundi après-midi, aux séances consacrées en 2024 au thème de la justice sous la présidence de Bruno Cotte, aux côtés de lycéens de terminale de l’Académie de Versailles inscrits au sein de l’option Droit et grands enjeux du monde contemporaine (DGEMC).

En proposant des séances ouvertes à tous, nous faisons le choix de nous engager activement pour l’accès à la culture et aux savoirs des scolaires, des étudiants, mais aussi de publics de tous âges qui assistent chaque semaine à nos communications. Dans l’objectif de créer des ponts entre le monde académique et le monde de la recherche, nous proposons des initiatives variées (Académiciens en Sorbonne, Nuit du droit, séances publiques, groupes de travail, colloques) et publions chaque semaine des contenus pour rendre les savoirs accessibles, stimuler l’esprit critique et encourager la curiosité intellectuelle.

Lieu d’échanges et de découvertes au carrefour des idées, notre Académie est profondément engagée dans la construction de leur avenir professionnel et citoyen.

Accueil de la dernière promotion d’auditeurs au Conseil d’État

Bernard Stirn a accueilli, ce mardi 28 janvier à l’Institut, la plus récente promotion d’auditeurs entrés au Conseil d’Etat en présence de Cécile Vaullerin, secrétaire générale adjointe du Conseil d’Etat et d’Edouard Geffray, le parrain de cette promotion.

Le secrétaire perpétuel a pu leur présenter l’Académie des Sciences morales et politiques et l’Institut de France et leur faire découvrir leur histoire et leur fonctionnement.

Découverte des collections de la Société de Géographie à la Bibliothèque nationale de France

Lundi 13 janvier matin, les membres de l’Académie étaient conviés à l’invitation de Jean-Robert Pitte, Président de l’Académie et Président de la Société de Géographie, à découvrir les collections de la Société de Géographie, conservées en dépôt au Département des Cartes et Plans de la Bibliothèque nationale de France. Ces collections, constituées de nombreuses cartes (portulans, cartes de Cassini…) mais aussi de plans, de photographies d’expéditions, de carnets de voyage ou encore de globes, ont été confiées en 1942 à la BnF par la Société de Géographie. Une grande partie du fonds provient de la bibliothèque de Roland Bonaparte, président de la Société de Géographie de 1910 à sa mort en 1924, également membre de l’académie des Sciences. Sa fille Marie Bonaparte légua la partie géographique de sa bibliothèque à la Société de Géographie.

Les académiciens ont tout d’abord été reçus par Gilles Pécout, président de la BnF, et ont pu visiter notamment « la salle Ovale », salle emblématique du site Richelieu de la BnF, anciennement dévolue aux périodiques et devenue, depuis les travaux de restauration, une salle de lecture ouverte au grand public, et notamment aux jeunes avec une collection de bandes dessinées en accès libre. Puis Eve Netchine, conservatrice et directrice du département des Cartes et Plans, et Olivier Loiseaux, conservateur au département des Cartes et Plans, ont présenté aux académiciens quelques-uns des trésors des collections de la Société de Géographie, notamment un portulan du XVIème siècle, un « fac-similé original » du premier globe réalisé en 1492 ou encore le carnet de voyage dans le Sahara de Charles de Foucauld.

Les jeunes déclament sous la Coupole

Dans le cadre du dispositif « Graine d’orateur » soutenu par la Fondation pour l’Ecriture que nous abritons, l’académicien et professeur émérite de littérature comparée Pierre Brunel a accueilli, ce samedi 11 janvier, une trentaine de jeunes venus de toute la France, métropolitaine et d’outre-mer. Ils se sont exercés à la déclamation sous la coupole après avoir été sélectionnés pour leur talent oratoire. Cet entraînement était suivi du tournage de l’émission « J’aime à dire » qui sera diffusée dans les prochaines semaines sur la chaîne de télévision France 4.

Les participants étaient notamment accompagnés de Charles Autheman, fondateur de la Fondation pour l’Ecriture, de Nilou Soyeux, déléguée Générale de la Fondation Engagement Medias pour les Jeunes de France Télévisions et de Sarah Nicole, présidente de Graine d’orateur 93.

Remise des prix aux lauréats de l’année 2024

Le Bureau de l’Académie a remis, ce lundi 18 novembre 2024, les prix de l’Académie et de ses fondations aux lauréats.

Discours du vice-président Jean-Robert PITTE présentant les lauréats des prix de l’Académie pour l’année 2024

La tradition de notre Académie prévoit que soit proclamé sous la Coupole de l’Institut de France, au cours de la séance solennelle de rentrée académique, le palmarès des prix, bourses et médailles qu’elle a attribués au cours de l’année.

Nous avons donc, une fois encore, mené la mission qui a été confiée à l’Institut national par sa loi de fondation du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795) signée par Pierre Daunou.

Je cite son article 1er : « suivre les travaux scientifiques et littéraires qui auront pour objet l’utilité générale et la gloire de la République ».

Et cela, avec le concours et la générosité des particuliers et associations qui ont créé, par dons ou par legs, des fondations abritées au sein de notre Académie. Qu’ils en soient remerciés.

Qu’il me soit également permis de remercier mes confrères qui, regroupés en Sections et jurys particuliers, ont lu et examiné les œuvres et les dossiers qui leur étaient présentés ; ils ont retenu ceux qui leur paraissaient convenir le mieux aux objectifs de nos prix. Puis, l’Académie, après délibération, a ratifié ces choix.

À travers nos lauréats, cette cérémonie se veut ainsi une célébration de l’excellence et elle montre combien les talents sont nombreux en sciences humaines.

La lecture de ce palmarès devrait intervenir après le discours de notre président sur l’année qui vient de s’écouler Je vais donc reprendre la lecture du palmarès proposé par chacune des six Sections de notre académie en appelant tour à tour chacun des lauréats.

Cet exercice, qui pourrait apparaître fastidieux, est en réalité un moment joyeux puisqu’il permet de saluer ces lauréats et de leur toute dire notre admiration. En effet, après lecture des prix décernés par chaque Section, ils voudront bien se lever à l’appel de leur nom afin que nous puissions les applaudir.

Pour la Section Philosophie :

– Le Prix Dagnan-Bouveret est attribué au magazine Sciences Humaines & au Philosophie magazine pour leur diffusion, auprès du grand public et des étudiants, des recherches en sciences humaines et sociales, particulièrement en psychologie et philosophie.

Mention spéciale pour Héloïse Lhérété, et Martine Fournier, respectivement directrice de rédaction et journaliste de Sciences Humaines.

Mention spéciale pour Martin Legros et Michel Eltchaninoff, rédacteurs en chefs de Philosophie magazine.

J’invite les lauréats à se lever pour que nous puissions les applaudir.

Pour la Section Morale et sociologie :

Le Prix Émile Girardeau récompense un ouvrage ou un mémoire ayant trait aux sciences économiques ou à la sociologie. Il est attribué à Laurent Bègue-Shankland pour son ouvrage Face aux animaux. Nos émotions, nos préjugés, nos  ambivalences paru aux éditions Odile Jacob, 2022, 352 p.

– Le Prix Vigné d’Octon est attribué à Constance Rivière pour son ouvrage La vie des ombres paru aux Éditions Stock, 2023, 270 p.

 Je demande aux lauréats de se lever sous nos applaudissements. 

Pour la Section Législation, droit public et jurisprudence :

– Le Prix Charles Aubert-Droit est distribué chaque année à un juriste. Il est attribué à Julien Jeanneney pour son ouvrage Une fièvre américaine. Choisir les juges de la Cour suprême paru aux éditions CNRS, 2024, 392 p.

– Le Prix Edouard Bonnefous de l’Académie des sciences morales et politiques en Droit pour 2024 est attribué à Daniel Gutman

– Le Prix Choucri Cardahi récompense l’auteur d’un ouvrage ou d’une œuvre dans son ensemble, ayant traité un sujet de droit international, de philosophie du droit ou de morale. Il est attribué à Gaël Piette pour son ouvrage Traité de droit maritime paru aux Editions A.Pedone, 2023, 918 p.

– Le Prix Lucien Dupont récompense toute personne qui, par une action quelconque, aura contribué ou tendu à contribuer à la suppression des sujétions ou formalités inutiles de caractère administratif ou judiciaire qui compliquent la vie des citoyens. Il est attribué à Simon Porcher pour son ouvrage La fin de l’eau paru aux éditions Fayard, 2024, 306 p.

– Le Prix Francis Durieux récompense des ouvrages utiles aux praticiens du droit, favorisant la mise à disposition de tous des ressources juridiques. Il est attribué à Suzanne Lequette pour son ouvrage Droit du numérique paru aux éditions Lextenso, 2024, 854 p.

– Le Prix Henri Texier I subventionne toute action pratique et efficace de défense de la liberté individuelle et du droit de propriété. Il est attribué à Camille Aynès pour son ouvrage La privation des droits civiques et politiques – L’apport du droit pénal à une théorie de la citoyenneté paru aux éditions Dalloz, 2022, 514 p.

J’appelle Mesdames et Messieurs  les lauréats à se lever sous nos applaudissements.

Pour la Section Économie politique, statistique et finances :

Le Prix Luc Durand-Réville récompense un travail relatif à l’aide de la France ou de l’Europe au profit du développement économique du tiers-monde, qu’il s’agisse d’un travail intellectuel ou d’une action pratique précise. Il est décerné à Pierre-Noël Giraud pour son ouvrage Du pain et des jeux. Une économie politique des usages du temps paru aux éditions Odile Jacob, 2024, 480 p.

Le Prix Grammaticakis-Neumann est attribué à Anton Brender pour son ouvrage Les démocraties face au capitalisme. Le prix de la vie des hommes paru aux éditions Odile Jacob, 2024, 172 p.

– Le Prix Guido et Maruccia Zerilli-Marimo est destiné à une œuvre qui met en valeur le rôle de l’économie libérale dans le progrès des sociétés et l’avenir de l’homme. Il est attribué à Jacques Mistral pour son œuvre publiée.

J’invite tous les lauréats à se lever et l’auditoire à les applaudir.

Pour la Section Histoire-Géographie :

–Le Prix Charles Aubert – Histoire remis chaque année à un historien est décerné aujourd’hui à Jacques Frémeaux pour l’ensemble de son œuvre.

– Le Prix Maurice Baumont   récompense une étude historique, de préférence consacrée à l’histoire contemporaine de l’Allemagne et du monde germanique.est attribué à Michèle Cointet pour son ouvrage La République assassinée – mars-juillet 1940 paru aux éditions Bouquins, 2023, 333 p.

– Le Prix Madeleine Laurain-Portemer porte sur un ouvrage consacré à l’Histoire des Temps moderne (1492-1789).  Il est attribué à Mireille Touzery pour son ouvrage Payer pour le roi. La fiscalité monarchique (1302-1792) paru aux éditions Champ Vallon, 2024, 1 372 p.

– Le Prix Jean Sainteny est attribué à François Joyaux pour son ouvrage Duy Tan – Un empereur dans la France libre paru aux éditions Perrin, 2023, 336 p.

– Le Prix Mauguin récompense l’auteur d’une publication érudite relative à Napoléon Bonaparte ou à l’époque napoléonienne. Il  est attribué à Ahmed Youssef pour son ouvrage Bonabarta. Napoléon, une passion arabe ? paru aux éditions Passés Composés, 2024, 160 p.

– Le Prix Henri Texier récompense une œuvre de défense de la beauté de la France. II est attribué à Bertrand Lemoine pour son ouvrage Une histoire des gares en France paru aux éditions Archibook, 2022, 402 p.

J’invite les lauréats à se lever et je vous invite à faire retentir les applaudissements qui leur reviennent aujourd’hui.

Pour la Section Générale :

– Le Prix Corbay récompense la personne qui  produit l’œuvre la plus utile dans l’ordre des sciences, des arts, des lois, de l’agriculture, de l’industrie ou du commerce. Il est attribué à David Colon pour son ouvrage La guerre de l’information. Les États à la conquête de nos esprits paru aux éditions Éditions Tallandier, 2023, 480 p.

Le Prix Ernest Lémonon est destiné à un ouvrage français traitant de politique étrangère contemporaine ou de questions économiques ou sociales contemporaines, françaises ou étrangères. Il est décerné à Antonio Scurati pour ses ouvrages M, L’enfant du siècle, M, L’homme de la providence, M, Les derniers jours de l’Europe (3 volumes) paru aux Editions Les Arenes, 2023

Le Prix Louis Marin récompense une œuvre de sciences humaines. Il est attribué à Eric Branca pour son ouvrage L’aigle et le léopard. Les liaisons dangereuses entre l’Angleterre et le IIIème Reich paru aux Editions Perrin, 2023, 432 p.

Je remercie ces lauréats de se lever pour recevoir nos applaudissements

Divers prix, poursuivant des objectifs plus particuliers, sont également attribués sur proposition de commissions spécifiques :

– Le Prix Edmond Fréville – Pierre Messmer distingue des travaux portant sur les questions militaires et stratégiques , il est attribué au Général François Lecointre pour son ouvrage Entre guerres paru aux Editions Gallimard, 2024, 128 p.

– Le Prix Pierre-Georges Castex de littérature française est attribué à William Marx pour l’ensemble de son œuvre

–Le Prix Bernard Destremau a été créé par notre défunt confrère, ancien champion de tennis et diplomate, afin de couronner un athlète de haut niveau qui concilie sa pratique sportive avec la poursuite d’études supérieures  est attribué à Quentin Sableau, étudiant en Bachelor Gestion et Finance et Sportif de haut niveau de Roller hockey (catégorie Elite)

– Le Prix Thibaudet est attribué à David Teurtrie pour son ouvrage Russie – Le retour de la puissance paru aux éditions Dunod Poche, 2024.

-Le Prix  Louis Cros a attribué son prix à les thèses en pédagogie qui nous ont semblé remarquables : Le prix 2024 est attribué à Marie Coasne-Khawrin pour sa thèse :

« Enseigner la philosophie avant le lycée : réinterroger le rôle et la place de la philosophie dans l’éducation au prisme de la philosophie pour enfants. »

La Fondation du CTHS (« Comité des Travaux Historiques et Scientifiques »), remet chaque année un PRIX DE THESE, il va cette année à :

Louise DORSO   Intitulé de la thèse : La rencontre de la péninsule Arabique et de l’espace mésopotamien à travers les sources cunéiformes (853-106 avant J.-C.)

Morgan BELZIC   Intitulé de la thèse : Les sculptures funéraires de Cyrénaïque

 Ainsi qu’un Prix des sociétés savantes : attribué à

•         La SOCIÉTÉ D’HISTOIRE DE CHINON VIENNE & LOIRE Président : Jean-François Desmazières

•         La Société historique et archéologique du Périgord  Président : Monsieur Dominique Audrerie

Nos Lauréats 2024 de la 28ème édition de la Fondation culturelle franco-taïwanaise sont :

  • Jean-Marc THEROUANNE , et 
  • Po-Cheng TSAI

Le prix de la Fondation Messe Frankfurt revient en 2024 à l’association

  • Les Etoiles d’Hestia. Représentée par son Président : Monsieur Philippe GARZON

Je rappelle, pour mémoire, le concours de légistique appliquée de la Fondation Solon, créé à l’initiative de la Chambre des notaires de Dordogne à destination des jeunes juristes.

Le jury a distingué trois copies en 2024 ;

  • Johan Pouvesle , M2 de Droit notarial de Paris Saclay
  • Le Deuxième Solon 2024 va à Monsieur Guillaume Tison, , M2 de droit notarial de Paris Panthéon-Assa, mais je crois qu’il poursuite ses études au USA et n’est pas parmi nous aujourd’hui
  • Le Troisième Solon récompense Hugo Lefeuvre, M2 de droit notarial de Montpellier.

Les Prix de la Fondation Jus & Politia sont décernés pour la première année à

  • Prix de l’innovation pédagogique : Christine Bertrand, enseignante chercheuse, pour son travail de coopération mené entre la faculté de droit de l’Université Clermont Auvergne et un centre pénitentiaire (dossier ci-joint) ;
  • Prix de la recherche : Johann Michel, enseignant chercheur, pour son ouvrage sur le Réparable et l’irréparable (ci-joint)

Il nous reste à saluer l’artiste  lauréate du Prix DELMAS de l’Institut de France sur proposition de notre Académie. Cette année, nous avons primé Mme Françoise Carré. Notamment ses Madones  en bronze et son « Petit peuple » réalisés avec des tissus chinés chez Emmaus.

Je demande aux lauréats cités de bien vouloir se lever pour que nous puissions les applaudir.

Ainsi se referme la longue liste des prix et des médailles décernés en 2024. félicitations à tous les lauréats de cette année. Acteurs de l’excellence française, Ils témoignent de ce que notre pays produit de meilleur dans le domaine de l’esprit. Qu’ils en soient remerciés.

Colloque « Sans enfant par choix – Le phénomène childfree »

Colloque organisé par Chantal Delsol, Gemma Durand et Joanna Nowicki (sur inscription)

Le courant de pensée Childfree (sans enfant par choix) est déjà vieux de plusieurs décennies, mais il revêt aujourd’hui une importance capitale quand un tiers des Françaises sans enfants et en âge de procréer ne veulent pas d’enfants (sondage IFOP 2022). Un courant marginal et original devient une opinion largement partagée, d’autant qu’il concerne l’ensemble des pays occidentaux et même des pays développés.
A partir du moment où, avec la contraception, la conception de l’enfant cessait d’être un destin, il était bien naturel que nous commencions à poser la question de sa légitimité. Le moment contemporain est-il particulièrement privé de sens, ou désespéré, pour que le désir d’enfant soit à ce point remis en cause ? Faut-il penser que le développement économique contredit le désir d’enfant ? Faut-il croire que la situation de nos sociétés est réellement pire que celle de nos anciens, au point de mettre en cause l’avenir humain ? Quelle nouvelle vision du temps cela traduit-il, quand l’histoire personnelle réclame de se clore avec l’individu ? Quel rôle jouent les ruptures idéologiques et religieuses présentes dans cette nouvelle manière de considérer l’existence ?

Programme de la journée du vendredi 11 octobre

Vendredi 11 Octobre matin : modératrice : Gemma Durand

9h : Chantal Delsol : Ouverture des journées

  • 9h15 : Gérard-François Dumont, Professeur émérite à Sorbonne Université, Président de la revue Population et Avenir : L’état des lieux de la dénatalité en Occident
  • 9h45 : Joanna Nowicki, Professeur à CY Paris-Cergy Université : La mort de Matka Polka ?
  • 10h15 : Jean-Didier Lecaillon, Économiste, Professeur émérite à Panthéon Assas Université : Économie et natalité

10h45 : Pause

  • 11h15 : Zoë Dubus, Docteure en histoire de la médecine : La non-parentalité heureuse : réflexion autour du phénomène Childfree
  • 11h45 : Édith Vallée, Docteure en psychologie : Témoignages, approches psychologique et philosophique du choix de non maternité

12H15 : Débat

12h30 : Déjeuner libre

Vendredi 11 Octobre après-midi : modératrice : Joanna Nowicki

  • 14h00 : Claude Habib, Professeur de Littérature : Enfanter, l’angle mort du féminisme
  • 14h30 : Myriam Szejer, Pédopsychiatre et Psychanalyste : Céder sur son désir
  • 15h00 : Jean-Pierre Winter, Psychanalyste et essayiste : Les atteintes à la filiation ; la démétaphorisation de l’amour

15h 30 Pause

  • 16h00 : Emmanuel Pont, Doctorant en démographie : Trajectoires et calculs de responsabilité climatique : avoir un enfant, le pire choix pour la planète ?
  • 16h30 : Gemma Durand, Gynécologue, Consultante en bioéthique : Le désir d’enfant empêché, où est notre responsabilité ?
  • 17h00 : René Frydman, Professeur émérite spécialiste de la reproduction : Refus de la grossesse ou refus d’enfant : l’utérus artificiel changera-t-il la donne ?

17h30 : Débat

Programme de la journée du samedi 12 octobre

Samedi 12 Octobre matin : modérateur : Jean-François Mattéi

  • 9h00 : Éric Fiat, Philosophe, Professeur à l’Université Gustave Eiffel : De l’inconvénient d’être né ?
  • 9h30 : Chantal Delsol, Philosophe, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques : Figure du dernier homme

10h00 : Pause

  • 10h30 : Jean Birnbaum, Journaliste et essayiste : No kids no future
  • 11h00 : Jean-François Mattéi, Médecin, ancien ministre, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques : Considérations générales

11h30 : Débat

12h00 : Rémi Brague, Philosophe, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques : Synthèse et conclusion.