
Haïm Korsia a déposé l’ouvrage suivant en séance du lundi 19 janvier 2026 :
Code de la laïcité : et du fait religieux (édition 2026) de Bernard Beignier, Mathilde Philip et Anne-Laure Youhnovski Sagon (LexisNexis, 2025, 1000 p.)
Le fauteuil n°7 de la section Législation, Droit public et Jurisprudence a été déclaré vacant lors de la séance ordinaire de l’Académie des sciences morales et politiques du lundi 19 janvier 2026. Il était auparavant occupé par François Terré, décédé le 27 mai 2024.
Les candidatures seront reçues au secrétariat de l’Académie à compter de ce jour et jusqu’au 16 février 2026.
Le comité secret du 23 mars 2026 examinera les candidatures reçues et le vote aura lieu en séance le 13 avril 2026 ou, si nécessaire, le 4 mai 2026.
Rappel des Statuts de l’Académie :
Les académiciens sont élus à l’Académie en séance publique par les académiciens titulaires. Les candidats à un siège de l’Académie doivent être de nationalité française et être âgés de moins de soixante -quinze ans à la date du 1er janvier de l’année de vacance du siège auquel ils se présentent.
En cas de vacance d’un siège, l’Académie, sur la proposition de la section compétente, déclare ouverte la vacance et fixe le délai dans lequel les candidatures doivent être déposées.
Dans la deuxième séance qui suit l’expiration du délai de candidature, l’Académie entend, en comité secret, le rapport fait au nom de la section compétente sur les titres et le classement des candidats et en débat dans la même séance ou dans une séance suivante.
L’élection a lieu à bulletins secrets lors de la séance publique suivante. Le quorum doit réunir au moins la moitié plus un des académiciens titulaires. L’élection a lieu à la majorité absolue des suffrages ; les bulletins blancs ou nuls et les bulletins marqués d’une croix entrent dans le calcul de la majorité.
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot interviendra devant l’Académie à partir de 15 heures sur le thème de « la France face à la transformation de l’Europe et du monde ».
La Fondation « À chaque jeune sa voie » lance un appel à projets afin d’encourager des initiatives permettant :
La Fondation invite les lycées professionnels et les associations travaillant spécifiquement avec eux à proposer des initiatives centrées sur :
L’Académie s’est réunie en séance solennelle sous la coupole pour entendre la lecture de la notice sur la vie et les travaux de Denis Kessler (1952-2023) par Bernard Arnault.
Bernard Arnault a été élu au fauteuil 1 de la section Économie politique, Statistique et Finances le lundi 2 décembre 2024. Cette élection a été approuvée par un décret présidentiel en date du 7 février 2025.
Le président de l’Académie des sciences morales et politiques Jean-David Levitte ouvre la séance en accueillant sous la coupole les membres de la famille de Denis Kessler, de Bernard Arnault, ainsi que toutes les personnalités et les personnes présentes pour la séance d’installation au cours de laquelle il rendra hommage à son prédécesseur, Denis Kessler.

Le président donne la parole à Jean-Claude Trichet qui prononce le discours d’accueil.
Jean-Claude Trichet commence en soulignant qu’en élisant un entrepreneur, l’Académie respecte l’équilibre traditionnel de la section Économie politique, statistique et finances, composée à parts égales de grands économistes et de grands chefs d’entreprise. Bernard Arnault répond pleinement, selon des critères objectifs, à la définition du grand entrepreneur – poids mondial de son groupe, contribution majeure à l’économie française et européenne, rôle décisif dans la diffusion de l’excellence française à l’échelle internationale – et est un entrepreneur exemplaire à l’aune des économistes les plus réputés des derniers siècles, de Richard Cantillon à Joseph Schumpeter et Frank Knight.

Jean-Claude Trichet retrace ensuite la trajectoire de Bernard Arnault en soulignant qu’il aurait pu choisir une carrière de haut fonctionnaire après Polytechnique, mais qu’il a préféré l’entreprise familiale. Très tôt, il s’y impose comme dirigeant, transforme l’activité et en prend les rênes à 26 ans. Un séjour aux États-Unis au début des années 1980 joue un rôle déclencheur : l’anecdote du chauffeur de taxi ne connaissant de la France que « Dior » lui révèle la puissance universelle des marques. Cette intuition conduit à la reprise de Boussac, à la présidence de Dior, puis à l’investissement dans Moët Hennessy–Louis Vuitton et, enfin, à la prise de contrôle de LVMH en 1989. Bernard Arnault n’a pas seulement développé une entreprise, il a inventé un modèle industriel nouveau, celui d’un groupe mondial du luxe réunissant des dizaines de maisons internationales, autonomes dans leurs décisions tout en bénéficiant de la force financière, stratégique et créative du groupe. Longtemps contestée, cette organisation a fini par s’imposer et être imitée, preuve de sa pertinence. Jean-Claude Trichet dresse ensuite un panorama des acquisitions et expansions qui ont structuré LVMH (mode, maroquinerie, vins et spiritueux, distribution sélective, parfums, montres et joaillerie, médias, édition), en soulignant l’audace des choix — parfois déconseillés par les pairs — mais validés par les résultats, comme Sephora. Il met en avant la dimension économique du groupe : puissance d’emploi, rôle d’exportateur majeur, contribution fiscale élevée, ancrage productif en France, préservation de centaines de savoir-faire et effort de formation via l’Institut des Métiers d’Excellence. À cela s’ajoute l’action culturelle incarnée notamment par la Fondation Louis Vuitton et les programmes en faveur de la jeunesse, de la création, de l’inclusion.
Jean-Claude Trichet mobilise ensuite plusieurs grands théoriciens de l’économie et démontre que Bernard Arnault est un entrepreneur au sens de Cantillon (celui qui supporte le risque), de Say (celui qui organise et combine les facteurs de production), de Schumpeter (celui qui innove et transforme l’économie par la « destruction créatrice ») et surtout de Frank Knight, qui distingue le risque mesurable de l’incertitude radicale. Selon cette grille, l’orateur soutient que Bernard Arnault a réussi précisément parce qu’il a su décider dans l’incertain : inventer le concept de groupe mondial du luxe avant qu’il n’existe, engager des paris stratégiques contre l’avis du consensus, puis transformer ces paris en certitudes et en succès durablement rentables.
Jean-Claude Trichet conclut en revenant sur la culture propre à LVMH : primauté de la créativité sur le marketing, ambition de « créer la mode » plutôt que la suivre, alliance entre modernité et tradition d’excellence. L’orateur relie enfin l’idée de réussite entrepreneuriale à une tension féconde entre le rêve et la rigueur : oser des voies nouvelles à long terme tout en restant méticuleux au quotidien. C’est ce mélange — « avoir l’air fou et être sage », gage selon Montesquieu de la réussite dans le monde — qui résume la singularité et la réussite de Bernard Arnault, qui se dit lui-même « pessimiste à court terme et résolument optimiste à long terme ».
Un intermède musical suit : Daniel Lozakovich interprète sur son Stradivarius la Chaconne de la partita N°2 de J.S. Bach.
Le président donne ensuite la parole à Bernard Arnault.
Bernard Arnault rend hommage à Denis Kessler en retraçant sa vie, sa pensée et son action, selon une construction en quatre « mouvements » qui reflètent la cohérence et l’intensité de son parcours. Dès l’introduction, l’orateur souligne la personnalité hors norme de Denis Kessler : un esprit libre, passionné, généreux et intransigeant, animé par une conception profondément libérale de la liberté — liberté naturelle d’agir et de penser, liberté intellectuelle fondée sur une curiosité insatiable, et liberté théorique visant à libérer les agents économiques des contraintes excessives. Refusant toute posture figée, Denis Kessler apparaît comme un homme d’action perpétuelle, « une force qui va ».
Né en 1952 à Mulhouse, Denis Kessler reçoit très tôt de son père, Pierre Kessler, résistant et un des fondateurs du réseau Combat, et de sa mère Jeannine Copin, enseignante, le goût du savoir et de l’effort. Sa formation, nourrie par le scoutisme, les voyages — notamment un séjour fondateur aux États-Unis en 1969 — et des études brillantes à HEC, à la Sorbonne et en sciences sociales, forge une pensée structurée par le travail, le mérite et l’analyse des structures sociales. Chercheur de tout premier plan, il devient dans les années 1980 un spécialiste mondial de l’épargne et des retraites, alertant précocement sur les enjeux démographiques, la fragilité du système par répartition et la nécessité de la capitalisation. Son œuvre académique, reconnue internationalement, s’appuie sur une méthode transdisciplinaire mêlant économie, sociologie, histoire et philosophie.

À partir des années 1990, Denis Kessler opère une bifurcation décisive vers l’action patronale. À la tête de la Fédération française des sociétés d’assurance puis au MEDEF, il contribue à renouveler la pensée patronale française, défendant une entreprise créatrice de richesse, d’intégration sociale et de responsabilité, tout en prônant un État recentré sur ses fonctions essentielles et une société qui responsabilise les individus. Souvent contesté, parfois caricaturé, il assume des positions fermes sur le travail, le risque et les réformes économiques. En 2002, il prend la direction de SCOR et transforme en profondeur ce réassureur en difficulté pour en faire l’un des leaders mondiaux du secteur, grâce à une vision stratégique rigoureuse, une gouvernance moderne et une anticipation remarquable des grands risques globaux, notamment climatiques et sanitaires.

Dans les dernières années de sa vie, malgré la maladie, Denis Kessler demeure actif, fidèle à ses engagements intellectuels, culturels et académiques. Défenseur des savoirs et de la transmission, il sauve et développe des institutions majeures comme les Presses universitaires de France, les éditions Belin et lance la revue Pour l’Éco. Amateur de musique, de vin et de débats d’idées, il incarne jusqu’au bout la figure du pédagogue et du passeur. Bernard Arnault achève son portrait de Denis Kessler par une citation de Vladimir Jankélévitch, qui esquisse en filigrane le portrait d’un homme animé par la vivacité de l’esprit, le goût du risque et le sens du recommencement — autant de traits qui résument l’âme et l’héritage de Denis Kessler.
À la suite de cette cérémonie, l’ancien ministre Bruno Le Maire a remis à Bernard Arnault son épée d’académicien. Conçue par Franck Gehry, cette épée est ornée de nombreux symboles, et porte gravée sur la lame, une citation d’Albert Einstein : « L’imagination est plus importante que la connaissance. »

La cérémonie d’installation de Bernard Arnault à l’Académie des sciences morales et politiques se tiendra ce lundi 12 janvier de 15 heures à 17 heures sous la coupole de l’Institut de France. Elle sera retransmise en direct.
Bernard Arnault a été élu le 2 décembre 2024 dans la section Économie politique, Statistique et Finances au fauteuil laissé vacant par le décès de Denis Kessler.
Allocution de Jean-David Levitte, Président de l’Académie des sciences morales et politiques
Discours d’accueil de Bernard Arnault par Jean-Claude Trichet, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Lecture de la notice sur la vie et les travaux de Denis Kessler par Bernard Arnault, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Discours de remise de l’épée à Bernard Arnault par Bruno Le Maire
Notre Fondation Ius & Politia a attribué pour sa troisième année deux prix :
🔴 Le prix de l’Innovation vise à récompenser une initiative pédagogique ou institutionnelle remarquable dans toutes les dimensions de la vie pédagogique et institutionnelle des facultés. Sandrine Roose Grenier, maître de conférences en droit privé et Sandy Blanco, professeur certifié de cinéma-audiovisuel à l’Université de Montpellier au sein du département Techniques de commercialisations de l’IUT de Béziers, ont été distingués pour leur initiative visant à enseigner le droit à travers le cinéma ;
🔴 Le prix de la Recherche est destiné à récompenser une œuvre écrite (article de doctrine, ouvrage ou tout autre type de travail scientifique) dans le domaine du droit ou de la science politique. Il est attribué à Julia Schmitz, maître de conférences en droit public à l’Université de Toulouse pour son ouvrage « L’institutionnalisation pénitentiaire : une transformation normative et contentieuse » paru aux éditions Mare & Martin.
Les trois lauréats vous présentent leur travail dans une courte vidéo ⤵️
En ce début d’année, notre secrétaire perpétuel Bernard Stirn, le président du jury de la Fondation et académicien Yves Gaudemet, le président de la Conférence des doyens de droit et science politique Jean-Christophe Saint-Pau et le directeur délégué général de la Fondation Julien Boudon adressent toutes leurs félicitations aux lauréats et à l’ensemble des enseignants-chercheurs en droit et science politique qui œuvrent au quotidien pour transmettre et faire avancer la discipline juridique.
Les interviews complètes des lauréats ⤵️


François d’Orcival a déposé l’ouvrage suivant en séance du lundi 5 janvier 2026 :
Dictionnaire juridique 2026 d’Yves Gaudemet et Alain Bénadent (LGDJ, 2025, 534 p.)
J’avais présenté ici même le 13 octobre dernier le Dictionnaire du droit administratif de notre secrétaire perpétuel Bernard Stirn. Depuis, j’ai reçu l’édition 2026 du Dictionnaire juridique que publient notre confrère Yves Gaudemet et son ami Alain Bénabent, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation. Un dictionnaire qui suit la 25e édition du Manuel de droit administratif que notre confrère avait édité en 2024.
Nous voici donc bien équipés.
Dans l’avant-propos de leur dictionnaire juridique, nos auteurs écrivent : « Le vocabulaire du droit est limité, sinon pauvre. Et les mots du droit, tous marqués d’histoire, outre qu’ils n’appartiennent pas d’origine, pour beaucoup d’entre eux, au vocabulaire juridique, ont à l’intérieur de celui-ci, des sens multiples et changeants… »
Eh bien, permettez-moi de faire devant vous une brève démonstration de la richesse de ce travail !
Cette édition de quelque 520 pages est en effet un dictionnaire qui, de A à Z, nous conduit de la définition de l’Abandon de biens jusqu’à celle de Zone euro, laquelle renvoie à la Banque centrale européenne.
C’est de l’abondance de mots dont je devrais parler ici pour citer les 4 700 entrées qui font la singularité de cet ouvrage. Je choisis la partie judiciaire, sans doute parce qu’elle est la plus riche.
On trouvera par exemple 22 définitions du mot juge, du juge tout court jusqu’au juge d’instruction ; j’en lis 27 du jugement jusqu’au jugement sur requête.
Et l’on peut poursuivre avec le juge rapporteur, le juré, les juridictions, la jurisprudence, le jus sanguinis, le jus soli… Le dernier des mentionnés étant le justiciable, « toute personne en tant qu’utilisatrice potentielle du service public de la justice » …
Les définitions de la peine ne sont pas moins nombreuses, puisqu’on en comptera 18, depuis la peine accessoire, afflictive ou infamante, alternative ou capitale, complémentaire ou correctionnelle, et privative de liberté, pour finir par la peine privée, appliquée aux sanctions purement civiles, mais pour autant très fortement réprouvées !
Je n’ai donc sélectionné ici, pour le seul plaisir de la démonstration, que deux mots génériques, juge et peine, soulignant ainsi l’exceptionnel foisonnement de ce dictionnaire.
Nos deux auteurs écrivent que toutes ces définitions s’inscrivent dans notre histoire en étant fidèles à ce « parler simple et vrai, sur le papier, comme à la bouche, que Montaigne disait être celui du droit français ».
Communication du lundi 5 janvier 2026 de Jean-David Levitte, Président de l’Académie des sciences morales et politiques
Thème de la communication : Après cinq siècles de domination occidentale, quel avenir pour le monde ?
Jean-David Levitte présente le programme des séances de l’année 2026 autour d’une interrogation fondamentale : comment reconstruire un ordre international alors que les fondations même de l’architecture héritée du XXe siècle vacillent ? Son propos liminaire établit un diagnostic des bouleversements géopolitiques contemporains, préalable indispensable à toute réflexion prospective sur les défis civilisationnels à venir.

Nous sommes aujourd’hui au terme de cinq siècles de domination occidentale, inaugurée par les expéditions maritimes des XVIe et XVIIe siècles de Christophe Colomb et de Magellan et prolongée par les empires coloniaux portugais, espagnol, britannique, français et néerlandais. La domination de l’Europe, où naquirent les deux guerres mondiales, n’est pas seulement militaire ou économique. L’Europe a imposé au monde des concepts nés sur son territoire : l’État-nation, l’égalité souveraine issue des traités de Westphalie et l’universalisme juridique de la Charte des Nations Unies. Il y a aujourd’hui une déconnexion croissante entre l’architecture institutionnelle mondiale (siégeant à New York ou Genève) et la réalité de la puissance, qui ne se laisse plus dicter la grammaire du droit international.
Après trente-cinq années de rivalités mais aussi de stabilité bipolaire pendant la guerre froide, Jean-David Levitte identifie l’année 1979 comme le point de basculement historique du XXe siècle. Cette année fut marquée par trois événements aux répercussions durables : la révolution iranienne, qui a transformé les équilibres au Moyen-Orient en introduisant une dimension confessionnelle dans les rivalités régionales ; l’accession de Deng Xiaoping au pouvoir en Chine, amorçant la transformation économique la plus massive de l’histoire humaine ; et l’invasion soviétique de l’Afghanistan, prélude paradoxal à l’effondrement de l’URSS.
L’ancien ambassadeur retrace ensuite les mutations décennales du système international. La chute du mur de Berlin en 1989 ouvre une période d’hégémonie occidentale et de mondialisation accélérée, portée par les révolutions technologique et logistique. Cette parenthèse unipolaire se referme avec les attentats du 11 septembre 2001 et la crise financière de 2008, qui révèlent les limites de la puissance américaine et suscitent une contestation croissante de l’ordre occidental. Les puissances émergentes, tout en adoptant les outils de la croissance économique, récusent les valeurs libérales pour réactiver des « mémoires impériales ». Ce reflux de l’universalisme au profit de l’atavisme historique constitue le défi majeur de notre temps.
L’ordre mondial actuel est désormais structuré par une triade de visions impériales concurrentes : celle de la Russie de Poutine, qui s’abîme dans une quête de restauration territoriale, au risque d’une dépendance asymétrique envers Pékin ; celle de la Chine de Xi Jinping, résolue à reconquérir le premier rang mondial ; et celle des États-Unis de Donald Trump, qui déconstruit l’ordre occidental au nom d’une conception transactionnelle des relations internationales.
Face à ce polycentrisme instable, l’Union européenne se trouve confrontée à des défis sans précédent. Elle ne peut pas se contenter d’être un marché et doit être un acteur géopolitique doté d’une autonomie stratégique, en mettant en œuvre les recommandations des rapports Draghi et Letta, et en préparant un élargissement majeur vers l’Ukraine, la Moldavie et les Balkans occidentaux. Tout comme la création de l’euro fut une réponse politique à un défi technique, l’élargissement et la défense du droit international doivent être les piliers d’une Europe capable de tisser des alliances avec les pays du « Sud Global » pratiquant le multi-alignement.
L’humanité devra aussi faire face à trois défis majeurs, qui transcendent les frontières étatiques : le changement climatique, la révolution de l’intelligence artificielle et les transformations démographiques mondiales. Sur ce dernier point, il est nécessaire de repenser radicalement les relations avec l’Afrique, dont la population atteindra 2,5 milliards d’habitants dans vingt-cinq ans, et de défendre les règles du droit international, sous peine de voir ses règles définitivement balayées par les « diktats » de plus puissants.
La reconstruction de l’ordre international ne sera pas un simple ajustement technique, mais une refondation philosophique et politique : maintenir l’exigence du droit dans un monde qui redécouvre la force brute des empires.
Le programme de l’année 2026 permettra d’approfondir ces questions à travers les interventions de diplomates, militaires, économistes et spécialistes des relations internationales.
À l’issue de sa communication Jean-David Levitte a répondu aux observations et aux questions que lui ont adressées X. Darcos, PM. Menger, JR Pitte, R. Brague, P. Delvolvé, L. Stefanini, M. Pébereau, J. De Larosière et A Vacheron.
Philippe Aghion a été accueilli en séance ce lundi 5 janvier 2026 par le secrétaire perpétuel et le président. Elu le lundi 8 décembre dernier au fauteuil n°6 de la section Économie politique, statistique et finances laissé vacant par le décès de Marcel Boiteux, le 6 septembre 2023, son élection a été approuvée par décret du Président de la république le 26 décembre dernier.
Né en 1956, Philippe Aghion est un économiste schumpétérien, promoteur de la théorie d’une croissance soutenable par le biais de la « destruction créatrice ». Professeur au Collège de France depuis octobre 2015, à l’INSEAD depuis 2020, à la London School of Economics et associé à l’École d’économie de Paris, il a reçu le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel en 2025.

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