Calendrier des séances de l’année 2026

Thème annuel : « Un monde en transformation profonde : de la déconstruction à la reconstruction de l’ordre mondial »

sous la présidence de Jean-David LEVITTE

Jean-David LEVITTE

Les séances ordinaires de l’Académie se tiennent le lundi à 15 heures sauf exception, en grande salle des séances, au Palais de l’Institut. Elles sont publiques dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.

Le texte des communications est publié progressivement sur le site de l’Académie et un résumé en est fait chaque semaine dans la Lettre d’information diffusée par courrier électronique et publiée sur le site. L’enregistrement sonore est rendu accessible sur notre site et sur Canal Académies.

Pour assister aux séances, se présenter entre 14h30 et 14h50 à l’accueil de l’Institut de France, au 23 quai de Conti à Paris, muni d’une pièce d’identité (entrée libre sans inscription). L’accès n’est pas possible en dehors de ces horaires.
La sortie s’effectue à partir de 17h, à l’issue de la séance.
Les groupes de 3 personnes ou plus doivent se préinscrire auprès du secrétariat général de l’Académie.

La capacité de la salle en séance publique est limitée à 70 visiteurs. Au-delà, l’accès n’est alors plus possible.

Les intitulés des conférences ne sont pas définitifs et sont donnés à titre indicatif. 

5 janvierJean-David LEVITTE
Président de l’Académie des sciences morales et politiques
Présentation du programme de l’année 2026 : après cinq siècles de domination occidentale, quel avenir pour le monde ?
12 janvierCérémonie d’installation de Bernard ARNAULT (sur invitation)
19 janvierJean-Noël BARROT
Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
La France face à la transformation de l’Europe et du monde
26 janvierPhilippe ETIENNE
Ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis
L’impact de la présidence de Donald Trump sur la société et la démocratie américaines
2 févrierJean TIROLE
Membre de l’Académie
L’avenir de l’économie mondiale dans un contexte géopolitique transformé
9 févrierJérôme BONNAFONT
Ambassadeur de France auprès des Nations-Unies, New-York/Genève
L’avenir du multilatéralisme face aux nouveaux nationalismes
16 févrierBertrand LORTHOLARY
Ambassadeur de France en Chine
L’avenir des relations Chine/Etats-Unis et Chine/Europe, vu de Chine
9 marsPhilippe LÉGLISE-COSTA,
Représentant permanent de la France auprès de l’Union Européenne
Comment l’Union Européenne doit-elle réagir sur le plan économique dans le nouveau contexte géopolitique ?
16 marsSéance d’actualité de 15h à 16h
Franck MICHELIN
Professeur d’Economie à l’Université Teikyō (Japon), membre de l’Académie des Sciences d’Outre-mer
Les fantômes de l’empire japonais. Le Japon face à la question taïwanaise
23 marsChristoph HEUSGEN
Ancien président de la conférence de Munich sur la sécurité, ancien conseiller diplomatique d’Angela MERKEL
Le regard de l’Allemagne sur la France, l’Union Européenne et le continent européen
30 marsCérémonie d’installation de Sa Sainteté Mgr Bartholomée 1er, Archevêque de Constantinople et Patriarche œcuménique (sur invitation)
13 avrilPierre LÉVY
Ancien ambassadeur de France en Russie
La Russie et l’Europe : quel avenir pour la Russie ?
4 maiGaël VEYSSIÈRE
Ambassadeur de France en Ukraine
Quel avenir pour l’Ukraine ?
11 maiCamille GRAND
Ancien secrétaire général adjoint de l’OTAN
L’impact de la présidence de Donald Trump sur le continent européen dans le domaine militaire : la Russie, l’Ukraine et l’avenir de l’OTAN.
18 maiGénéral Thierry BURKHARD
Chef d’état-major des armées (à confirmer)
Quel réarmement pour la France et l’Europe
1er juinBruno TERTRAIS
Politologue
La transformation démographique du monde et son impact géopolitique
8 juinLionel ZINSOU
Président du think-tank Terra Nova
Quel avenir pour le continent africain ?
15 juinEmmanuel LENAIN
Ambassadeur au Brésil (auparavant en Inde)
L’émergence du « Sud Global » : l’Inde, le Brésil notamment
22 juinMattias GUYOMAR
Président de la Cour européenne des droits de l’Homme
Les droits de l’Homme dans les relations internationales
29 juinOlivier DELLENBACH
Président de ChapsVision
Géopolitique de l’intelligence artificielle

14 septembreElie BARNAVI, membre associé de l’Académie
et Chloé BERGER, docteur en sciences politiques en résidence à Abu Dhabi
Israël et les territoires palestiniens : la solution des deux Etats
21 septembreGhassan SALAMÉ, ministre libanais de la culture
et Manon-Nour TANNOUS, maître de conférences en science politique
L’avenir du Moyen-Orient : l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Turquie
28 septembreCérémonie d’installation de Carole TALON-HUGON (sur invitation)
5 octobreNicolas ROCHE
Secrétaire général de la Défense et la Sécurité nationale
La manipulation des opinions comme outil de politique étrangère
12 octobreSerge SUR
Membre de l’Académie
La « gangstérisation » du monde
20 octobreSéance solennelle de rentrée de l’Institut et des cinq académies (sur invitation)
2 novembreBernard EMIÉ
Ambassadeur, ancien directeur général de la DGSE
La DGSE, son rôle, sa transformation
9 novembreSéance solennelle de rentrée de l’Académie (sur invitation)
16 novembreSéance d’actualité
23 novembreThierry de MONTBRIAL
Membre de l’Académie
Le rôle des « Think Tanks » dans la politique internationale : un demi-siècle d’expérience
30 novembreCérémonie d’installation d’Emmanuel de WARESQUIEL (sur invitation)
7 décembreHubert VÉDRINE
Ancien ministre des Affaires étrangères
De François Mitterrand à aujourd’hui : la transformation du monde et du rôle de la France
14 décembreLe Président de la République et protecteur de l’Académie, Emmanuel MACRON, sous la coupole en présence du corps diplomatique
(sur invitation – à confirmer)
Réflexions sur dix ans à la tête de l’État : la France dans le monde
01 décembre 2025

Calendrier des séances de l’année 2026

Thème annuel : « Un monde en transformation profonde : de la déconstruction à la reconstruction de l’ordre mondial » sous la présidence de Jean-David LEVITTE Jean-David LEVITTE Les séances…

01 décembre 2025

Suivez en direct la cérémonie d’installation de Denis MUKWEGE à l’Académie à partir de 15 heures

Denis Mukwege, membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques, sera installé ce lundi 1er décembre lors d’une cérémonie sous la coupole de l’Institut de France.

Gynécologue, chirurgien et défenseur des droits humains, Denis Mukwege a été élu membre associé étranger de l’Académie le 23 septembre 2024 au fauteuil laissé vacant par le décès de Javier Perez de Cuellar, ancien secrétaire général des Nations unies.
Fondateur et président de l’Hôpital de Panzi en République démocratique du Congo, son travail en matière de prise en charge des violences sexuelles basées sur le genre est reconnu à l’échelle internationale. Depuis l’ouverture de l’hôpital en 1999, le docteur Denis Mukwege et son équipe ont accompagné environ 87 000 survivantes de violences sexuelles et femmes atteintes de graves lésions gynécologiques.
Lauréat du prix des droits de l’homme des Nations Unies (2008), du prix prix Sakharov pour la liberté de l’esprit (2014) et du prix Nobel de la paix (2018), il sera installé parmi les 12 membres associés étrangers de l’Académie des sciences morales et politiques le lundi 1er décembre prochain. La cérémonie se tiendra de 15 heures à 17 heures sous la coupole de l’Institut de France (accès sur invitation au regard du nombre de places contraint).
Le président Jean-Robert Pitte ouvrira la séance par une allocution introductive, l’académicien et sénateur Louis Vogel prononcera un discours d’accueil et Denis Mukwege donnera lecture de la notice sur la vie et les travaux de Javier Perez de Cuellar.

Suivre l’événement en direct

Programme

Allocution de Monsieur Jean-Robert Pitte, Président de l’Académie

Intermède musical

Scarlatti : sonate en f minor K184

Discours d’accueil de Denis Mukwege

par Monsieur Louis Vogel, membre de l’Académie

Intermède musical

Schumann : carnaval de vienne – scherzino et intermezzo

Discours de Denis Mukwege, membre associé étranger de l’Académie

Intermède musical

Ravel : jeux d’eau

 

Communication de Gérard-François DUMONT « La terre est-elle surpeuplée ? »

Communication du lundi 24 novembre de Gérard-François Dumont, Professeur émérite à Sorbonne Université, ancien recteur

Thème de la communication : La terre est-elle surpeuplée ?

 Synthèse de la séance

G.F. Dumont commence en rappelant tout d’abord l’ancienneté de la peur du surpeuplement : bien avant l’apparition des mots « surpeuplé » et « surpeuplement » au tournant du XXᵉ siècle, Platon, Giovanni Botero, Francis Bacon ou encore le lettré chinois Hong-Liang-Ki s’inquiètent déjà d’un excès d’hommes par rapport aux ressources. À la fin du XVIIIᵉ siècle, Malthus formalise cette crainte avec son « principe de population », puis, aux XXᵉ et XXIᵉ siècles, de nombreux auteurs, scientifiques ou auteurs d’œuvres de fiction (P. Ehrlich, Cousteau, Soleil vert, etc.) annoncent famines, crises et catastrophes écologiques dues à la croissance démographique, jusqu’à l’« Avertissement à l’Humanité » signé par des milliers de chercheurs en 2017.

G.F. Dumont montre ensuite que la forte hausse de la population mondiale ne vient pas d’une explosion de la fécondité, restée longtemps stable puis en baisse, mais de la transition démographique qui se caractérise par une chute spectaculaire de la mortalité, alors que – dans un premier temps – la natalité reste forte et l’allongement de l’espérance de vie grâce aux progrès sanitaires, médicaux et alimentaires. Cette dynamique a entraîné un nombre élevé de naissances pendant plusieurs décennies, avant que la fécondité ne recule et que la croissance démographique ne ralentisse nettement.

L’analyse des liens entre peuplement, développement et ressources ne permet pas de conclure à un surpeuplement : ni les pays très denses ni les pays très peu denses ne sont systématiquement défavorisés en termes de développement humain. Tout dépend plutôt des institutions, de la gouvernance, du capital humain et de l’innovation. Les peurs d’épuisement généralisé des ressources (telles celles du rapport du Club de Rome qui incitait à faire une « Halte à la croissance ») se sont révélées exagérées, car une ressource n’existe vraiment que par la capacité humaine à l’exploiter : progrès techniques, énergies renouvelables, meilleure efficacité et recyclage transforment et renouvellent les ressources disponibles.

Enfin, les projections démographiques (ONU) indiquent une décélération, voire à terme un possible dépeuplement, dans un contexte d’ « hiver démographique » dans de nombreux pays. L’idée d’un surpeuplement global est donc infondée : ce qui importe est moins le nombre d’habitants que la manière dont les sociétés gèrent leurs territoires, leurs ressources et leurs politiques. La géographie des populations est cette branche de la géographie qui permet de prendre la juste mesure des populations sur leurs territoires, tant sur un plan quantitatif que qualitatif, c’est-à-dire de comprendre la manière dont elles habitent ce territoire et ainsi d’éclairer sur les politiques et les actions souhaitables pour les sociétés.

À l’issue de sa communication Gérard-François Dumont a répondu aux observations et aux questions que lui ont adressées E. Roussel, P.A. Chiappori, G. Alajouanine, J. de Larosière, L. Ravel, J. Tirole, D. Senequier, J.C. Trichet, A. Vacheron, P.M. Menger, M. Pébereau, H. Gaymard.

 Verbatim du communicant

Réécoutez la communication

Suivez en direct la séance solennelle de rentrée 2025 de l’Académie

La séance de rentrée de l’Académie des sciences morales et politiques se tient ce lundi 17 novembre à 15 heures sous la coupole.

S’exprimeront :

  • Jean-Robert Pitte, président de l’Académie, sur le thème « La terre des hommes. Diverses facettes de la géographie » ;
  • Jean-David Levitte, vice-président de l’Académie, présentera le palmarès des prix et des médailles de l’année 2025 ;
  • Bernard Stirn, secrétaire perpétuel de l’Académie, sur le thème « Pouvons-nous encore avoir des repères ? ».

Les partenaires de la Fondation pour l’écriture renouvellent leur engagement pour trois ans

Bernard STIRN

Les partenaires de la Fondation pour l’écriture, abritée par l’Académie des sciences morales et politiques, et son délégué Charles Autheman, ont renouvelé, le 6 novembre dernier, leur engagement pour trois ans afin de soutenir des actions en faveur de l’écriture sur la période 2025-2027. Le secrétaire perpétuel Bernard Stirn a rappelé l’historique de cette fondation créée en 2018 et les défis auxquels la fondation s’attelle, notamment en matière de réduction des inégalités dans l’accès à la maitrise de l’écriture. Depuis sa création, la fondation a reversé plus d’un million d’euros de financements, devenant ainsi l’un des principaux acteurs philanthropiques sur ce sujet.

Christophe TARDIEU

Les administrateurs-fondateurs se sont ensuite succédé pour évoquer les raisons qui motivent leurs engagements respectifs. Christophe Tardieu, secrétaire général de France Télévisions, a évoqué l’engagement de longue date de la Fondation Engagement Médias pour les Jeunes (Fondation EMJ) en soutien de l’expression écrite et orale. Il a également insisté sur le partenariat fertile entre la Fondation pour l’écriture et le groupe France Télévisions par le biais de l’initiative J’aime à dire qui bénéficie d’un relais audiovisuel sur Culturebox et TV5 Monde. Il a salué publiquement l’engagement de plusieurs de ses collaborateurs présents à ses côtés, notamment Michel Field, directeur de l’unité culture de France Télévisions et Nilou Soyeux, déléguée général de la Fondation EMJ.
   

Aymar Du CHATENET

La parole a ensuite été donnée à Aymar du Chatenet, administrateur de l’Institut René Goscinny (IRG). Cet institut créé par Anne Goscinny, fait vivre la mémoire de René Goscinny et soutient de nombreuses actions en lien avec l’écriture, la bande dessinée ou le cinéma. Durant son discours, Aymar du Chatenet a exprimé l’intérêt de l’IRG qui a rejoint récemment la Fondation pour l’écriture. Il a défendu l’idée que la bande dessinée était un merveilleux vecteur de médiation de l’écriture et rappelé les élections récentes d’auteurs de bande dessinée à l’Académie des beaux-arts en citant Catherine Meurisse et Emmanuel Guibert.

Marguerite LONGUET DASSAULT

Marguerite Longuet-Dassault a conclu la séquence des discours au nom de la Fondation MAD. Avocate de profession, elle a évoqué son attachement aux enjeux sociaux liés à l’écriture et posé la question d’un droit à la maitrise de l’écriture. Engagée depuis plusieurs années aux côtés de la Fondation pour l’écriture, elle a détaillé certains des projets qui ont retenu son attention, notamment les actions en lien avec des jeunes sous-main de justice ou en services hospitaliers.

Communication de Jamy GOURMAUD « Les effets du réchauffement climatique sur les paysages français »

Communication du lundi 13 octobre 2025 de Jamy GOURMAUD, journaliste et auteur

Thème de la communication : Les effets du réchauffement climatique sur les paysages français

 Synthèse de la séance

Jamy Gourmaud se propose de décrypter les évolutions sous l’effet du réchauffement climatique de trois paysages emblématiques de notre territoire : le littoral, la forêt et la montagne.

Concernant le littoral, Jamy Gourmaud propose pour commencer d’observer un bunker allemand planté aujourd’hui sur une plage de Normandie, non loin de Varangeville. Cette position incohérente illustre le recul du trait de côte et le travail d’érosion de la mer depuis la Seconde Guerre mondiale. Le littoral recule depuis la fin de la période glacière, la fonte des glaciers continentaux ayant provoqué une élévation du niveau de la mer de 135 m. Aujourd’hui, l’action érosive de la mer continue de saper la base des falaises qui s’effondrent, à quoi s’ajoutent les précipitations qui s’infiltrent et dissolvent la roche calcaire. La commune de Ault dans la Somme, qui a perdu l’une de ses routes littorales, est emblématique de ce recul du trait de côte. Le réchauffement climatique n’est pas directement responsable de ce qui se passe mais contribue à accentuer le phénomène. En effet, l’augmentation des températures provoque une dilatation des océans et une hausse du niveau de la mer. Cette hausse va en s’accentuant : elle était de 1,3 mm/an dans la première partie du XXè siècle, elle est maintenant de 3,7 mm/an. Avec une élévation des températures de +2°C, le niveau montera de 60 cm d’ici la fin du siècle ; avec une augmentation de +4°C, le niveau de la mer monterait de 110 cm. En moyenne, on estime que la mer ronge 1/3 du littoral français aujourd’hui.

Le recul du trait de côte est aussi dû au fait qu’il y a moins de sable déposé par les rivières et les fleuves, du fait des glaciers qui sont moins volumineux et arrachent donc moins de roches mais aussi du fait des différentes infrastructures qui limitent l’alluvionnement. Sur la côte méditerranéenne, 27% des plages sont en recul ; 25% sur la façade atlantique. Face à la montée du niveau de la mer, il n’y a pas grand-chose à faire. Les solutions techniques n’apportent qu’une solution temporaire (enrochements) ou ambivalente (les épis bloquant la dérive littorale améliorent la situation à un endroit mais l’aggravent plus loin). Il existe parfois des solutions ponctuelles comme sur la plage du Lido entre Marseillan et Sète où la plage a pu être reconstituée mais face à la mer qui avance, il faut rester humble.

La forêt couvre aujourd’hui 1/3 du territoire métropolitain et est trois fois plus étendue qu’au début du XIXè siècle. En 2025, plusieurs départements ont été encore durement touchés par les incendies (l’Aude, Marseille, la Corse) et les incendies se déclenchent de plus en plus au nord (dans le Maine-et-Loire, en forêt de Brocéliande ou dans les Yvelines). Le réchauffement climatique n’en est pas la cause : 90% des incendies sont d’origine humaine. Mais c’est un facteur aggravant. Une forêt peut renaitre de ses cendres à condition qu’une durée suffisante s’écoule entre deux incendies. Le stress hydrique subi par les arbres contribue également à les fragiliser : quand l’eau vient à manquer, l’arbre ferme ses stomates par lesquels s’évapore l’eau et ne fabrique plus de sève ni les composés qui lui permettent de se défendre contre les insectes, notamment les agriles qui attaquent les arbres de la forêt de Chantilly ou les scolytes qui déciment les épicéas. 60 000 ha dans le Jura, les Vosges ou le Morvan ont été détruits par le scolyte. Pour éviter le dépérissement des arbres et les attaques d’insectes, la gestion de la forêt en futaie irrégulière est recommandée, qui consiste à mélanger les espèces – l’alternance d’espèces permettant de limiter la propagation des maladies – et à éviter les coupes rases et les sols à nu. Les agents de l’ONF pratiquent aussi la migration assistée afin de faire remonter plus rapidement vers le nord des espèces plus adaptées à l’augmentation des températures comme les chênes sessile ou pubescent.

En montagne, le glacier de la Mer de Glace, situé au-dessus de Chamonix, est peut-être le témoin le plus saisissant de l’évolution de nos paysages. La gare du Montenvers, construite au début du XXè siècle, devait permettre aux touristes d’accéder directement au glacier à la sortie du train. Aujourd’hui, un téléphérique a été installé et il faut descendre 600 marches pour l’atteindre. À l’Argentière, le glacier a reculé de 2,5 km par rapport au village qu’il jouxtait en 1860.

Si les contours de la carte de France ne vont pas changer, la géographie locale évolue. En sachant apprécier la diversité de nos paysages et en en comprenant la genèse et les évolutions, nous serons en mesure de faire les meilleurs choix possibles pour s’adapter à leurs nouveaux visages.

À l’issue de sa communication Jamy Gourmaud a répondu aux observations et aux questions que lui ont adressées A. Vacheron, Y. Gaudemet, H. Gaymard, J. de Larosière, E. Maury, H. Korsia, D. Senequier.

 Verbatim du communicant

 Le verbatim sera disponible prochainement.

Réécoutez la communication

 

Lancement officiel du chapitre français de l’International Churchill Society

Le 15 octobre 2025, l’Académie des sciences morales et politiques a accueilli, la cérémonie de lancement du Chapitre français de l’International Churchill Society, présidé par Jean-Noël Tronc. La rencontre a été l’occasion de revenir sur l’héritage de Winston Churchill, élu associé étranger de l’Académie en 1944.

Plusieurs moments forts ont ponctué la soirée. L’arrière-petit-fils de Sir Winston, Randolph Churchill, a notamment lu avec émotion des extraits du discours en français que son aïeul avait prononcé à l’Académie lors de la cérémonie de sa réception.Après de nombreux discours inspirants, le Secrétaire perpétuel Bernard Stirn lui a remis la Minerve, symbole de l’Académie.

Enfin, Philippe Bajou, Secrétaire général de La Poste, a présenté un nouveau timbre commémoratif à l’effigie de Churchill, créé pour le 80e anniversaire de la Libération. La soirée a ainsi fait converger la mémoire vivante et sa matérialisation symbolique en l’honneur de Winston Churchill, dont Albert Cohen rappelait l’importance à son époque : « Sans l’Angleterre, et son âme qui est Churchill, le monde des hommes humains était mort ».

Winston Churchill, qui parlait couramment le français, a entretenu des liens étroits avec la France tout au long de sa vie. La cérémonie du 15 octobre s’inscrit dans la continuité de cette relation historique exceptionnelle.

À propos de l’International Churchill Society
L’International Churchill Society est une organisation mondiale dédiée à la préservation et à la diffusion de l’héritage de Winston Churchill. Fondée en 1968, elle compte des chapitres dans plusieurs pays et œuvre à maintenir vivante la mémoire et les enseignements de l’homme d’État britannique. Jean-Noël Tronc est à l’initiative de la création du chapitre français.   

Cérémonie d’installation d’Olivier GRENOUILLEAU et Lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean BAECHLER (1937-2022)

Cérémonie d’installation d’Olivier Grenouilleau et Lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean Baechler (1937-2022)

L’Académie s’est réunie en séance solennelle sous la coupole pour entendre la lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean Baechler (1937-2022) par Olivier Grenouilleau.

Olivier Grenouilleau a été élu au fauteuil 2 de la section Morale et sociologie, le 29 avril 2024. Cette élection a été approuvée par le décret présidentiel du 20 juin 2024.

Le président Jean-Robert Pitte ouvre la séance en accueillant les membres de la famille de Jean Baechler, ceux de celle d’Olivier Grenouilleau, ainsi que toutes les personnes présentes sous la coupole et notamment les membres de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire. Le président rappelle les nombreuses figures qui ont occupé ce fauteuil, depuis Dominique-Joseph Garat en 1832, Joseph Lakanal, Emile Boutmy, Georges Duhamel, le Grand Rabbin Kaplan, jusqu’à Alain Besançon en 1996 et enfin Jean Baechler élu le 6 décembre 1999, au fauteuil laissé vacant par le transfert d’Alain Besançon dans la section Philosophie.

Le président donne la parole à Chantal Delsol qui prononce le discours d’accueil d’Olivier Grenouilleau parmi les membres de l’Académie.

Chantal Delsol retrace le parcours d’Olivier Grenouilleau, historien dont le parcours allie rigueur scientifique et courage intellectuel. Né en 1962 en Haute-Savoie et ayant grandi à Nantes, ville marquée par la mémoire de la traite négrière, Olivier Grenouilleau a très tôt choisi d’affronter ce passé enfoui. Sa thèse, soutenue en 1994 à Rennes sur le milieu négrier nantais du XVIIIᵉ au XXᵉ siècle, a ouvert la voie à une œuvre d’une rare ampleur, où se croisent histoire économique, morale et sociale. Historien de la sociologie historique, Olivier Grenouilleau a progressivement élargi sa recherche du local au global. Inspiré par Weber, Braudel et Veyne, il pratique une histoire de la longue durée et s’interroge sur les liens entre esclavage, capitalisme et modernité. La traite devient pour lui le prisme à travers lequel comprendre les tensions de la civilisation occidentale entre économie, éthique et émancipation.

Au milieu des années 2000, ses travaux suscitent une violente controverse. Pour avoir comparé les traites atlantiques et extra-européennes, il est accusé de relativisme, dans un contexte dominé par la loi Taubira de 2001. Soutenu par de grands historiens autour du manifeste Liberté pour l’histoire, il défend avec fermeté l’indépendance de la recherche contre les pressions idéologiques. Cette épreuve, vécue comme un passage du feu, renforce sa conviction que l’historien ne doit ni juger ni moraliser, mais comprendre.

Ses réflexions s’orientent ensuite vers la modernité, qu’il définit par le concept de l’agir, cette dynamique propre à l’Occident de transformer le monde. Selon lui, la postmodernité n’est pas un dépassement, mais l’aboutissement d’un processus ancien de désencastrement des sphères religieuse, politique et économique. Face à la « grande moralisation du monde » — abolition de l’esclavage, rejet de la torture, de la guerre, de la peine de mort — il voit se dessiner une humanité cherchant à se purifier du mal, au risque d’un nouveau manichéisme.

Olivier Grenouilleau se distingue enfin par son goût de la transmission. Conscient de ce qu’il doit à ses maîtres, il a créé aux éditions du Cerf la collection Bibliothèque à remonter le temps, destinée à rendre l’histoire accessible aux jeunes lecteurs. Fidèle à son idéal d’utilité, il rappelle que la mission du chercheur est de clarifier le monde sans le simplifier.

En saluant son entrée à l’Académie, ses pairs reconnaissent en lui non seulement un grand historien de la modernité, mais un esprit libre, fidèle à la vérité et à la transmission du savoir.

Réécouter / Télécharger le discours de Chantal Delsol

Olivier Grenouilleau procède ensuite à la lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean Baechler.

Issu d’une famille mêlant traditions industrielles, religieuses et cosmopolites, Jean Baechler manifeste très tôt un attachement central à la notion de liberté, qu’il tient pour constitutive de la condition humaine. Ce fil directeur traverse aussi bien sa rupture précoce avec la foi que ses choix académiques, marqués par une volonté d’indépendance et de rigueur. Formé à la philosophie, aux lettres classiques et à l’histoire, Baechler développe une méthode transversale, combinant érudition philologique, analyse historique et réflexion stratégique. Lecteur insatiable, maîtrisant de nombreuses langues anciennes et modernes, il puise chez les auteurs classiques – de Marx à Weber, en passant par la tradition gréco-latine – les matériaux d’une pensée résolument autonome.

Au cœur de l’œuvre baechlérienne se trouve une ambition singulière : conceptualiser l’« aventure humaine » en tant que totalité. Pour ce faire, Baechler élabore une science du règne humain, distincte des sciences physiques (langage mathématique) et biologiques (langage systémique), fondée sur un langage stratégique : l’homme, être de liberté, poursuit des fins et résout des problèmes. Cette anthropologie stratégique structure l’ensemble de son œuvre.

Contre la compartimentation disciplinaire, il défend un programme transdisciplinaire, orienté par les grandes questions fondamentales posées par la condition humaine : comment vivre ensemble ? comment transmettre ? comment atteindre la prospérité ou la félicité ? Ces questions génèrent des ordres (politique, économique, religieux, morphologique) auxquels correspondent des formes sociales et des régimes historiques.

Le politique occupe une place nodale dans la réflexion baechlérienne. Non pas en tant qu’objet autonome, mais comme clé de lecture de la condition humaine, à la fois moteur et révélateur des tensions internes aux sociétés. C’est dans cette optique qu’il développe une « staséologie » – science des conflits sociaux – ainsi qu’une typologie des régimes et des formes de pouvoir. Dans une perspective comparatiste et évolutionniste, il analyse la démocratie comme le régime naturel de l’espèce humaine, refoulée depuis le Néolithique mais réactivée par la modernité occidentale. La démocratie moderne, selon Baechler, n’est ni un modèle universel ni un absolu normatif, mais un horizon dynamique de pacification et de justice à l’échelle globale.

L’œuvre de J. Baechler est immense (276 articles, 34 livres, 24 volumes dirigés), mais orientée par une cohérence sous-jacente : comprendre l’histoire universelle à partir des choix stratégiques des humains face à leur liberté. Il pense la modernité comme une conjonction de transformations politiques, économiques et culturelles issues de la dynamique démocratique. Enfin, J. Baechler ne sépare jamais l’analyse scientifique de la question des fins : la recherche du vrai reste liée à une exigence éthique, conçue comme socle et finalité. Il s’agit, in fine, de penser pour agir librement, et d’agir en connaissance de cause dans un monde fondamentalement ouvert.

Jean Baechler a incarné une figure singulière du penseur engagé dans le long terme, fidèle à une méthode rigoureuse et à une exigence de totalité. Refusant les cloisonnements disciplinaires comme les dogmatismes idéologiques, il a tenté, tout au long de sa vie, de penser l’Homme dans toute la complexité de ses expériences historiques, sociales et spirituelles. Son œuvre constitue ainsi une contribution majeure à la refondation des sciences sociales sur des bases stratégiques, comparatistes et éthiques.

Réécouter / Télécharger le discours dOlivier Grenouilleau

À l’issue de cette cérémonie, Xavier Darcos, Chancelier de l’Institut et membre de l’Académie des sciences morales et politiques, a prononcé le discours de remise de l’épée d’académicien de Olivier Grenouilleau, en évoquant les différents éléments qui ornent le pommeau et la lame de cette épée d’officier supérieur du Premier Empire ainsi que ceux ajoutés par Olivier Grenouilleau pour la personnaliser. Il la lui a remise sous les applaudissements.

Bernard Vandenbroucque au violoncelle et Florence Dumont à la harpe, de l’Orchestre national d’Ile-de-France ont ponctué cette cérémonie de différents intermèdes musicaux. Un intermède littéraire et poétique a été composé et lu par les professeurs Frédéric Durdon et Luis Serra-Sardinha.

La cérémonie a été suivie d’une réception dans les salons de la cour d’honneur.

Réécouter la cérémonie

Photos

Calendrier d’élection au fauteuil laissé vacant par le décès de Marcel BOITEUX

Le fauteuil n°6 de la section Économie politique, Statistique et Finances a été déclaré vacant lors de la séance ordinaire de l’Académie des sciences morales et politiques du lundi 29 septembre 2025. Il était auparavant occupé par Marcel Boiteux, décédé le 6 septembre 2023.

Les candidatures seront reçues au secrétariat de l’Académie à compter de ce jour et jusqu’au lundi 3 novembre 2025.

Le comité secret du 24 novembre 2025 examinera les candidatures reçues et le vote aura lieu en séance le 8 décembre 2025 ou, si nécessaire, le 15 décembre 2025.

Rappel des Statuts de l’Académie :

Les académiciens sont élus à l’Académie en séance publique par les académiciens titulaires. Les candidats à un siège de l’Académie doivent être de nationalité française et être âgés de moins de soixante -quinze ans à la date du 1er janvier de l’année de vacance du siège auquel ils se présentent.

En cas de vacance d’un siège, l’Académie, sur la proposition de la section compétente, déclare ouverte la vacance et fixe le délai dans lequel les candidatures doivent être déposées.

Dans la deuxième séance qui suit l’expiration du délai de candidature, l’Académie entend, en comité secret, le rapport fait au nom de la section compétente sur les titres et le classement des candidats et en débat dans la même séance ou dans une séance suivante.

L’élection a lieu à bulletins secrets lors de la séance publique suivante. Le quorum doit réunir au moins la moitié plus un des académiciens titulaires. L’élection a lieu à la majorité absolue des suffrages ; les bulletins blancs ou nuls et les bulletins marqués d’une croix entrent dans le calcul de la majorité.

Remise des prix du concours Solon

Yves Gaudemet, président du jury, a remis ce lundi 29 septembre les trois prix Solon aux étudiants en droit notarial lauréats du concours : Hippolyte FRANZIN (1er Solon), Laetitia MONTAUFRAY (2ème Solon) et Virgile BILLOD (3ème Solon).

Cette année, les candidats devaient réfléchir à l’une des propositions du 120e Congrès sur l’urbanisme durable : une proposition visant à doter l’arbre d’un statut dans le Code civil.

Il était accompagné de Pierre Delvolvé et des autres membres du jury les notaires Marie-Hélène Pero Augereau-Hue, présidente du 120e Congrès des notaires de France, Etienne Casimir, rapporteur de synthèse du 121e Congrès des notaires de France, Hervé de Gaudemar, notaire et professeur, rapporteur général du 120e Congrès des notaires de France, d’Eric Meiller, notaire et président de la 1ère Commission du 120e Congrès des notaires de France, et de la professeur Élise Carpentier. La cérémonie s’est tenue en présence du vice-président Jean-David Levitte, d’Olivier Grenouilleau, du correspondant Jean Tarrade et du président de la chambre de notaires de Paris Pierre Tarrade qui pilote le concours Solon.